Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck

Extrait:

 » Non, mais voilà, tu es là, mec ! T’es pas mon pote mais t’es quand même là et tu t’es arrêté pour me sauver la vie, mec ! Ça commence bien, comme reportage, nom d’une pipe en bois ! Je vois déjà les mots qui s’écrivent tout seul, la vache, j’ai jamais aussi bien senti le truc. La poussière, la bécane, le cuir et la sueur, le chevalier des temps modernes qui traverse le pays sans jamais s’arrêter, tu vois ? Où va-t-on à bécane quand on a déjà franchi toutes les nouvelles frontières ? Mais dans le ciel, mec ! Les Spitfires ! Bordel à queue, le nom de ton club, vous êtes des génies, mec, des cracheurs de feu, des dragons de métal qui brûlez les ruines de notre sinistrose et roulez plein gaz sur les cendres du passé ! Des Attila en cuir, là où roulent vos bécanes, l’herbe ne repousse pas. Des motos avec des ailes ! Des Gary Cooper en blouson noir, mec, un genre de mise en abîme sur la putain de traversée du désert de la civilisation tout entière, avec la soif et la colère, le retour aux sources, l’homme et sa machine, la domination de la matière, tu vois ? Mec, vous êtes des alchimistes ! Vous transformez l’acier en gouttes de vie ! Le motard sauvage comme figure de la résistance, avec le guidon pour glaive et le chrome comme armure, tu vois ? Un truc pour faire remuer tout ce foutu silence, pour faire pisser les vieilles salopes de peur dans leur petite culotte, que ça pétarade un peu dans les chaumières, tu vois ? »

4ème de couverture :

«Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.» Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher. Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Loevenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road-movie fraternel et exalté.

Ce que j’en pense…

Une chronique spéciale pour un livre qui l’est tout autant. Les émotions sont telles qu’il n’y a qu’à Hugo, dit Bohem que je puisse m’adresser au travers de cette lettre…
Toi ? Tu feras le voyeur 😜

Mon cher Bohem,

Ca fait des lustres que ton récit est dans ma liseuse. Qu’il m’attend, que je le vois, que je me dis pas maintenant. Ca fait des années que j’aurai dû te lire. C’est clairement à se tirer des claques et je te jure que t’as pas besoin de venir jusqu’ici. C’est déjà fait. Il y a peut-être des moments plus propices que d’autres pour être en mesure de prendre ton histoire à sa juste valeur. Faut être prêt. Ca n’excuse pas tout, je sais.  Alors, avant que je dise quoi que ce soit de plus, pardonne-moi, Bohem pour ce retard.

Ton histoire, je l’ai vécue d’une manière toute particulière. On me l’a lue. Ca fait pas mal de temps que j’écoute des livres audio (Y a tellement de livres que je n’arrive pas à suivre, mais tu connais ça, toi qui aimes lire). Et puis c’est sympa quand tu roules ou quand tu fais des trucs qui te demandent pas trop de réflexion. C’est pas toujours simple, c’est pas toujours bon. Ca dépend de la complexité du livre, du narrateur et plein d’autres paramètres, mais moi, j’aime bien.

Et là, mais alors là…comment te dire ? Ce fut unique, magique, fabuleux de pénétrer dans ton récit si puissant en ayant tous les autres sens libres. En pouvant fermer les yeux, en pouvant m’imprégner totalement.
Le retrouver dans ma voiture (mais là j’ouvrais les yeux promis, juré 😜) et avoir l’impression de rouler avec toi, avec vous. C’est un peu con, j’étais pas à moto. Je sais, t’aime pas les voitures, c’est pas pareil mais je te jure, j’ai vécu aux States et j’avais ces images de routes, de décor et j’ai presque eu la sensation d’être aussi libre que vous et putain c’est pas rien !

J’ai vibré avec toi, Bohem. J’ai respiré avec toi. Souffert aussi. J’ai ri avec vous les Spit. T’as quand même fait pas mal de conneries et j’ai franchement eu peur…Mais t’es resté toi-même de bout en bout et ça c’est exceptionnel.
J’ai craché sur les gens avec toi, ouais sur tous ces gens qui ne savent pas ce qu’est la loyauté, l’amitié et le respect. Je les ai haïs avec toi. Mais j’ai aussi rêvé…surtout rêvé avec toi, avec vous. Je me suis aussi posé des milliers de questions. Sur la vie, sur la justice, sur les gens, sur les relations, sur tout…Et c’était pas toujours facile…

Y a qu’une chose que j’ai faite sans toi, c’est chialer mais putain chialer comme je n’avais jamais chialé devant un bouquin. Je me suis retrouvée, avec ces derniers mots, hoquetante sur le bas-côté de la route. Un flot d’émotions comme un raz de marée. A un point, t’imagines même pas. Colère, rage, désespoir mais aussi quelque chose de fort, de beau qui m’a touchée en plein cœur et m’a tout simplement rendue heureuse.
T’es un sacré mec Bohem, un de ceux qu’on n’oublie jamais et tu auras toujours une place dans mon coeur. Vrai de vrai.

Ah, j’allais oublier: Y a un truc qu’il faut que tu dises pour moi à Henri, c’est que ton livre, il a drôlement bien fait de le faire éditer. Parce que ton récit, il n’avait rien à foutre au fond d’une armoire. Tout ce que tu racontes là, tout le monde doit l’entendre, le lire, le voir, le vivre à un moment ou à un autre.

Merci, Bohem d’avoir partagé avec moi ta vie, ton histoire. Tu va mes manquer, t’imagines même pas…Sur l’écran les larmes qui imbibent le papier, ça se voit pas… mais purée voilà qu’en t’écrivant cette lettre je me re refous à chialer…

T’es trop fort Bohem 💖
T’es trop fort Henri 💖

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Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck – Editions Flammarion 2015 / J’ai lu 2017 – 384 pages 

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3 commentaires sur « Nous rêvions juste de liberté – Henri Loevenbruck »

  1. Ho putain, tu m’a fait chialer avec ta chronique ! et comme toi j’avais le livre dans ma pal l’année dernière et même combat j’ai dit ho on verra plus tard et puis Paul l’a lu et complètement dévoré, il m’a dit laisse tomber ce que t’es en train de faire et lis ça, c’est urgent….En effet il y avait urgence….Il y a des personnages que tu n’oublieras jamais et Bohem en fait partie. De toute manière je surkiffe Loevenbruck, mon auteur chouchou…Merci ma « Valoche » pour cette excellente chronique. Je t’embrasse bien fort.

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