Interview miroir – Claire Favan versus Jacques Saussey

Deux auteurs: l’un parle de l’autre, l’autre parle de l’un avec comme consigne de se lĂącher, de rester cool et de ne pas manquer d’humour 🙂

Claire Favan et Jacques Saussey se sont gentiment prĂȘtĂ©s au jeu et je les en remercie du fond du cƓur.
Tu ne les connais pas encore ? Voilà quelques chroniques pour te convaincre 🙂

Claire:
Le tueur de l’ombre
Le tueur intime
Serre-moi fort
Dompteur d’anges
Inexorable

Jacques:
Le loup peint
Enfermé.e

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  Claire Favan   Claire versus Jacques  Jacques

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Quand as-tu rencontré Jacques pour la premiÚre fois ?

La rencontre cruciale pour moi, c’est un mail qu’il m’a envoyĂ©. Il se prĂ©sentait comme un concurrent malheureux du prix VSD, comme un comparse des transports en commun et comme membre d’un forum d’auteurs en devenir et me demandait si je voulais bien les rejoindre. Par cet intermĂ©diaire, nous avons programmĂ© une rencontre en librairie Ă  Sens. AprĂšs cette soirĂ©e chez Calligrammes, nous avons dĂźnĂ©, papotĂ© et notre amitiĂ© Ă©tait nĂ©e.

Quelle premiùre impression t’a-t-il faite ?

Jacques est une personne gĂ©nĂ©reuse. Il a Ă©tĂ© publiĂ© quelques mois aprĂšs moi et il Ă©tait plus libre de son emploi du temps, puisque mon fils Ă©tait encore petit Ă  cette Ă©poque. DĂšs qu’il avait une bonne adresse pour une dĂ©dicace, pour une rencontre, il la communiquait au groupe. Sans lui, j’aurais eu un dĂ©marrage beaucoup plus compliquĂ©.

Qu’est-ce que tu admires le plus chez Jacques ?

Il ne doute jamais. Ou du moins, pas devant moi. Il sait d’oĂč il est parti et oĂč il veut arriver et il trace sa route avec l’assurance d’un brise-glace.

Qu’est-ce que tu dĂ©testes le plus chez lui ?

Qu’il se drogue pour Ă©crire autant de livres ! Parce qu’humainement, c’est impossible sinon ! Hein, Jacques : la drogue, c’est le mal !

Sa plus grande qualité ?

Il ne se prend pas au sĂ©rieux. Pour moi, c’est la rĂšgle numĂ©ro 1. J’aime rire avec les gens, j’aime l’autodĂ©rision.

Son plus grand défaut ?

Il ne doute jamais. Ça m’énerve les gens comme ça ! 😉 A cĂŽtĂ© d’eux, je me sens comme une petite chose pas Ă  la hauteur.

Quel est ton livre préféré de Jacques ?

Ne prononcez jamais leur nom. C’est son livre qui correspond le plus Ă  mon univers. Il traite aussi d’un sujet qui nous a tous frappĂ©s de plein fouet : les attentats. C’est un livre dur et Ăąpre, profondĂ©ment humain, rĂ©aliste et triste.

Si tu pouvais lui piquer un de ses personnages, ce serait lequel ?

Martin et Milan, mĂȘme si je ne saurais pas quoi faire d’eux, tellement leur crĂ©ateur a fait d’eux des merveilles. Jacques a su crĂ©er un tandem dĂ©lirant, totalement hors de propos (genre un lait fraise) et pourtant extrĂȘmement fragile (la scĂšne avec la propriĂ©taire d’une discothĂšque dans le loup peint) et douĂ© pour faire avancer une enquĂȘte (7/13).

Serais-tu capable d’écrire Ă  quatre mains avec Jacques ?

On en a trĂšs souvent parlĂ©, voire mĂȘme un peu plus puisqu’on a mĂȘme Ă©tĂ© jusqu’à rĂ©diger un plan pour un livre. A chaque fois que l’un pourrait ĂȘtre disponible, l’autre est en train d’écrire ou de corriger. Et puis, il n’a pas voulu me donner les coordonnĂ©es de son dealer alors, j’ai du mal Ă  suivre son rythme !😉

Carte blanche pour la derniùre question


Jacques est une de mes plus belles rencontres depuis mon arrivĂ©e dans le milieu du polar. J’espĂšre que notre complicitĂ© durera encore longtemps !

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Jacques    Jacques versus Claire   Claire Favan

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Quand as-tu rencontrĂ© Claire pour la premiĂšre fois ?

En 2009, alors que j’allais ĂȘtre publiĂ© pour la premiĂšre fois en septembre de l’annĂ©e suivante (avec mon deuxiĂšme roman « De sinistre mĂ©moire », aux Nouveaux Auteurs), mon Ă©diteur de l’époque m’a appris que j’étais finaliste du prix polar VSD. Je ne connaissais personne dans le milieu de l’écriture, et j’ai donc fait une recherche sur Internet sur ce prix dont je n’avais jamais entendu parler. Je suis tombĂ© sur un blog tenu par un certain François-Xavier Cerniac — FXC pour les intimes — oĂč quelques autres auteurs, manifestement dĂ©butants comme moi, se posaient la mĂȘme question. De fil en aiguille, du partage de nos premiers espoirs et confidences Ă©lectroniques, le groupe s’est cristallisĂ© autour de FX — pour les plus intimes encore — et de son blog. Afin que les Ă©changes soient plus libres et que tout le monde puisse poster sur le sujet qu’il voulait, j’ai crĂ©Ă© en 2010 le forum des Plumes Noires. Lorsque Claire a gagnĂ© le fameux prix en question avec « Le tueur intime », je lui ai Ă©crit sur sa page Facebook et l’ai invitĂ©e Ă  nous y rejoindre.

Quelle premiùre impression t’a-t-elle faite ?

Elle nous a tout de suite sĂ©duits avec sa passion pour l’écriture, sa surprise d’avoir Ă©tĂ© Ă©lue par le jury et la convivialitĂ© et l’humour qu’elle a immĂ©diatement insufflĂ©s au groupe. Quand je l’ai rencontrĂ©e pour la premiĂšre fois en chair et en os, Ă  la librairie Calligrammes de Sens, dans l’Yonne (la rĂ©gion oĂč je vis actuellement et oĂč il se trouve que Claire a Ă©galement vĂ©cu un moment), nous avions tous les deux Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  prĂ©senter notre premier roman Ă  quelques lecteurs-trices amateurs de polars qui nous avaient dĂ©couverts peu de temps auparavant. Tiens tiens
 de nouveaux auteurs ? Et du coin, en plus ? Voyons donc qui sont ces deux loustics et ce qu’ils ont Ă  nous dire
 Et la complicitĂ© est arrivĂ©e, lĂ , tout de suite, alors que pour notre premiĂšre photo commune pour la presse, nous avons Ă©changĂ© un regard plein d’espoirs et de plaisir mĂ©langĂ©s.

Qu’est-ce que tu admires le plus chez Claire ?

Du cĂŽtĂ© de l’écriture, Claire possĂšde la qualitĂ© rare de pouvoir embarquer ses lecteurs jusqu’à leur faire oublier leur station de mĂ©tro. J’en tĂ©moigne en connaissance de cause. C’est un vrai rĂ©gal, Ă  chaque fois, de se plonger dans son dernier roman. J’ai le trĂšs grand honneur de pouvoir lire chacun d’entre eux bien avant sa sortie et d’ĂȘtre scotchĂ© par ce nouvel univers (c’est toujours un one-shot, sauf pour « Le tueur intime » et « Le tueur de l’ombre ») oĂč elle parvient Ă  nous agripper en quelques traits de pinceau. Claire pĂšse trĂšs longtemps son intrigue avant de la dĂ©marrer, elle calcule chaque virage, chaque chausse-trappe, mesure chaque coup de thĂ©Ăątre au cordeau. C’est une construction de longue haleine oĂč elle ne laisse rien au hasard. Du grand art, en somme


Du cĂŽtĂ© humain, Claire est une sƓur pour moi. Elle est l’une des quatre seules personnes qui lisent mon manuscrit avant que je le propose Ă  mon Ă©diteur. Nous avons Ă©tabli sur ce point une confiance mutuelle qui nous permet d’échanger sur tous les aspects de l’écriture de notre dernier bĂ©bĂ©. C’est un prĂ©cieux cadeau qu’elle me fait Ă  chaque fois en me donnant son avis sincĂšre sur mon livre. Elle est joyeuse, conviviale et attentionnĂ©e, par exemple toujours prĂȘte Ă  aider un nouvel auteur dĂ©butant parce qu’elle n’a pas oubliĂ© d’oĂč nous venons, nous aussi.

Qu’est-ce que tu dĂ©testes le plus chez elle ?

Claire a la mauvaise habitude de douter trĂšs fort d’elle-mĂȘme avant chaque parution. MĂȘme quand je sais que son roman va cartonner parce qu’il va toucher une fois de plus ses lecteurs au cƓur, elle se ronge les sangs. Entre nous, c’est en soi plutĂŽt une qualitĂ©, Ă  mon avis. Cela Ă©vite Ă  n’importe quel Ă©crivain de se prendre le melon aprĂšs un joli succĂšs. Le doute est une partie de l’accomplissement. Sans lui, il n’y a pas de vrai dĂ©fi. Mais il s’immisce trĂšs fort dans l’esprit de Claire et il faut jouer des forceps pour qu’elle ne se laisse pas emporter par la vague. Fort heureusement, cette pĂ©riode ne dure pas, car les amis sont lĂ  et, invariablement, le retour des premiers lecteurs lui redonne le pep et la relance comme en 14, la fleur au clavier.

Sa plus grande qualité ?

Elle a un cƓur grand comme ça ! Rien ne peut lui ĂŽter sa joie de vivre. Son rire indescriptible, immortalisĂ© face camĂ©ra par Nicolas Lebel lors d’une interview commune avec Olivier Norek menĂ©e par GeneviĂšve Van Landuyt, Ă  Saint-Maur en Poche 2018, est une constante de tous les salons du polar qui ont le bonheur de l’inviter.

Son plus grand dĂ©faut ?

Elle a un talent absolument insupportable.

Quel est ton livre prĂ©fĂ©rĂ© de Claire ?

Je les ai tous aimĂ©s, mais « Le tueur de l’ombre » est sans doute celui qui m’a le plus marquĂ©. Claire utilise dans cette histoire une subtilitĂ© qui n’appartient qu’aux Ă©crivains exceptionnels : celle de prendre le lecteur par le bout du nez et de lui susurrer dans l’oreille : « maintenant, c’est moi qui t’emmĂšne oĂč je veux ». Sans dĂ©florer cette intrigue, lorsque j’ai refermĂ© ce roman vraiment gĂ©nial, j’ai compris tout le travail, toute la construction qu’il lui avait fallu mettre en place pour que le lecteur tombe Ă  pieds joints dans le panneau. C’était un vĂ©ritable tour de force, d’autant plus que le piĂšge, malicieux et perfide, ne se voit absolument pas alors qu’on marche dessus depuis le dĂ©but du livre. Une performance et une intelligence d’écriture dont je parle souvent quand on me demande quels sont les romans qui m’ont laissĂ© les meilleurs souvenirs.

Si tu pouvais lui piquer un de ses personnages, ce serait lequel ?

Ils n’appartiennent qu’à elle. Cela dit, Will Edwards, sombre et torturĂ© comme je les aime, est certainement celui que je choisirais


Serais-tu capable d’écrire Ă  quatre mains avec Claire ?

J’en ai Ă©voquĂ© l’idĂ©e avec elle, il y a plusieurs annĂ©es, mais Claire et moi fonctionnons diffĂ©remment, voire Ă  l’opposĂ©. Pour elle, un plan construit Ă  l’avance dans les moindres dĂ©tails et pour moi, qui suis incapable de m’astreindre Ă  une telle contrainte, du surf complet du dĂ©but Ă  la fin de l’histoire, quitte Ă  pas mal de rĂ©Ă©criture au fil du temps. De toute Ă©vidence, il y aurait des problĂšmes de carburation en cours de route


Carte blanche pour la derniùre question


Eh bien
 un seul conseil : lisez Claire Favan ! Vous comprendrez pourquoi elle fait partie depuis bientît 10 ans de mes auteurs favoris !

 

 

7 commentaires sur « Interview miroir – Claire Favan versus Jacques Saussey »

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