Mothercloud – Rob Hart

English version of what I think of it below

Extrait:

« Il se met à courir entre deux interminables rayonnages d’un entrepôt caverneux, les étagères bourrées de toute une série de produits.
Mugs, papier toilette et livres et boîtes de soupe. Savons et peignoirs de bain et ordinateurs portables et huile de moteur. Enveloppes et jouets et serviettes et paires de chaussures.
L’homme s’arrête devant un tapis roulant, s’empare d’une boîte bleue, y place les pansements et la pose sur le tapis roulant.
Plan sur le drone qui bourdonne dans un ciel bleu éclatant.
Plan sur la mère qui ouvre un carton orné d’un nuage blanc derrière lequel apparaît un nuage bleu, le logo de Cloud. Elle en sort la boîte de pansements, l’ouvre pour en prendre un et le colle sur le genou de l’enfant. L’enfant sourit et embrasse sa mère sur la joue.
La mère se tourne vers la caméra.
La mère: Grâce à la large gamme de produits disponibles et à la rapidité de livraison de Cloud, je suis toujours prête à affronter ce que la vie nous réserve. Et lorsque j’ai envie de me faire plaisir, Cloud est là aussi. »

4ème de couverture:

Effrayant hommage à Ray Bradbury, Margaret Atwood ou George Orwell, MotherCloud nous entraîne dans un monde où le Big Business aurait supplanté Big Brother, un monde d’une perversion totale, pas si éloigné du nôtre.
Ex-petit patron désormais ruiné, Paxton n’aurait jamais pensé devoir intégrer une unité MotherCloud, cette superstructure de l’e-commerce qui a dévoré la moitié de l’économie mondiale. Pourtant, dans une société n’ayant plus rien à offrir, comment peut refuser un job qui propose non seulement un salaire, mais aussi un toit et à manger ?
La jeune Zinnia non plus n’aurait jamais pensé rejoindre MotherCloud, mais sa mission est tout autre : une révolution est en marche dont elle est le bras armé. Devenir salariée n’est qu’un premier pas pour infiltrer le système, en percer les secrets. Le détruire.
Dans cet univers où tout est calculé, paramétré, surveillé, où l’humain disparaît au profit de la rentabilité, où l’individu n’est qu’un algorithme, Zinnia et Paxton réalisent bientôt qu’il est impossible de dévier. À moins d’être prêt à se sacrifier ?
Car derrière sa façade d’entreprise idéale, MotherCloud est une machine à broyer, impitoyable à l’égard de ceux qui oseraient se rebeller.

Ce que j’en pense…

Un peu maso de lire un tel livre alors que nous sommes en ce moment même dans une réalité qui dépasse la fiction. J’ai hésité à m’y attaquer en me disant que je ferai mieux de lire quelque chose de plus léger, de plus positif et je me suis dit qu’au final, ce serait peut-être bien de constater que cela pourrait être pire…et c’est le cas…

Un monde où tout s’est écroulé après le massacre du Black Friday. Un monde de surconsommation parti à la dérive. Un réchauffement planétaire qui a fait de certains pays des zones invivables. MotherCloud s’impose alors comme la solution à tous les problèmes qu’ils soient d’emplois, de santé ou de logement mais à quel prix ?

Différentes voix: celles de Praxton qui débarque dans cette structure après un fiasco personnel. Celle de Zinia qui débarque aussi comme nouvelle employée mais qui semble avoir d’autres intentions que de simplement travailler et le récit, au travers de son blog, de Gibs, le multimilliardaire, concepteur de MotherCloud, qui raconte comment et pourquoi il l’a créé alors qu’il vit ses dernières heures terrassé par la maladie.

Certains diront qu’il pensait bien faire, d’autres qu’il était juste avide de pouvoir…

MotherCloud, un concept en apparence parfait. Un monde à part, où les gens semblent heureux, où tous ont un travail, un logement sans avoir à se déplacer et tout sous la main…et pourtant…

Ils font face au quotidien à un système qui évalue la performance sous peine d’être immédiatement licencié si les résultats ne sont pas ceux attendus. Les performances étant gérées par le CloudBand, un bracelet porté en permanence qui pourrait d’ailleurs faire écho à toutes ces formes de montres connectées déjà existantes.
Ils se retrouvent, tout simplement, dans un mode de dévotion à l’entreprise totale et tu n’imagines même pas jusqu’à quel point.

Un concept part parfois d’une bonne intention. Le créateur a cette envie d’apporter quelque chose de plus, de changer le monde en mieux. C’est souvent l’humanité qui en fait des dérives. A entendre Gibs, c’est le cas mais est-ce le cas pour l’humanité ?
Voilà une bien grande réflexion. Je ne pense pas que les ingénieurs du CERN qui ont imaginé le web aient imaginé toutes les dérives qui s’en sont suivies. Pas plus que Steve Jobs et son smartphone.

Rob Hart t’apporte une vision terrifiante d’un monde futur qui ne fait clairement pas envie mais qui, il faut l’admettre à ce petit goût amer de réalisme…

Quelques petits bémols: Les scènes sont souvent reprises par chaque personnage. C’est parfois fort utile et intéressant d’avoir ces différents sons de cloches mais en l’occurrence, ils s’avèrent souvent redondants sans que cela n’apporte quoi que ce soit. Le dénouement est pas transcendant, la finalité assez moyenne, selon moi, avec ce petit côté systématique américain, mais ça n’empêche que c’est fort intéressant et que c’est clairement à découvrir !

En ces temps difficiles, je me dis qu’une prise de conscience se fera et que nous n’en arriverons pas là, que cette crise sanitaire servira à remettre les pendules à l’heure. Et pourtant face à la crise économique qui suivra, Rob Hart n’aurait-il pas eu une boule de cristal au moment où il rédigeait ces lignes ? Période où notre cher Amazon pourrait se transforme en un valeureux MotherCloud…

Je te laisse sur cette réflexion …

« Maintenant, vous êtes un produit jetable qui prépare des produits jetables. »


Mothercloud – Rob Hart – Editions Belfond – 416 pages – 2020


What I think of it…

A bit masochistic to read such a book when we are right now in a reality that goes beyond fiction. I hesitated to tackle it, telling myself that I’d better read something lighter, more positive, and I thought that in the end, it might be nice to see that it could be worse…and it is.

A world where everything fell apart after the Black Friday massacre. A world of over-consumption gone to the dogs. A global warming that has turned some countries into unliveable zones. MotherCloud is then imposed as the solution to all problems whether they are jobs, health or housing but at what price ?

Different voices: those of Praxton, who came to this structure after a personal fiasco. The voice of Zinia, who also arrives as a new employee but who seems to have other intentions than simply working, and the story, through his blog, of Gibs, the multi-billionaire designer of MotherCloud, who tells how and why he created it while he lives his last hours stricken by illness.

Some will say that he thought he was doing the right thing, others that he was just greedy for power…

MotherCloud, a seemingly perfect concept. A world apart, where people seem happy, where everyone has a job, a home without having to move around and everything at hand…and yet….
They face on a daily basis a system that evaluates performance or they will be immediately fired if the results are not as expected. Performance being managed by CloudBand, a permanently worn bracelet that could moreover echo all these existing forms of connected watches.
They are, quite simply, in a mode of devotion to the total enterprise, and you can’t even imagine to what extent.

Sometimes a concept starts from a good intention. The creator has this desire to bring something more, to change the world for the better. It’s often humanity that makes it drift. I mean, Gibs says it is, but is it humanity ?
Well, that’s a big thought. I don’t think the CERN engineers who designed the web imagined all the excesses that followed. Nor did Steve Jobs and his smartphone.
Rob Hart brings you a terrifying vision of a future world that you clearly don’t want to see, but which, you have to admit, has a bitter taste of realism…

A few minor drawbacks: The scenes are often repeated by each character. It’s sometimes very useful and interesting to have these different bells sounds but in this case, they often prove to be redundant without bringing anything to it. The outcome is not transcendent, the finality is rather average, in my opinion, with this small American systematic side, but it’s still very interesting and it’s clearly to be discovered !

In these difficult times, I tell myself that an awareness will come about and that we won’t get to that point, that this health crisis will serve to set the record straight. And yet in the face of the economic crisis that will follow, wouldn’t Rob Hart have had a crystal ball when he was writing these lines ? At a time when our beloved Amazon could turn into a brave MotherCloud ?

I’ll leave you with this thought…

3 commentaires sur « Mothercloud – Rob Hart »

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