L’homme de la plaine du nord – Sonja Delzongle

Extrait:

« Il évitait de mêler toute forme d’humanité à son activité diurne. Parce que tuer n’a rien d’humain. Et à quiconque le définissait comme un tueur en série, il aurait répondu que ça n’avait rien à voir.
Un tueur en série éprouve du plaisir à tuer, il se sent tout-puissant, mû par une pulsion narcissique. Ses victimes sont essentiellement des proies, dont il conserve même des trophées. Ce qui n’est pas le cas du tueur à gages. Quand il exécute un contrat., il n’éprouve rien. Quand il tire, c’est sur une cible et c’est tout. Il pourrait tirer de la même façon sur du bois ou du carton. Il efface. Supprime à la demande. On le paye pour ça.
Le tueur à gages est la balle qui sort du canon de l’arme une fois que le pourvoyeur a appuyé sur la détente. That’s all. Juste ça. Une balle. Une balle n’éprouve aucune émotion, aucun sentiment de victoire. »

4ème de couverture:

De retour à New York, la célèbre profileuse Hanah Baxter espérait reprendre le cours d’une vie normale, ou presque… Mais on n’échappe pas à son destin, encore moins à son passé, et celui d’Hanah est peuplé de démons. Baxter fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, accusée d’un meurtre commis vingt ans auparavant, celui de son mentor, Anton Vifkin.
Rapatriée en Belgique, Hanah accepte de collaborer avec le commissaire Peeters, chargé de rouvrir l’enquête. La découverte d’un homme dévoré par des pit-bulls en pleine forêt de Seignes les lance sur la piste d’un manoir qui semble étrangement familier à Baxter. Elle est déjà venue ici, du temps de Vifkin.
Tandis qu’Hanah et Peeters se débattent en plein mystère, quelqu’un les guette. Un tueur redoutable, à qui il reste une dernière balle passée à l’or fin, la balle qui aurait dû atteindre Hanah vingt ans plus tôt…

Ce que j’en pense…

Quelle joie de retrouver cette chère Hanah, à qui je me suis attachée au fil du temps, au fil des livres. Héroïne inoubliable, forte et fragile à la fois. Atypique comme on les aime. Un de ces personnages exclusifs aux particularités multiples comme tu en trouves peu.

C’est, d’ailleurs, dans ce registre que, personnellement, je préfère Sonja. Non pas que les autres livres soient moins bons, bien au contraire, juste qu’elle excelle au travers de cette série des plus particulières. Elle excelle doublement avec celui-là, puisque, pour moi, cet opus est clairement le meilleur de la série. Et pourtant la barre était déjà haute.

L’homme de la plaine du nord, c’est une entrée en matière percutante qui te met droit dans le bain et te fait craindre le pire pour Hanah…
C’est aussi toute une palette de personnages des plus fabuleux, travaillés, modelés à la perfection. Je te préviens il y en a peu qui soient des enfants de chœur…

Un manoir en toile de fond. Lieu maudit, étrange qui semble avoir été le théâtre de drôles d’événements. Une cave dont tu as envie de tout savoir mais pourtant rien envie d’en voir…Un petit goût de « Eyes wide shut » de Kubrick en version multidisciplinaire de perversions. Elle te parle de paraphilie, d’hybristophilie et toute sorte d’autres perversions des plus charmants dont tu n’as peut-être jamais entendu parler et dont tu n’as même pas envie de connaître le sens. Je préciserai tout de même au passage qu’il s’agit là d’un récit pour public averti.

Un retour en arrière pour Hanah sur une période qu’elle tendrait plutôt à oublier. Une vie d’avant, avec son mentor, le grand Vifkin, imminent profiler belge qui lui a tout appris. Hanah en garde un souvenir des plus amers et ce passé va lui revenir tel un boomerang, à un point que tu ne peux même pas imaginer.

Tu découvriras des pans de la vie d’Hanah alors que tu croyais qu’elle en avait déjà eu pour son grade. Tu ne feras cependant pas face à quoi que ce soit de too much puisque tout tient la route. Tu ne feras que t’attacher à elle plus encore et approcheras ses fantômes de très près…Trop près sans doute….

Le rythme soutenu ne te laissera aucun répit. Les scènes franchement abjectes d’une caste prête à tout pour « s’amuser » te feront sans doute courir vomir ton quatre heures. Des perversions à la pelle qui te laisseront comprendre que tu n’es pas que dans la fiction et c’est bien ça le pire.

Sonja nous plonge dans l’horreur absolue …Elle nous offre là un épisode « Baxter » plus noir qu’une nuit sans lune. Extrêmement abouti. Excellent de bout en bout.

Tu penseras peut-être que le final est couru d’avance, cousu de fil blanc et pourtant… tu risquerais bien de tomber sur le cul…Je n’en dirai pas plus si ce n’est que tu assisteras à une apothéose version feu d’artifice.

Tu l’as compris, j’ai adoré et ne peux que te recommander de le lire au plus vite !


L’homme de la plaine du nord – Sonja Delzongle – Editions Denoël – 296 pages – 2020

AUTRES CHRONIQUES:
Dust
Quand la neige danse
Récidive
Boreal


 

5 commentaires sur « L’homme de la plaine du nord – Sonja Delzongle »

  1. Je ne connais pas encore cette Hanah, mais je sens que je vais l’adorer. Il est sur ma wishlist. Je veux moi aussi tomber sur le cul. 😉 J’ai tous les précédents en format poche, je vais sûrement craquer pour celui-ci. Merci à toi ma Valérie. Je bave partout. 🐌❤️😘

    Aimé par 1 personne

    1. J’aime quand tu joues à l’escargot. Cette héroïne est toute particulière et tu verras que tu t’y attacheras 🙂 Commence bien dans l’ordre avec Dust, tu n’en apprécieras que mieux 🙂 T’embrasse fort ❤

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