Tout ira bien – Damian Barr

English version of what I think of it below

Extrait:

« Elle était en train de faire cuire notre viande, Fred allait avoir faim après l’école, et j’avais moi-même l’estomac vide. Il est impossible de fuir une discussion, ici: nous errons d’un bout à l’autre du camp en traînant nos histoires dans la poussière. Il n’y a jamais un moment d’intimité. Parfois, dans notre ferme, j’avais soif de compagnie, mais maintenant, je ne rêve que d’une chose, m’asseoir tranquillement à l’ombre du mûrier avec Fred et toi. « 

4ème de couverture:

1901. Afrique du Sud. Une guerre sans merci oppose l’armée britannique et les premiers colons. Sarah van der Watt et son fils sont emmenés de force dans un camp de détention. La dernière chose que voit Sarah, tandis que les soldats anglais mettent le feu à leur ferme, est sa précieuse bibliothèque réduite en cendres. À leur arrivée au camp, le commandant se veut rassurant. C’est pour leur sécurité que les habitants ont été regroupés, on leur assure que  » tout ira bien « . Dans les faits, c’est la naissance du premier camp de concentration de l’histoire…

2010. Willem, 16 ans, ne veut qu’une chose dans la vie, rester seul avec ses livres et son chien, et demande qu’on lui fiche la paix. Inquiets pour lui, sa mère et son beau-père l’envoient au camp  » Aube Nouvelle « , où on accueille des garçons pour en faire des hommes. Virils. Ici, lui assure-t-on,  » tout ira bien « .

Ce que j’en pense…

De 1901 à aujourd’hui, une immersion totale et intégrale dans cette fabuleuse Afrique du Sud. Le récit d’un pays au travers de différents personnages: de Sarah la fermière déportée dans le camp de Bloemfortein en pleine guerre des Boers à Rayna, sa fille Irma et Willem son petit fils. Des conflits à l’apartheid, du changement à l’insécurité, des dizaines d’années d’histoire tumultueuse d’un pays, brillamment décrites.

Je ne peux qu’avouer mon ignorance quant aux conflits qui ont secoué ce pays au début du 20ème siècle. Le récit de Sarah a donc été, pour moi, particulièrement bouleversant. Un récit au travers de son journal, de son carnet bleu sur lequel elle écrit à son mari. Un récit à l’émotionnel puissant qui te raconte des faits historiques non pas sous forme de dates ou de faits mais sous forme d’émotions pures et dures.  C’est clairement la partie que j’ai préférée bien que ce soit un tout.

Un véritable choc générationnel qui pourtant se retrouve d’une manière ou d’une autre au fil des pages, au fil des années.
Une première génération qui n’avait pas le choix, qui s’est retrouvée parquée dans des camps contrairement à une génération actuelle qui paye pour y mettre ses enfants.
Une boucle qui se boucle d’une bien triste façon et qui laisse matière à réflexion qui ne s’applique pas seulement à ce pays-là mais à toute notre société.

Une plume magnifique, une construction rudement bien foutue, quelques longueurs mais cela ne tient qu’à moi.

C’est à découvrir sans tarder !


Tout ira bien – Damian Barr – Editions Cherche Midi – 384 pages – 2020


What I think of it…

From 1901 to today, a total and integral immersion in this fabulous South Africa. The story of a country through different characters: from Sarah the farmer deported to the camp of Bloemfortein in the middle of the Boer War to Rayna, her daughter Irma and Willem her grandson. From conflict to apartheid, from change to insecurity, decades of a country’s tumultuous history brilliantly described.

I can only confess my ignorance of the conflicts that shook this country at the beginning of the 20th century. Sarah’s story was therefore, for me, particularly moving. An account through her diary, through her blue notebook on which she writes to her husband. An emotionally powerful story that tells you historical facts not in the form of dates or facts but in the form of pure and hard emotions.  This is clearly the part I liked best, although it is a whole.

A real generational shock that yet somehow finds its way back over the pages, over the years.
A first generation that had no choice, that found itself parked in camps unlike the current generation that pays to put its children in camps.
It is a sad loop that is closing in a very sad way and it leaves food for thought that applies not only to this country but to our entire society.

A magnificent writing, a rough construction, a few lengths, but that is up to me.

It is to be discovered without delay !

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