Celle qui pleurait sous l’eau – Niko Tackian

Extrait:

« La création était monumentale et tellement réaliste qu’on avait l’impression de véritablement contempler la lune depuis son transat. José décolla les yeux du plafond et une angoisse soudaine lui fit froncer les sourcils. Quelque chose flottait au centre du bassin, en dessous de l’immense globe. Il lâcha le sac de sécurité en avança d’un pas rapide le long de la travée pour s’approcher. A mesure qu’il progressait, la forme se précisa. C’était une femme en maillot de bain une pièce. Elle se trouvait sur le dos, les bras écartés, le visage tourné vers la lune. Sa peau semblait terriblement blanche et ses cheveux noirs formaient une large corolle autour d’elle. José porta une main à sa bouche pour étouffer un cri de terreur. Une longue traînée rouge s’échappait des poignets de ce corps inerte et traçait des arabesques dans l’eau bleue de la piscine. »

4ème de couverture:

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.

Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.

Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

QUI RENDRA JUSTICE À CELLE QUI PLEURAIT SOUS L’EAU ?

Ce que j’en pense…

Vraiment ravie de retrouver Tomar et toute sa clique. Faut dire qu’à force (après Toxique  et Fantazmë ) on commence à bien le connaître le Tomar. Il est presque devenu un ami, un pote qu’on attend de croiser au coin de la rue pour prendre de ses nouvelles.
Dès les premiers chapitres, tu comprendras, d’ailleurs, qu’il est bien mal barré ces temps-ci et t’auras bien envie de lui filer un coup de main au poto. Il a clairement du pain sur la planche pour faire face aux nombreuses personnes qui veulent sa peau, et ce sans compter ses démons qui le poursuivent toujours et encore.

Un récit qui fait écho à Du poison dans la tête de Jacques Saussey. Ils ont tous deux choisi de parler de ces multiples façons de tuer. De ce poison qui peut être instillé goutte après goutte dans les veines, dans le cerveau de quelqu’un pour l’anéantir bout par bout, le détruire à petit feu. Le résoudre à n’être plus rien pour disparaître d’une manière ou d’une autre.

Clara était une fille pleine de passion. Clara a été retrouvée flottant dans une piscine. Clara avait enfoui une souffrance. Elle pleurait sous l’eau.
Le titre. Cette expression est tout simplement exceptionnelle et retranscrit tout à elle seule…C’est con à dire et ne se veut absolument pas réducteur, mais cette expression m’a bouleversée et c’est ce que je vais retenir le plus et à tout jamais de ce livre…

« Celle qui pleurait sous l’eau » c’est aussi des bouts de vie posés en début de chapitres. Des bouts de vie d’une femme sous emprise. Des bouts de scènes terribles de la pire des soumissions. Des bouts de vie posés là, comme ça, sans que l’on sache d’où ils viennent, ce qui les rend pires encore.

Un troisième tome qui se veut plus émotionnel, plus troublant.
Ara, la mère de Tomar prend consistance et c’est fort agréable de découvrir cette femme toute particulière qui donne, elle aussi, substance à ce récit.

A circonstances particulières, actes particuliers et ça, Tomar connaît bien et j’aurai fait pareil. Faudrait juste qu’il y ait plus de Tomar et de Rhonda…mais je crains malheureusement qu’il y en ait peu dans la vraie vie. Peu qui s’acharnerait à découvrir ce qui pourrait se cacher derrière une telle mort et de ce fait peu d’empoisonneurs qui se retrouvent derrière les barreaux.
Une affaire qui aurait sa place dans le meilleur des mondes…mais ce n’est pas le nôtre…Celles qui pleurent sous l’eau sont nombreuses, trop nombreuses…

Un sujet déjà largement abordé, mais c’est bien fait.
Bref, la recette du polar qui glisse tout seul que je ne peux que te recommander.


Celle qui pleurait sous l’eau – Niko Tackian – Editions Calmann-Lévy – 250 pages – 2020

AUTRES CHRONIQUES:
Toxique
Fantazmë
Avalanche Hôtel


 

11 commentaires sur « Celle qui pleurait sous l’eau – Niko Tackian »

    1. Merci à toi Hedwige 🙂 Comme toujours avec les séries c’est compliqué. Dans ce cas, je pense tout de même qu’il vaut mieux avoir lu les précédents pour pouvoir apprécier toute la substance des personnage qui sont partie intégrante du récit. Donc d’abord Toxique et ensuite Fantzmë 🙂

      J'aime

  1. Merci pour cette présentation. L’auteur sait manier 🥊 et ♥️. Après Jacques Saussey, lui aussi se colle aux violences faites aux femmes même si après « Fantasmé » on le savait un peu attiré par le sujet. Un très bon moment de lecture !

    Aimé par 1 personne

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