L’important n’est pas la chute – Guillaume Ramezi

Extrait :

Les mains tremblantes, il mit quelques secondes à trouver le mécanisme, l’empoigna et l’activa sans attendre. Il fut soulagé d’entendre le bruit caractéristique de l’aile se dépliant hors du sac à dos. Son apaisement fut de courte durée. Il ne ressentit aucun choc violent, comme s’il avait été tiré brusquement vers le haut par son harnais. Au lieu de cela, il n’avait que peu ralenti et continuait de descendre beaucoup trop vite. Pour ajouter encore à la complexité terrifiante de sa situation, il s’était mis à tournoyer à une vitesse folle en tombant en vrille comme un pantin. Malgré l’effet de la force centrifuge qui manqua de lui faire perdre connaissance, il parvint à lever les yeux et comprit immédiatement ce qui n’allait pas : seul un tiers de son parachute s’était déplié ! Le reste flottait au vent tel un vulgaire chiffon, empêché de s’ouvrir par la multitude de filins malencontreusement entremêlés. La dissymétrie de sa voile ainsi ouverte l’entraînait dans une spirale infernale. Il était encore à plusieurs centaines de mètres du sol, tombant comme une pierre, et n’avait plus aucun moyen de freiner sa chute… Cette fois, il était complètement affolé, gesticulant dans tous les sens, il s’escrimait à tirer sur ses poignées dans une tentative désespérée pour augmenter la surface de toile le retenant et ralentir sa rotation. Malgré sa terreur, il se raccrocha aux consignes de ses instructeurs qu’il avait toujours retenues avec attention. Il sortit sa lame à crochets et coupa les filins de la partie inutile de sa voile. Cela eut pour effet de libérer une partie de la toile et de freiner un peu sa rotation, sans pour autant ralentir suffisamment sa chute. À deux cents mètres d’altitude, il jeta un regard vers le bas. Il réalisa que c’était terminé, il allait s’écraser à une vitesse bien trop importante pour en sortir indemne. Un buisson épais passa dans son champ de vision : oui, c’était cela qu’il devait faire, il devait atterrir dessus ! Il tenta alors de le viser pour amortir un tant soit peu l’impact. Dans les dernières secondes, l’ultime consigne qu’il essaya d’appliquer fut d’aborder le sol avec un angle suffisant pour dévier un peu la force verticale de la collision. Au moment fatidique, il ne vit pas sa vie défiler devant ses yeux, seules quelques images lui apparurent. Sa femme d’abord, puis ses deux filles. C’est le visage de sa cadette qu’il avait sur les rétines lorsque son corps se disloqua en heurtant la terre ferme.

4ème de couverture :

Quand une chute est sans fin, est-il possible de se relever indemne ?
Un accident de parachute est exceptionnel, d’autant plus lorsqu’il se révèle criminel…
La liste des suspects sera longue pour Camille et son équipe. Thomas Laverne a réussi dans les affaires mais on n’atteint pas les sommets sans se faire au passage des ennemis : certains vous jalousent, d’autres vous en veulent pour avoir perdu un emploi, ou pour ne pas l’avoir obtenu…

Ce qu’Elisa en pense…

« Ne faites pas confiance aux apparences ! »

Souvent, il me faut un certain temps d’adaptation lorsque je commence une nouvelle lecture, mais, là, j’ai tout de suite accroché.

Dans son roman, Guillaume Ramezi aborde une thématique bien particulière : le parachutisme. C’est toujours enrichissant de découvrir un monde que l’on ne connait pas. J’ai trouvé cela très intéressant.

J’ai particulièrement apprécié l’équipe de policiers responsables de l’enquête. Sans clichés, Guillaume Ramezi a su faire vivre pleinement Camille, Lucas, Malika et Alexandre-Benoit.

La plume de Guillaume est une de ces plumes qui réchauffe, qui fait chanter les mots et que l’on n’oublie pas. Son écriture est fluide, belle et entêtante.

J’admire l’ingéniosité de cette trame qui dès le début m’a paru cousue de fil blanc, et pourtant…

L’auteur a su relier ses différentes intrigues de manière précise et subtile malgré la complexité de sa trame.

Ce polar est digne d’un vrai marathon. J’espère que vous avez entrainé votre cardio, car même pas le temps de respirer, qu’il faut retourner aux côtés de notre enquêtrice.

Cette fin est juste incroyablement puissante. Elle m’a prise aux tripes. Elle a un côté émotionnel très fort.

Vous l’aurez compris, ce bouquin je l’ai beaucoup aimé. Donc, pour moi, c’est un coup de cœur haut la main car je n’ai pas vraiment su relever de points négatifs.

À vous de vous lancer et de sauter !


L’important n’est pas la chute – Guillaume Ramezi – Prench Pulp – 380 pages – 2019


 

 

 

5 commentaires sur « L’important n’est pas la chute – Guillaume Ramezi »

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