Les sœurs du mal – Alice Clark-Platts – The flower girls

English version of what I think of it below

Extrait:

« Malgré tout, elle est certaine qu’il pressent le danger de cette situation. La disparition d’une fillette. Elle se tourne vers le miroir, y cherche son visage parfaitement maquillé, se demande ce que les autres penseront en la voyant. Comment elle sera jugée. Son cœur s’agite dans sa poitrine, pris entre un sentiment infantile d’injustice et la crainte de ce qui va suivre. Quoi que dise Jonny, ils devraient être en bas, à chercher quoi faire, à chercher à savoir ce que prévoit la direction de l’hôtel.
-Ils vont appeler la police ? demande-t-elle, le regard inquiet.
– Les gardes-côtes, pour commencer, suppose-t-il, les mains dans les poches, adossé à la porte. Si Lamb dit vrai et qu’une tempête se prépare, ils vont fouiller la plage en priorité. Les orages sont particulièrement violents, dans le coin. Personne n’a envie de s’aventurer près de la mer en cas de tempête. »

4 ème de couverture:

1997, dans une petite ville d’Angleterre. Une fillette est sauvagement assassinée après avoir été torturée par Lila et Rose Bowman, respectivement âgée de dix et six ans. L’affaire défraye la chronique et les deux soeurs la une de la presse à scandale. Si Lila est jugée coupable de meurtre, Rose, trop jeune pour répondre de ses actes, est remise en liberté sous une autre identité.

Près de vingt ans plus tard, alors que Lila est toujours derrière les barreaux, sa soeur passe des vacances dans le Devon avec son compagnon. Quand une fillette disparaît de l’hôtel où elle réside, elle redoute que sa véritable identité soit révélée, car elle risque fort de devenir le suspect numéro un…

Ce que j’en pense…

Tiré de l’histoire vraie du meurtre du petit James Bulger, 2 ans en 1993 dont les meurtriers étaient âgés de 10 ans…
Tu trouveras une vidéo ci-dessous si tu souhaites te pencher sur cette sordide affaire qui avait défrayé la chronique.

Alice Clark-Platts, quant à elle, est partie sur la base de deux sœurs: Lila 10 ans et Rose 6 ans qu’on avait surnommées à l’époque du meurtre de Kristie Swann, 2 ans, les Flower Girls.
Lila purge sa peine de prison, Rose est en liberté. Elle n’a jamais été reconnue coupable. Trop jeune, trop petite, sa sœur a été la seule accusée.
Prison pour Lila, changement de nom et déménagement pour Rose et le reste de la famille. La vie se déroule tant bien que mal. Plutôt mal que bien d’ailleurs et Rose âgée maintenant de 25 ans se rend pour fêter son anniversaire et la nouvelle année dans un hôtel du Devon avec son ami Jonny et sa fille Evie. Un charmant week-end jusqu’au moment où Georgie, une petite fille de 5 ans disparaît. Lila, de son côté, est en train de demander sa libération conditionnelle. C’est l’explosion, le passé qui revient tel un boomerang lancé à 300km/h.

Les crimes perpétrés par les mineurs sont un sujet épineux qui ne mettra jamais tout le monde d’accord quant à la manière dont la peine doit être exécutée.

L’auteure démontre toutes les implications d’un tel acte sur l’enfant lui-même mais aussi sur ses proches. Elle te parle d’une justice du peuple qui devient presque plus puissante que celle d’un tribunal. Elle te pousse à t’interroger sur tous les aspects d’un tel acte et crois-moi c’est loin d’être évident.

Est-ce qu’avoir été « complice » d’un acte criminel alors que tu n’étais qu’un enfant te rend mauvais pour l’éternel ? Peut-on être mauvais de nature ? Est-ce que cela fait de toi un coupable à l’infini ? Ou s’arrête l’acharnement face à la culpabilité ? Comment sortir de prison et se reconstruire quand le mot réhabilitation te fait plus peur encore que libération ? A toi qui n’a rien vu du monde depuis l’âge de 10 ans, et ce durant 18 ans ? Comment croire les dires d’un ou une enfant ?

Alice a abordé cette problématique au travers d’une intrigue à part entière qui n’a rien à voir avec cette base réelle. Elle s’est propulsée dans le futur de ces deux « Flower Girls » en les mettant une fois encore bien à mal pour tirer le vrai du faux.

C’est bien foutu même si la finalité est évidente. Cela ne m’a posé aucun problème puisque le fond lui-même du questionnement était bien au-delà de ça. J’ai, par contre, eu plus de mal avec le twist final qui n’était, pour moi, pas nécessaire. Je ne l’avais pas vu venir, certes, mais il a, malheureusement, fait retomber le soufflé comme à sa sortie du four et c’est bien dommage puisque jusque là, j’étais vraiment emballée.

Quoi qu’il en soit, ça vaut le détour et malgré cette déception finale, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Je ne peux donc que te conseiller d’en faire autant 🙂


Le sœurs du mal – Alice Clark-Platts – Editions Hauteville – 376 pages – 2020


What I think of it…

From the true story of the 1993 murder of 10-year-old James Bulger, 2 years old…
You’ll find a video below if you want to look into this sordid case that had made the headlines.

Alice Clark-Platts, as for her, left on the basis of two sisters: Lila 10 years old and Rose 6 years old who had been nicknamed at the time of the murder of Kristie Swann, 2 years old, the Flower Girls.

Lila is serving her time in prison, Rose is free. She was never convicted. Too young, too little, her sister was the only defendant.
Prison for Lila, change of name and move for Rose and the rest of the family. Life goes on as best it can. Rather badly than well, and Rose, now 25 years old, goes to celebrate her birthday and the New Year in a hotel in Devon with her friend Jonny and her daughter Evie. A lovely weekend until Georgie, a 5 year old girl, disappears. Lila on her side is in the process of applying for parole. It’s the explosion, the past coming back like a boomerang launched at 300km/h.

Crimes perpetrated by minors are a thorny subject that will never get everyone to agree on how the sentence should be carried out.

The author demonstrates all the implications of such an act on the child himself but also on his relatives. She speaks to you of a justice of the people that becomes almost more powerful than that of a court of law. She pushes you to question yourself on all aspects of such an act and believe me, it is far from obvious.

Does being an « accomplice » to a criminal act when you were just a child make you evil for all eternity ? Can one be evil by nature ? Does that make you infinitely guilty ? Or does it stop the relentlessness in the face of guilt ? How can you get out of prison and rebuild yourself when the word rehabilitation scares you even more than release ? To you, who hasn’t seen anything of the world since the age of 10, for 18 years ? How can you believe the words of a child ?

Alice approached this problem through a plot in its own right that has nothing to do with this real basis. She propelled herself into the future of these two « Flower Girls » by once again putting them to great lengths to draw the true from the false.

It’s well done even if the finality is obvious. I had no problem with that since the substance of the questioning itself was far beyond that. On the other hand, I had more trouble with the final twist which was, for me, unnecessary. I didn’t see it coming, of course, but unfortunately it made the soufflé fall back as if it had just come out of the oven and it’s a shame because until then, I was really excited about it.

Anyway, it’s worth the detour and despite this final disappointment, I had a great time reading.

So I can only advise you to do the same 🙂.

3 commentaires sur « Les sœurs du mal – Alice Clark-Platts – The flower girls »

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