Victime 55 – James Delargy

Extrait:

« – Cinquante-cinq…quoi ? demanda-t-il.
Il eut brusquement envie de poser une main rassurante et réconfortante sur l’épaule de cet homme, mais se ravisa, craignant de l’effrayer.
– Le t-t-type. Le tueur.
– Quel tueur ?
– Celui qui m’a kidnappé. Qui m’a emmené…là-bas. Les bois…les arbres.
Le jeune homme pointa un doigt en direction du mur. Chandler comprit qu’il parlait du mont Gardner, au-delà de la cloison de briques.
– Quel tueur…
– Un cinglé.
Les jambes du jeune homme flageolaient. Le sang qui maculait son jeans n’avait pas l’air frais, il avait séché au soleil. N’ayant aucune envie de le voir s’effondrer, Chandler tendit la main pour soutenir le bras du jeune homme, qui grimaça de douleur. »

4ème de couverture:

Deux suspects. Deux témoignages identiques. Un seul coupable.

Une petite ville perdue en Australie. Un officier de police habitué à régler des petits problèmes de vie domestique et querelles de voisinage.
Un jour de canicule débarque un homme, couvert de sang. Gabriel déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer. Le dénommé Heath a déjà tué 54 personnes. Gabriel est sa prochaine victime.
Quand la chasse à l’homme commence, ce même jour de canicule, débarque un deuxième homme. Heath est couvert de sang. Heath déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer, un certain Gabriel. Gabriel a déjà tué 54 personnes. Heath est sa prochaine victime.
Qui est le numéro 55  ?

Ce que j’en pense…

Au vu des événements au moment où je lisais ce livre, me retrouver au coeur de la fabuleuse Australie m’a fait un bien drôle d’effet. Cette canicule m’a paru plus oppressante encore. C’était étrange de me balader sur ces terres arides. Ressentir la sécheresse et imaginer le feu. Comme quoi certains livres ne tombent jamais dans tes mains par hasard…

« Victime 55 », c’est une entrée en matière très perturbante qui te donnera l’impression de ne plus très bien savoir à quel Saint te vouer. Tu seras alors tellement perplexe que tu vas avaler goulûment la suite et tu imagines bien que tu devras arriver jusqu’à la fin pour tout comprendre…

Un récit en deux temps: Une affaire de nos jours avec ces deux zigotos qui disent, tous deux, être la victime de l’autre. C’est franchement original, déstabilisant et bien foutu.
Et en 2002 sur la disparition d’un jeune homme dans ce même trou perdu.
Les deux jeunes lieutenants de police, Mitch et Chandler étaient à la tête de cette vieille affaire de disparition qui avait, d’ailleurs, mis leur amitié bien à mal.
Mitch, l’ambitieux, a quitté le village pour faire une vraie carrière dans la police. Chandler, lui, est resté au village et en est devenu ce que l’on pourrait appeler le shérif.
Ils se sont perdus de vue et franchement pas en bon terme. Tu t’imagines donc bien que quand Mitch revient au village, après toutes ces années, en grand chef, prêt à humilier Chandler à la moindre occasion, que l’atmosphère ne va pas vraiment être aux réjouissances.
Le récit tourne, d’ailleurs, beaucoup sur cette rivalité qui se transforme très vite en combat de coqs avec le village comme poulailler. Entêtés, chacun de leur côté ayant pour but d’obtenir un résultat avant l’autre, de le coiffer au poteau pour l’humilier plus encore… ce qui finira presque par faire capoter l’enquête sur laquelle ils feraient bien mieux de se concentrer.
Toi, de ton côté, c’est en remontant cette vieille affaire de 2002 que tu comprendras pourquoi ils en sont arrivés là.
C’est original, l’atmosphère est bonne, ce côté rural du fin fond de l’Australie m’a beaucoup plu. Les personnages sont sympas mais j’ai eu, cependant, quelques gros soucis de longueurs. Le rythme tombe, revient, retombe pour arriver tout de même à un final intéressant.

Il y a des choses que l’on fait, des actes que l’on commet parce qu’ils semblent justes à ce moment-là. Parce qu’un acte est toujours évalué dans un contexte précis à un moment précis.
Mais, parfois, longtemps après, on s’interroge sur le pourquoi du comment et avec le recul, ce choix nous semble erroné, voire même absurde simplement parce que nous ne sommes plus dans le même contexte. Ces choix peuvent, cependant, avoir de lourdes conséquences d’autant plus que le contexte n’est jamais le même pour tout le monde. Pour moi, c’est la morale de cette histoire.

Tout se paye un jour ou l’autre, paraît-il…

Une lecture sympa mais sans plus. A toi de t’en faire ton propre avis 🙂


Victime 55 – James Delargy – Editions Harper Collins – 352 pages – 2020


 

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