L’ombre du renard – Nicolas Feuz

Extrait :

Vincent cria, supplia, cria. Mais ses paroles furent couvertes par le bruit du tonnerre. L’orage planait sur la ville. Vincent se retrouvait seul, face à ce mur de pierre, attaché à cette chaise artisanale en V. il regarda ses parties génitales, qui lui faisaient mal. Ses bourses étaient rouges, presque violacées. Le nœud empêchait le sang d quitter son sexe. Il bandait douloureusement. Il suivit des yeux le fil de nylon, remonta l’étrange crypte. Un système de poulies le menait vers un seau depuis un orifice circulaire dans la voûte. Quand Vincent comprit que cette eau venait de la pluie, il était déjà trop tard.
Il vit les gouttes se transformer en filet, et très vite couler en débit plus élevé. Le poids du seau exerçait une tension de plus en plus forte sur le fil. Les poulies accroissaient la tension. Le nœud se resserra encore et encore. Le nylon entamait les chairs. Vincent se débattit comme un fou. En vain. Les sangles de cuir le maintenaient fermement attaché contre les planches de bois. Il gémit, cria, hurla. Lorsque le nœud se referma et que le nylon sectionna son appareil génital, un violent coup de tonnerre couvrit le son de sa voix. La foudre venait de s’abattre sur le clocher.

4ème de couverture :

Le 16 septembre 1943, sur les hauteurs de Bastia, un convoi SS quitte un couvent avec une mystérieuse cargaison. Chargées sur une barge à destination de l’Italie, les caisses finissent englouties au large du cap Corse. La légende du Trésor de Rommel est née. 75 ans plus tard, un lingot frappé de la svastika réapparaît en Suisse.
Partie de Neuchâtel, l’intrigue acrobatique de ce roman à tiroirs bouscule le lecteur de la Suisse à la France, entre deux époques sombres, hier, aujourd’hui, sur fond d’occupation nazie et de domination mafieuse.

Ce qu’Elisa en pense…

Le roman policier de Nicolas Feuz démarre fort ! En effet, avec son prologue l’auteur de « L’OMBRE DU RENARD » ne nous ménage pas. On ne s’attarde pas sur les détails, on fonce droit dans le tas. Et ça, j’adore !

Dans ce roman, les péripéties prennent place dans un premier temps, à Neuchâtel et ensuite en Corse. Pour moi, ce fut un sacré voyage que j’ai beaucoup apprécié. Découvrir cette région française au travers du regard de Nicolas Feuz fut un vrai plaisir.

Nicolas Feuz arbore un style particulier dans ce polar. Il a construit son histoire uniquement sur des chapitres courts. Cette structure favorise le rythme et le déroulement de l’action. En conclusion, on ne s’ennuie jamais. On s’en prend plein les yeux de la première à la dernière page. Les rebondissements font partie intégrante de ce livre. J’espère que vous êtes bien accrochés, car les scènes d’action puissante s’enchainent sans se préoccuper de votre endurance !

Les avis sur le développement des personnages sont mitigés. Je partage cet avis sur beaucoup de points. Effectivement, certains protagonistes mériteraient d’être plus ancrés dans l’histoire, mais ce n’est pas le cas de tous. Personnellement, j’ai eu un gros coup de cœur pour la policière que Nicolas a su créer. Il lui a donné énormément de substance. Tanja me manque déjà et je me réjouis vraiment de la retrouver dans le prochain opus.

De plus, j’ai enchainé « L’OMBRE DU RENARD », suite à ma lecture de « LE MIROIR DES ÂMES », et je peux vous garantir une chose : si vous avez apprécié son précédent roman, vous aimerez d’autant plus celui-ci. Effectivement, j’ai pu constater une énorme amélioration dans l’écriture et le développement de la trame dans ce polar. Il est bien plus étoffé et complet.

Comme vous le savez certainement, j’ai beaucoup de difficultés avec les livres qui sont implantés dans l’Histoire. J’ai de la peine à accrocher lorsque l’on relate des faits historiques. Et vous savez quoi ? Et bien cette fois, j’ai même fait des recherches suite à cette lecture. L’histoire du trésor de Rommel m’a captivée. Je la trouve totalement fascinante. Donc, Nicolas, j’espère que tu es conscient de l’exploit que tu as réalisé 😜

L’intrigue que nous offre le maître du polar suisse est bien plus qu’efficace. La trame est subtilement ficelée.

En conclusion, j’ai pris bien du plaisir en lisant ce livre et je vous propose de rapidement rejoindre l’équipe de Tanja Stojkaj, Norbert Jemsen et Flavie Keller ! Vous ne regretterez pas…


L’ombre du renard – Nicolas Feuz – Editions Slatkine & Cie – 316 pages – 2019

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6 commentaires sur « L’ombre du renard – Nicolas Feuz »

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