Sång – Johana Gustawsson

English version of what I think about it below

Extrait:

« Les excréments et l’urine débordaient de la conserve. Une boîte de sardines, comme celles qu’ils leur donnaient à manger. Ils avaient arrêté le train trois fois, pour leur en distribuer une à chacun avec une gorgée d’eau. Le poisson les assoiffait encore plus, piquant la gorge jusqu’aux oreilles, mais personne n’avait pu résister.
Les femmes avaient compté trois nuits. Trois nuits et trois jours passés les unes contre les autres, dans la puanteur des corps réduits à l’état animal. En silence. Car elles n’avaient plus rien à se dire. C’était l’absence d’espoir qui faisait ça; son Tomeo le lui avait expliqué. La sensation permanente d’un corps à corps avec la mort. 
Soudain, deux soldats ouvrirent la porte grillagée. Une vague de soupirs traversa le wagon. Un peu d’air; peut-être de l’eau; et une sardine. Peut-être même vider la boîte de conserve sur les rails. »

4ème de couverture:

En Suède, une famille est massacrée dans sa luxueuse demeure. Ce terrible fait divers rappelle sur ses terres Aliénor Lindbergh, une jeune autiste Asperger récemment entrée comme analyste à Scotland Yard : ce sont ses parents qui ont été assassinés.

Avec son amie Alexis Castells, une écrivaine spécialisée dans les crimes en série, la profileuse Emily Roy rejoint sa protégée à Falkenberg, où l’équipe du commissaire Bergström mène l’enquête. Ensemble, elles remontent la piste du tueur jusqu’à la guerre civile espagnole, à la fin des années 1930, lorsque le dictateur Franco réduisit toute résistance au silence, dans le sang.

Ce que j’en pense…

Tenir le nouveau livre de Johana entre ses mains c’est comme croiser le père Noël et se retrouver avec ce cadeau tant attendu, tant espéré. Rien qu’en le regardant (La couverture est d’ailleurs, comme toujours, magnifique) tu sais que tu vas passer un moment fabuleux de lecture.

Alors tu prévois tout comme je l’ai fait:
Repas minimum pour ta famille. Au pire fusil sur la tempe pour les faire manger en 5 minutes chrono.
Tu annules tous tes rendez-vous, piscine, poney, licorne ou quoi que ce soit d’autre.
Tu éteins ton téléphone, tu barricades ta porte.
Tu t’assures d’avoir fait une bonne grasse mat le jour d’avant, histoire d’avoir du rab question sommeil.
Tu préviens tout le monde que tu es indisponible sauf si, éventuellement, la maison brûle.
Pas de panique, tu l’auras tellement vite dévoré que ce ne sera que temporaire.
Perso il m’a fallu moins de 24 heures…

Johana joue subtilement sur toutes ses origines et la richesse des différentes cultures qui l’entourent.
Après « Block 46 » et les camps de concentration, voilà qu’elle nous emmène dans les prisons espagnoles sous Franco et on ne peut pas dire que ce soit moins pire… On en parle peu de l’Espagne et de toutes les horreurs qui y ont été commises à cette période. Hitler a pris un peu le devant de la scène alors que d’autres, à cette même époque, ne jouaient pas les enfants de chœur.
Et tu t’en doutes bien que Johana t’en parle sans ménagement, comme elle sait toujours le faire…Admirablement bien !

Mariée plus de 20 ans à un espagnol, j’ai appris à connaître et à aimer ce pays, mais j’ai aussi découvert tout ce qu’il a vraiment été à certaines périodes… toute la souffrance de son peuple…

« Sång », c’est beaucoup beaucoup d’émotions. C’est un opus qui peut tout à fait se lire indépendamment des autres. Même si les personnages sont récurrents, tu t’y retrouveras sans problème.
« Sång », c’est un magnifique jeu de mot suédo-français puisque ce mot veut dire chanson en suédois alors que sa signification est tout autre en français…
« Sång », c‘est une histoire en trois époques.  Trois tableaux qui te feront froid dans le dos, chacun à leur manière.

Alors qu’Alexis Castells s’apprête à se marier,  le père, la mère et la sœur d’Aliénor Linbergh sont sauvagement assassinés dans leur maison. Peu d’indices. Des pistes quasi inexistantes…Y aurait-il une relation avec la clinique de procréation assistée que dirigeait son père ?
J’ai adoré retrouver le personnage d’Aliénor. Cette autiste Asperger, ce personnage à la Saga Noren de Broen. J’aurais, d’ailleurs aimé la voir plus encore s’étoffer….Dans le prochain, qui sait ?

En parallèle, tu reviendras dans le passé à deux époques différentes:
En 1937 où Teresa en plein franquisme se fait arrêter par les chemises noires.
En 1990 où une bien mystérieuse femme fait un malaise lors du baptême de son petit fils.

J’ai retrouvé beaucoup de Johana dans cet incroyable opus. Au travers de l’intrigue, des personnages, on sent plus encore son vécu, sa maturité, sa maternité, son parcours de mère. Une sensibilité omniprésente même derrière l’horreur et la cruauté.
Cet opus s’intensifie plus encore que les autres. Il ruisselle de relations, de relationnel, de mères-enfants, de sœur-sœur, de familles.
C’est beau, c’est touchant, c’est terrible. Il te deviendra, d’ailleurs, difficile de savoir si l’enquête est plus bluffante que ce relationnel…

Plus abouti encore, plus fort, plus sensible. Sans tomber dans l’extrême, sans surenchère inutile, elle te fera cependant pénétrer dans de bien sombres affaires ou d’époques obscures. Une montée crescendo tout en souplesse.
L’intrigue est rondement menée et te donnera bien du fil à retordre. Bluffant jusqu’à la dernière page !

Tu l’as compris, Johana, m’a, encore une fois, conquise et je ne peux que te recommander de poser tes jours de congé pour être prêt(e) à lire cette pépite !
Je mets ma main au feu que ce livre te plaira !

« Dieu écoutait les soldats, pas les victimes. »


Sång – Johana Gustawsson – Editions Bragelonne – … pages – 2019

AUTRES CHRONIQUES:
Block 46
Block 46  par Elisa
Mör 
Interview Miroir – Fiona Cummins versus Johana Gustawsson
Interrogatoires


What I think of it…

Holding Johana’s new book in your hands is like crossing paths with Santa Claus and finding yourself with this long-awaited gift. Just by looking at it (the cover is, as always, beautiful) you know that you will have a fabulous time reading it.

So you plan everything the way I did:
Minimum meal for your family. At the worst rifle to their heads to feed them in five minutes.
You cancel all your appointments, swimming pool, pony, unicorn or whatever.
You turn off your phone, you barricade your door.
You make sure you slept tight the day before, just to get some extra sleep.
You inform everyone that you are unavailable unless, eventually, the house burns down.
Don’t worry, you’ll have eaten it so quickly that it’ll only be temporary.
Personally, it took me less than 24 hours….

Johana subtly plays on all her origins and the richness of the different cultures that surround her.

After « Block 46 » and the concentration camps, she takes us to Spanish prisons under Franco and we can’t say that it’s any worse… We don’t talk much about Spain and all the horrors that were committed there during that period. Hitler took a bit of the spotlight while others, at the same time, did not play the role of choirboys.
And you can imagine that Johana is talking to you about it without hesitation, as she always knows how to do… Admirably well !

I was married to a Spanish man for more than 20 years, I got to know and love this country, but I also discovered how it was… all the suffering of its people…

« Sång » is a lot of emotions. It is an opus that can be read independently of the others. Even if the characters are recurrent, you will find your way around without any problem.

« Sång » is a wonderful Swedish-French wordplay since this word means song in Swedish while its meaning is quite different in French…

« Sång » is a story in three periods.  Three stories that will scare the hell out of you, each in its own way.

As Alexis Castells prepares to marry, Eleanor Linbergh’s father, mother and sister are brutally murdered in their house. Few clues. There are almost no leads. Is there a relationship with the assisted reproduction clinic his father ran ?

I loved finding the character of Eleanor. This autistic Asperger, this character as Broen’s Saga Noren. I would have liked to see it grow even more….In the next one, who knows ?

In parallel, you will go back in time at two different times:
In 1937 when Teresa in the midst of Francoism, arrested by the black shirts.
In 1990 when a mysterious woman had a sickness when her grandson was baptized.

I found a lot of Johana in this incredible opus. Through the plot, the characters, we can feel even more her experience, her maturity, her motherhood. An omnipresent sensitivity even behind the horror and cruelty.

This opus is even more intense than the others. It flows from relationships, from relational relationships, from mothers and children, from sister-sister, from families.
It’s beautiful, it’s touching, it’s terrible. It will become difficult for you to know if the investigation is more stunning than this relational one…

Even more accomplished, stronger, more sensitive. Without falling into extremes, without unnecessary overbidding, it will however make you penetrate into very dark business or obscure times. A crescendo rise in slow motion. The plot is well conducted and will give you a lot of trouble. Bluffing to the last page !

You understood it, Johana, has once again won me over and I can only recommend that you take your days off to be ready to read this great book !

 

4 commentaires sur « Sång – Johana Gustawsson »

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