Les passagers – John Marrs – The passengers

English version of what I think of it below

Extrait:

« Claire se tourna vers la voiture arrêtée au feu à côté de la sienne et se mit à faire des grands signes pour attirer l’attention du conducteur. Mais il était trop absorbé par le film qui passait sur son pare-brise connecté. Ses gestes se firent de plus en plus désespérés, jusqu’à ce qu’elle finisse par attirer son regard. Il tourna la tête vers elle mais, en une fraction de seconde, les vitres de la voiture de Claire passèrent du transparent à l’opaque. On venait de modifier la distance de réglage de l’intimité, pour que personne ne puisse être le témoin de son désespoir.
La terreur l’envahit lorsqu’elle finit par réaliser ce qui se passait: quelqu’un d’autre contrôlait sa voiture.
« Bonjour Claire », commença une voix masculine dans les haut-parleurs.
Elle laissa échapper un cri. La voix était calme, détendue, amicale presque, mais tout à fait malvenue.
« Tu as peut-être compris que ce véhicule n’est plus sous ton contrôle, continua la voix. A partir de maintenant, c’est moi qui décide de sa destination.
– Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous voulez ?
– Ces questions n’ont pas d’importance, répondit la voix.
La seule chose qu’il te faut savoir pour le moment, c’est que dans deux heures et trente minutes, il y a de grandes chances que tu sois morte. »

4ème de couverture:

 » Bienvenue sur la planète Marrs.  » Voici

L’Angleterre, demain, ou peut-être après-demain.
Les voitures sans conducteur sont devenues obligatoires.  » Un réel progrès pour la sécurité de tous « , se dit-on.
Mais quand un hacker prend le contrôle de huit véhicules, le progrès devient une menace. Mortelle.
Les huit véhicules et leurs passagers sont programmés pour rouler vers une collision aussi spectaculaire que fatale.
Impossible, pour les autorités, d’intervenir : les voitures exploseraient.
Tous vont mourir.
Tous, sauf celui ou celle que le public décidera de sauver via les réseaux sociaux.
Chaque passager doit plaider sa cause pour influencer les votes, en se présentant sous son meilleur jour.
Mais le hacker connaît aussi leurs secrets les plus sombres…
ET VOUS, QUI SAUVERIEZ-VOUS ?

Ce que j’en pense…

La compagnie Hugo thriller te propose une escapade en voiture autonome.
Attention de ne pas trébucher en montant. Assieds-toi confortablement, boucle ta ceinture et laisse-toi guider par notre animateur du jour: John Marrs qui fera de ce voyage une bien drôle d’expérience. Observe ton écran et suis les instructions 🙂

Huit personnes: Claire Arden, enceinte de 7 mois, Jude Harrison, Sofia Bradbury actrice vieillissante, Sam Cole, Hedi Cole, Shabana Khartri dont le mari est accusé de trafic d’êtres humains, Victor Patterson, chauffeur au chômage depuis l’avènement de la voiture autonome et Bilquis, une femme somalienne de 46 ans.
Tous sont installés dans leur voiture autonome quand une voix leur annonce qu’il y a de fortes chances qu’ils soient morts dans 2h30. Toutes les voitures ont été programmées par un hacker pour rentrer en collision au même endroit, à la même heure, à 110km/h. Un seul survivra…peut-être…

Dans une Angleterre qui a promis d’être le premier réseau totalement autonome du monde et qui prévoit d’interdire les véhicules manuels d’ici 10 ans. John Marrs aborde, entre autres, la thématique de la responsabilité, en cas d’accident et crois-moi, c’est fort flippant. Doit-on faire confiance à une machine ? Peut-on lui confier notre vie ?

Une commission d’enquête est là pour statuer. Libby Dixon, infirmière en psychiatrie a été tirée au sort pour y siéger et tu imagines bien que cette commission sera mise à rude épreuve par le hacker. Un jeu diabolique commence. Un jeu dont seul le hacker connaît les règles. Un jeu qui suscitera un grand nombre d’interrogations dans ta tête en surchauffe lancée à 110km/h.
Et ce n’est que le début…Quand les réseaux sociaux entrent dans la course, tout devient plus terrifiant encore. Le chemin des passagers, leur survie ou non sont alors tracés par les tendances Twitter jalonnées par des votes… Imagine… lequel doit mourir ? Lequel doit vivre ? Sur quoi te baserais-tu ?

John Marrs nous démontre qu’il y a toujours deux sons de cloche, que les apparences peuvent être trompeuses et que nous jugeons toujours exclusivement sur ce que l’on veut bien nous dire…surtout à l’heure de la surinformation.
Quelle est la valeur que l’on donne à un acte ? Avons-nous toujours tous les arguments pour juger ?

John Marrs a cet art de placer les personnages en quelques mots habilement choisis. Tu captes et tu les visualises en deux temps trois mouvements. Il utilise d’ailleurs le même type de structure qu’« Âmes sœurs » avec des chapitres qui se succèdent pour chacun. Ils reviennent à toi comme si tu étais là, à observer un manège….infernal !

Tu retraceras la vie de ces gens au travers de leurs pensées dans cet enfermement. J’ai, d’ailleurs, beaucoup aimé la touche d’humour avec le personnage de Sofia qui croit, tout au long, qu’elle est dans une émission de téléréalité.

Et bien sûr l’auteur nous parle de l’IA. Il nous démontre ce à quoi elle peut conduire, ce à quoi elle peut être utilisée. Il te montrera que malgré tout, l’humain reste aux commandes et ce n’est pas forcément mieux. Il te prouvera aussi qu’il n’existe sans doute rien de pire que la lutte pour la vie pour déclencher ce qu’il y a de plus vil et sombre chez ce bipède.
Tout n’est que question de choix: le choix de juger, le choix de vivre, le choix de tuer.

Un livre qui fait clairement écho à « Miracle » de Solène Bakowski. Un livre ou les hashtags# prennent le pouvoir.
Après lecture, tu pourrais bien vouloir partir vivre sur une île déserte. Cette vision de notre société est tellement juste, tellement réelle qu’elle te percutera sans doute comme moi à 110km/h.

Un gros coup de coeur pour ce livre malheureusement entaché par une fin qui ne m’a pas totalement convaincue et c’est fort dommage mais cela ne tient peut-être qu’à moi. Quoi qu’il en soit, John Marrs soulève encore une fois des questionnements. Non, pire…des dilemmes insolubles…et c’est excellent !

La compagnie Hugo thriller te remercie pour ta confiance et espère que le voyage t’a plu. Tu n’as plus qu’à répondre à cette dernière question pour pouvoir sortir:
As-tu fait ton choix ?
Tu peux le publier sur tous tes réseaux en utilisant #votezJohnMarrs

Tu peux aussi aller te balader sur un site fort intéressant en suivant ce lien –> Machine morale

« Quand les gens deviennent une foule, ils cessent d’être des individus, leurs inhibitions disparaissent, ils ne suivent plus leurs règles morales habituelles. Esr-ce que l’un d’eux aurait lancé une brique ou jeté un cocktail Molotov ? J’en doute. Mais entourés de gens dans le même état d’esprit, ils ne se voient plus comme des individus violents; c’est le groupe qui est responsable de la violence. Pas eux personnellement. »


Les passagers – John  Marrs – Editions Hugo Thriller – 438 pages – 2019

AUTRE CHRONIQUE: Ames sœurs


What I think of it…

The Hugo thriller company offers you an autonomous car escapade.
Be careful not to trip while climbing. Sit comfortably, buckle up and let yourself be guided by our host of the day: John Marrs who will make this trip a very strange experience. Look at your screen and follow the instructions 🙂

Eight people: Claire Arden, 7 months pregnant, Jude Harrison, Sofia Bradbury, an aging actress, Sam Cole, Hedi Cole, Shabana Khartri whose husband is accused of trafficking in human beings, Victor Patterson, an unemployed driver since the advent of the autonomous car and Bilquis, a 46-year-old Somali woman.

All of them are installed in their autonomous cars when a voice tells them that there is a good chance they will be dead in 2h30. All the cars were programmed by a hacker to collide at the same place, at the same time, at 110 km/h. Only one will survive…maybe….

In an England that has promised to be the first totally autonomous network in the world and plans to ban manual vehicles within 10 years. John Marrs discusses, among other things, the issue of liability in the event of an accident, and believe me, it’s very scary. Should we trust a machine ? Can we trust him with our lives ?

A commission of inquiry is here to rule. Libby Dixon, a psychiatric nurse, was randomly selected to sit on it and you can imagine that this commission will be put to the test by the hacker. An evil game begins. A game for which only the hacker knows the rules. A game that will raise a lot of questions in your head in overheating launched at 110km/h.

And it is only the beginning…It is when social networks enter the game, that everything becomes even more terrifying. The passengers’ path, their survival or not, then becomes traced by Twitter trends marked by votes… Imagine… which one has to die ? Which one should live ? What would you base it on ?

John Marrs shows us that there are always two sounds, that appearances can be deceiving and that we always judge exclusively on what people want to tell us… especially in an age of overinformation.
What is the value that is given to an act ? Do we still have all the arguments to judge ?

John Marrs has this art of placing characters in a few cleverly chosen words. You capture and visualize them in no time at all. It also uses the same type of structure as « The one » with successive chapters for each one. They come back to you as if you were there, watching a carousel….hellish !

You will retrace the lives of these people through their thoughts in this confinement. I really liked the touch of humour with the character of Sofia who believes, all along, that she is in a reality show.

And of course the author talks to us about AI. It shows us what it can lead to, what it can be used to. He will show you that despite everything, the human remains in control and it is not necessarily better. He will also prove to you that there is probably nothing worse than fighting for life to trigger the most vile and dark thing.

It’s all about choice: the choice to judge, the choice to live, the choice to kill.

A book that clearly echoes Solène Bakowski’s « Miracle ». A book where hashtags# take over. After reading, you may well want to move to a desert island. This vision of our society is so right, so real that it will probably hit you like me at 110 km/h.

A big crush for this book unfortunately tainted by an end that did not totally convince me and it is a great pity but it may be up to me. In any case, John Marrs raises questions once again. No, worse…insoluble dilemmas…and it’s excellent !

The Hugo thriller company thanks you for your trust and hopes that you enjoyed the trip. All you have to do now is answer this last question to get out:
Have you made your choice ?
You can publish it on all your networks using #voteJohnMarrs

10 commentaires sur « Les passagers – John Marrs – The passengers »

  1. Ce que tu es dis me donne des frissons ! Il me semble que la problématique ici n’est pas tant celle des réseaux sociaux , mais plutôt de l’I.A. d’abord et puis surtout de cette perversion qui consiste à rabaisser les vies d’hommes et de femmes réelles une simple occasion de jeu. Une critique donc de ces jeux vidéo où l’on peut choisir de tuer ou non des personnages qui ont de plus en plus une apparence réelle.
    Merci pour tes compte-rendus si éclairés Valérie 🙂 J’ai hâte de lire ce roman ! Et bien sûr je ne voterai pas

    Aimé par 1 personne

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