Mensonge – JP Delaney – Believe me

English version of what I think of it below

Extrait:

« Des chambres d’hôtel, Consuela en a vu un paquet, et la scène qui s’offre à ses yeux lui paraît bizarre.
Fabriquée même.
Elle se signe. Et pose une main tremblante sur le drap, là où doit se trouver l’épaule. Elle la secoue délicatement.
Au bout d’un moment, une fleur rouge éclot sur le coton blanc, à l’endroit où s’est posée sa main.
Elle sait maintenant qu’il se passe quelque chose de grave. De nouveau, elle touche le drap, d’un doigt seulement. Et de nouveau, comme l’encre qui traverse un mouchoir en papier, un pétale écarlate se déploie.
Consuela rassemble tout son courage et, de la main gauche, elle soulève le drap.
Avant même de pouvoir enregistrer ce qu’elle voit, sa main droite se lève pour exécuter un autre signe de croix. Mais, cette fois, elle n’a pas le temps d’atteindre le front. Elle redescend vers la bouche pour étouffer un hurlement. »

4ème de couverture:

Étudiante en art dramatique à New York, Claire finance ses cours de théâtre en jouant un rôle peu conventionnel : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité.
Sa couverture fonctionne parfaitement, jusqu’à ce que l’une de ses « proies » soit soupçonnée de meurtre… La police exige alors de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour pousser Patrick Fogler à confesser son crime. En somme, qu’elle leur serve d’appât. Pourtant, cet universitaire élégant est loin du manipulateur pervers qu’on lui a décrit. Sans compter qu’il demeure indifférent aux avances de Claire.
Pourquoi cette mise en scène ressemble-t-elle de plus en plus à un vaste mensonge ? Alors que Claire pensait y faire une apparition de figurante, y tiendrait-elle, à son insu, le premier rôle le plus dangereux de sa vie ?
Mais, désormais, il est trop tard pour reculer. Place au spectacle.

Ce que j’en pense…

Claire mène une vie dissolue et traîne une mauvaise réputation acquise en Angleterre, qu’elle espère voir disparaître en se rendant aux Etats-Unis. Elle prend des cours dans une école d’art dramatique et a bien du mal à joindre les deux bouts. Sa réputation l’a malheureusement suivie et sa seule option de travail est un cabinet d’avocat où elle travaille comme « actrice » pour piéger les maris de ces dames demandant le divorce. Tout se passe bien jusqu’au jour où elle va devoir réaliser un rôle de composition défiant tout entendement. Un rôle qui sera sans doute, le rôle de sa vie.

Tu démarres en première, tranquille, t’as même le temps de regarder le paysage et puis soudainement, sans que tu t’en aperçoives, comme si quelqu’un s’était approprié la pédale des gaz, tu verras le paysage défiler, le rythme s’accélérer et tout va prendre une vitesse vertigineuse.

Tu découvriras de suite une narration à la première personne et une structure façon scénario comme pour accentuer le côté comédien/théâtre. C’est étonnant et il faut avouer, brillant d’allier ainsi la structure à la trame.

Original, perturbant, tu ne sauras plus très bien à quel saint te vouer tant les rebondissements sont omniprésents. Clairement trop d’ailleurs. D’un côté cousu de fil blanc et d’un autre pas du tout. L’ambiguïté à l’état pur qui te placera dans une position qui l’est tout autant.
Une seule chose reste constante, le rapport aux « Fleurs du mal » de Baudelaire.
Difficile de donner mon ressenti sur cette lecture puisque je l’ai trouvée à la fois brillante et à la fois bizarre.
Il y a ce quelque chose de brouillon qui te fait rebondir comme une puce sur le dos d’un chien. Ce quelque chose de fascinant, mais en même temps un arrière goût abracadabran qui ne te laisse pas du tout croire à cette histoire. La fiction devient réalité ou la fiction se mélange à la réalité…tu ne sauras plus très bien.

J’ai mis, d’ailleurs,  quelques jours à écrire cette chronique pour laisser décanter. C’est  parfois nécessaire pour apprivoiser tout ce qu’il peut te rester d’un récit, mais au final… je n’ai pas trouvé la réponse.

C’est à découvrir mais son premier, « La fille d’avant » reste clairement bien meilleur !

Curieuse de savoir ce que tu vas en penser 🤔

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Mensonge – J-P. Delaney – Editions Fayard/Mazarine – 432 pages – 2019

Autre chronique: La fille d’avant

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What I think of it…

Claire leads a dissolute life and has a bad reputation in England, which she hopes will disappear when she travels to the United States. She is taking classes at a drama school and is struggling to make ends meet. Unfortunately, her reputation has followed her and her only work option is a law firm where she works as an « actress » to trap the husbands of these women seeking divorce. Everything goes well until the day when she will have to perform a composition role that defies all understanding. A role that will undoubtedly be the role of his life.

You start first, quiet, you even have time to look at the landscape and then suddenly, without you noticing it, as if someone had taken over the throttle pedal, you will see the landscape go by, the pace accelerate and everything will take on a dizzying speed.

You will immediately discover a first-person narrative and a scenario-like structure as if to accentuate the actor/theatre side. It’s amazing and we have to admit, it’s brilliant to combine structure with weave.

Original, disturbing, you will no longer know which saint to devote yourself to so much the twists and turns are omnipresent. Clearly too much, by the way. On one side sewn with white thread and on the other side not at all. The pure ambiguity that will put you in a position that is just as pure.
Only one thing remains constant, the relationship to Baudelaire’s « Fleurs du mal ».

It was difficult to give my feelings about this reading because I found it both brilliant and strange.
There’s that something drafty that makes you bounce like a flea on a dog’s back. This something fascinating, but at the same time an abracadabran aftertaste that doesn’t let you believe this story at all. Fiction becomes reality or fiction mixes with reality…you won’t know very well anymore.

It took me a few days to write this column to let it settle. Sometimes it’s necessary to tame all that you have left of a story, but in the end… I didn’t find the answer.

It’s to be discovered but its first one, « La fille d’avant » clearly remains much better !

Curious to know what you will think about it 🤔

 

2 commentaires sur « Mensonge – JP Delaney – Believe me »

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