L’art du meurtre – Chrystel Duchamp

Extrait:

« Je n’entends plus. Je suis hypnotisée par l’artiste qui s’apprête à procéder au prélèvement. Tout comme moi, les spectateurs dans la salle retiennent leur souffle.
A l’aide d’un scalpel, Orlando C. réalise une entaille sur sa joue. Le sang coule le long de son cou. Quelques cris s’élèvent. Des murmures de dégoût les accompagnent. D’autres d’excitation. Les jeux du cirque. Les exécutions en place publique. Les accidents de la route. La souffrance des autres est, et sera toujours, le plus divin des spectacles. 
Le perforateur découpe sa peau avec application et délicatesse. Aucune émotion sur son visage. Il glisse la lame sous son épiderme, le soulève délicatement avec la pointe. Il sourcille. Des ruisseaux pourpres cascadent sur son T-shirt blanc. Je vacille. Etre témoin de cet acte est insupportable. Mon mécanisme d’empathie s’emballe à son maximum: je souffre en imaginant la souffrance de cet homme. »

4ème de couverture:

Quand le corps d’un riche collectionneur d’art est retrouvé mutilé et mis en scène comme une vanité artistique, cela ne fait aucun doute pour Audrey, lieutenant à la PJ : elle a affaire à un psychopathe. Nouvelle plume du thriller français, Chrystel Duchamp nous convie dans les milieux interlopes de Paris, à la rencontre de nos pires cauchemars…
Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Un crime de toute beauté !
Dépêchée sur place, l’équipe de la PJ découvre que l’homme – un collectionneur – fréquentait les clubs sadomasochistes de la capitale. Et que, malgré sa fortune, il était à court de liquidités.
Quand le corps d’un autre amateur d’art – dont la mort a été soigneusement mise en scène – est retrouvé, le doute n’est pas permis : un tueur en série est à l’œuvre.
Pour le lieutenant Audrey Durand, cette enquête dans le monde de l’art contemporain sera-t-elle l’occasion de faire taire ses démons, ou se transformera-t-elle en une plongée hypnotique aux confins de la folie ?

Ce que j’en pense…

Nous allons aujourd’hui procéder à la mise aux enchères d’une partie des oeuvres toute particulière de la collection « L’art du meurtre »
55’000 une fois, 55’000 deux fois, 55’000 trois fois, adjugée à Madame à ma droite. Une connaisseuse, je n’en doute pas. Cette toile fabuleuse et unique rejoindra votre collection pour vôtre, j’en suis sûr,  plus grand plaisir, chère Madame.

Un démarrage sur les chapeaux de roue. Chrystel te met direct dans l’ambiance au travers d’un meurtre des plus sordide. Le modus operandi est intrigant et laisse même perplexe. Audrey Durand dépêchée sur les lieux comprendra pourtant très vite que l’art avec un grand A tient une place de choix dans cette affaire. Normal, l’art, elle est tombée dans la marmite dès son plus jeune âge et a même été sa vocation initiale …Juste avant de rentrer à l’école de police.

Tu suivras ce récit dans une narration à la première personne. Dans la tête d’Audrey. Ses pensées, ses craintes, ses peurs. Cette fliquette amatrice d’art traîne de nombreuses casseroles derrière elle. Ce qui la rend d’autant plus attachante.

L’omniprésence de l’art est jouissive. Tu verras que la trame, au fil des chapitres, s’apparentera plus à des coups de pinceau qu’à une police de caractère sur une page. L’art est la substance même. Utilisé de manière brillante. Le titre lui-même est bien trouvé.

« L’art du meurtre » est un habile mélange d’esthétisme et de cruauté. C’est aussi le portrait d’une société. De l’argent qui achète tout, même le plus absurde. L’évolution de l’art qui se veut extrême, qui se veut révolutionnaire, différente. Tu toucheras du pinceau ces couleurs à la fois horribles et fascinantes.Tu verras, sans doute, comme moi que la notion d’esthétisme prend une forme bien étrange.
L’auteure nous dépeint tous les excès artistiques et je dois avouer que j’ai trouvé ça presque plus flippant, affligeant…effrayant que les meurtres eux-mêmes.

Meurtres, Art, SM, club divers et varié, call-girl, fric et j’en passe. Voilà un mélange qui ne peut qu’être explosif et crois-moi c’est le cas. Le dénouement est d’ailleurs vraiment génial et surprenant. La petite histoire d’amour m’est apparue un poil trop mièvre et c’est donc passé à un poil de martre pour être juste parfait !

Ultra documenté, l’auteure doit être autant amatrice d’art que son héroïne.

C’est original, bien foutu et tout tient plus que largement la route. Le final est brillantissime et franchement, je te dis déjà… t’es pas prêt(e) 😜

Je ne vais donc pas te dépeindre une autre toile. Ca vaut le détour et je ne peux que te le recommander. En tout cas, moi, j’ai vraiment surkiffé !


L’art du meurtre – Chrystel Duchamp – Editions l’Archipel – 272 pages – 2020


 

5 commentaires sur « L’art du meurtre – Chrystel Duchamp »

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