Surface – Olivier Norek

Extrait:

Elle se redressa dans son lit, posa doucement ses pieds nus sur le lino propre et se leva. Le mètre qui la séparait du miroir accroché au mur sembla s’étendre à l’infini à mesure qu’elle s’en approchait. Lorsqu’elle se fit enfin face, elle ne reconnut rien. Personne. Cet affreux œil de sang qu’elle avait vu si souvent sur les femmes battues, surplombant le plâtre que l’on trouve d’habitude sur le nez des boxeurs terrassés par leur adversaire, la mâchoire enflée par les trois plaques et les douze vis qui les faisaient tenir, la cicatrice en demi-cercle de sa joue comme bouffée par un chien enragé et la myriade de quinze impacts perforant toute la partie droite de son visage devenu papier à musique des vieilles orgues, tout cela aurait été insupportable s’il s’était agi du reflet de Noémie. Mais ce n’était pas elle.
Elle cligna de l’œil, une fois.
De l’autre côté du miroir, l’étrangère cligna aussi.
Elle s’était préparée à voir son visage, même accidenté, mais ce n’était plus son visage. Elle ne s’identifia pas à l’écorchée d’anatomie qui la fixait.
« C’est mon moi mort que je regarde. »

4ème de couverture:

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Ce que j’en pense…

Qu’est ce que je l’aime Olivier dans le registre humain, émotionnel, psychologique. Qu’est-ce qu’il excelle à nous parler des gens, de leur vie, de leur détresse, de leur maux avec ses mots.

Voilà qu’il nous la joue, cette fois-ci,  sur la différence, le regard des autres, le jugement et c’est pas rien.

Noémie est mise au placard après son accident et se fait muter à Decazville pour jauger s’il est nécessaire de garder ou non ce commissariat de « campagne ». Un endroit où il ne se passe jamais rien…en théorie…
Noémie s’apprête, d’ailleurs, à partir avec son rapport négatif quand un corps est découvert par un pêcheur dans un fût flottant. Noémie se retrouve, par la force des choses, à la tête de cette affaire. Son chef de Paris n’attend que sa plantée pour lui donner une bonne raison de la virer définitivement de… sa vue.

Une enquête avec son côté rural bien typique et surtout bien loin du 93. Une intrigue au cœur d’Avalone, un village qui 25 ans plus tôt, a été complètement déplacé pour créer un barrage. Reconstruit en copie conforme juste à côté, le premier s’est vu tout simplement englouti par les eaux, ses secrets avec.

La trame est bien trouvée, mais…
Parce que oui il y a, pour moi, un « mais »…

Avec un début aussi fort, aussi fracassant, percutant, je m’attendais à quelque chose qui continue dans cette lignée. J’ai été déçue de perdre cette fureur.
Je me suis retrouvée comme devant mon four à regarder un soufflé retomber une fois la porte ouverte.

L’intrigue est, certes, originale, mais je me suis perdue dans les longueurs.
De plus, les nombreux clichés m’ont, littéralement, empêchés d’adhérer totalement à l’histoire. Je ne peux, malheureusement, pas t’expliquer en détail pourquoi, au risque de te spoiler.
Un côté too much ainsi qu’un final cousu de fil blanc ont achevé pour moi cette lecture.
C’est fort dommage…Ca aurait pourtant pu…

Cela reste, bien entendu, mon avis perso et le tien sera toujours le meilleur 🙂

Quoi qu’il en soit c’est à lire, ce que tu feras de toute façon, j’en suis sûre, et je serai bien curieuse d’avoir ton ressenti… Je suis peut-être passé à côté…Va savoir !

 

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Surface – Olivier Norek – Editions Michel Lafon – 419 pages – 2019

Autres chroniques du même auteur:
Code 93
Surtensions
Entre deux mondes
Entre deux mondespar Elisa

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8 commentaires sur « Surface – Olivier Norek »

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