Simili love – Antoine Jaquier

Extrait:

« Octobre 2039 Foogle a annoncé qu’il s’apprêtait à donner accès au dossier numérique de chaque être humain, pour cent dollars. Pas un organe législatif n’avait pu s’y opposer. Ce qui, jusque-là, était même inaccessible à la NSA, allait être proposé à la vente. Foogle parlait de leaker nos vies de textos, d’emails et les historiques de nos navigateurs. Sans parler de milliards d’infos colletés par Big data au sujet de nos déplacements et de nos habitudes.
Jusqu’à la dernière seconde, on n’y avait pas cru. Nous étions habitués depuis les années 2000 à voir les murs de nos foyers devenir poreux. Nous savions que les informations entraient et sortaient sans notre consentement. L’agréable sentiment de sécurité que nous procurait le fait de verrouiller la porte à double tour, au xxe siècle, était déjà un souvenir flouté. L’accès au monde par wifi était addictif et nous nous étions soumis à la réciprocité faute de moyens. »

4ème de couverture:

En 2040 Foogle rend public l’accès au dossier numérique de tous, jusque dans les moindres détails. La notion de vie privée disparaît, c’est la Grande Lumière. Privés d’intimité, les gens s’isolent.
Bientôt Foogle met sur le marché les premiers androïdes qui feront office de partenaires et de facilitateurs de vie – des smartphones améliorés, à forme humaine.
Les géants du numérique, de la finance, de la pharmaceutique et de l’agroalimentaire fusionnent pour ne former qu’un conglomérat, DEUS, rendant obsolètes les gouvernements. Le réchauffement climatique provoque des mouvements de populations inédits. Pour les plus riches, la santé parfaite devient une fin en soi. Les divertissements sont omniprésents. L’humanité est divisée en trois castes: les Elites, 5% de la population, les Désignés, 25%, et les inutiles, 70%.
En 2050, le narrateur, un désigné, écrivain quinquagénaire né dans les années 1990, après des années de dépression et de solitude, tombe fou amoureux de son androïde.
Ce roman n’est donc pas de la science-fiction. Il parle simplement d’aujourd’hui, et de demain. L’auteur laisse éclore et s’ouvrir les bourgeons des promesses du moment. Ce roman n’est hélas qu’un pas en avant: il parle de notre présent.

Ce que j’en pense…

Antoine Jaquier, tu connais ? Non ? Tu rates vraiment quelque chose !
Perso, je suis total in love et pas simili love de sa plume. 🙂
Je me suis donc, bien évidemment, jetée sur ce petit dernier sans même savoir ce qu’il en était…

La décision de Foogle de rendre publiques les données de chacun, provoque une vague dévastatrice. Les états ne sont plus et tout part en cacahuète. L’ humanité s’effondre. Elle se retrouve, alors, gérée, classée en trois catégories: les élites, les désignés et les inutiles. Pas besoin de te préciser que les inutiles n’auront pas grand-chose à dire. Le fric, le pouvoir d’achat fera la différence.
Ce Nouveau Monde est si proche de la réalité que tu le toucheras du doigt.

J’ai eu cette impression de plonger dans quelque chose de la même lignée que « The handmaid’s tale » avec un petit goût de « Blade Runner » et « Black mirror ». Je jubilais.
Et puis cet ultra-réalisme m’a percutée de plein fouet et là, j’avoue, c’était moins drôle…

La boule au ventre, la larme à l’œil, j’ai dû faire face à ma plus grande peur: notre futur ainsi qu’à ma plus grande haine: la bêtise humaine.
Ce récit m’a bouleversée au point qu’il m’est difficile de t’en parler.

On le sait tous que nous allons droit dans le mur. On le sait tous, et pourtant la plupart d’entre nous continuent à suivre le troupeau…bêtement (non ce n’est pas le mot, j’ai toujours trouvé qu’il était insultant pour ces, soit-disant, bêtes).

Antoine nous dépeint ce monde nouveau avec brio. Il joue avec l’anticipation de main de maître. Pas juste comme ça à la légère, mais avec une gigantesque réflexion. Avec une observation sans faille de notre monde actuel pour en déduire un futur.
Un monde où l’amour et la confiance ne sont plus. Un monde détruit par nos affres sur les réseaux sociaux. Un monde sans vie privée. Un monde où l’androïde se commande sur mesure pour remplacer ses amours perdus. Un monde où il n’est plus question d’amour mais de simili-amour… Magnifique, non ?
Pour ma part, j’ai très hâte d’y être….Et toi ?

My god ! Quel livre, quel récit engagé, criant de vérité et porteur d’un message.
Antoine Jaquier nous offre, cependant, au travers de ce récit, une belle histoire touchante et surtout, peut-être, une SOLUTION…

J’aurais pu choisir des centaines d’extraits, je pourrai dire des milliers de choses sur tout ce qui ressort de cette lecture mais je suis sans voix, le caquet bouclé…

Je n’ajouterai qu’un seul mot puisque quoi je dise sur les qualités de ce récit, ce ne sera jamais assez et plutôt que de te faire perdre ton temps à lire ma pseudo analyse, mon avis, mes blabla, je te laisse tes précieuses minutes pour tout simplement le lire parce que, oui, c’est:

 

EXCEPTIONNEL ET PERCUTANT

 

« Je n’ai pas changé le monde mais j’ai changé le mien et à ce moment-là, j’ai l’impression que ça compte. »

Parution le 21 mars 2019

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Simili love – Antoine Jaquier – Editions Au Diable Vauvert – 236 pages – 2019

Autres chroniques du même auteur:
Avec les chiens
Légère et court-vêtue

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5 commentaires sur « Simili love – Antoine Jaquier »

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