Octobre – Soren Sveistrup – The chestnut man

English version of what I think of it below

Extrait:

« Terrorisée la fillette reste prostrée, comme si elle ne l’entendait pas. Marius discerne à présent les détails du local dans lequel il se trouve et comprend lentement à quoi il a servi. Il a un haut-le-coeur. A travers une porte menant à une deuxième pièce, il voit des étagères fixées de guingois sur le mur. Il quitte un instant la petite fille pour aller voir de plus près. Il ne saurait pas dire combien il y a de petits bonhommes et de petites bonnes femmes en marrons, posés sur ces étagères. Il y a des animaux, aussi. Des grands et des petits, enfantins et effrayants, certains achevés, d’autres difformes. Marius est fasciné par leur nombre et leurs différences. Ces figurines l’emplissent d’un profond malaise et, tandis qu’il les contemple, le garçon entre derrière lui.
Pendant un quart de seconde, Marius songe qu’il faudrait demander aux experts de la scientifique de vérifier si la porte de la cave a été forcée de l’intérieur ou de l’extérieur. Pendant un autre quart de seconde, il se dit qu’une chose monstrueuse a pu s’échapper de cette cave, comme les bêtes se sont échappées de leur enclos, mais quand il se retourne et se trouve nez à nez avec le garçon, ses pensées s’envolent comme des petits nuages affolés dans le ciel. La hache s’abat violemment sur sa mâchoire et tout s’obscurcit. »

4ème de couverture:

 »Le premier thriller du créateur de la série culte. » The Killing

Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes. Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.

Thulin et Hess explorent toutes les pistes qui leur révèleraient un lien entre la disparition de la fille de la ministre et la victime à la main coupée. Lorsqu’une autre femme est tuée, selon le même mode opératoire, ils comprennent que le cauchemar ne fait que commencer…

Ce que j’en pense…

En fan ultime de la série « The Killing  » dont Soren Sveistrup a fait le scénario original, il était impossible pour moi de ne pas découvrir son premier livre et la vache, quel roman !

Une entrée en matière percutante sur une scène de crime macabre des années 80.
La mère, ses deux enfants, ainsi qu’un policier ont été sauvagement assassinés. Les seuls survivants sont deux autres enfants: une fille et un garçon, jumeaux qui étaient placés, là, en famille d’accueil.
Un élément perturbant…des étagères remplies de petits bonhommes en marrons.

On revient à l’actualité: La fille de la ministre des Affaires sociales, Rosa Hartung, a disparu. Son kidnappeur a été arrêté et il a avoué l’avoir tuée. Son corps, après 3 ans, n’a jamais été retrouvé.
Et puis, il y a cette femme, Laura Kjaer, découverte morte dans son jardin. Torturée, sa main a été amputée. A ses côtés, un bonhomme en marrons…

Hess, un agent de liaison d’Europol à la Haye, démis de ses fonctions, fait équipe avec Naia Thulin, sous la houlette du commissaire Nylander pour tenter d’élucider cette sombre affaire.
Bon flic déchu, flics frustrés…Tout y est ! Le panel des personnages est riche à souhait.

Les Nordiques ont cette incroyable capacité à torcher des trames de ouf et celle-là est franchement dans la lignée des plus redoutables.
Des chapitres ultras courts. Une entrée en matière qui te met tout de suite dans l’ambiance et t’annonce la couleur qui s’avère être aussi éclatante que les couleurs de l’automne. Rythmé, prenant, tu n’en feras qu’une bouchée.

Comme dans « the Killing » ou même « Millénium », le lien avec la politique amène clairement ce plus incomparable. Il donne cette dimension supplémentaire et amène toute une réflexion sur un système, sur une société sans vraiment sortir du cadre de l’enquête. On aborde la problématique avec un œil qui se veut plus aiguisé et dans ce cas, la mise en lumière des services sociaux n’est pas très glorieuse.

Les codes du thriller sont parfaitement maîtrisés pour en faire un incroyable page-turner que j’ai dévoré en un week-end. C’est pas peu dire pour un pavé de 633 pages.
Bien torché, bien foutu, tout tient la route, tout s’imbrique à la perfection sans aucun temps mort.
Sveistrup nous emporte au coeur d’une enquête aux ramifications complexes avec un retour sur une affaire classée… bâclée ? que personne n’a envie de revoir sur le devant de la scène.

Une succession d’événements, de faits, de révélations qui vont parfois contre le bon sens, qui n’ont, a priori, aucune logique et qui feront mouliner tes neurones. Il te sera difficile de tenter de comprendre qui ? Pourquoi ? Comment ?
Tu croiras certainement, comme moi, que c’est un poil prévisible, mais je te dis d’avance…tu vas te fourrer le doigt dans l’œil. 😜

Un dénouement qui a ce quelque chose de bouleversant, de touchant où la compassion vient s’entortiller à ton ressenti comme un lierre autour d’un arbre…un marronnier, peut-être ?

Bref, un premier roman brillamment réussi qui démontre qu’il peut clairement jouer dans la cour des grands et pas seulement en tant que scénariste.
J’ai, d’ailleurs, cette sensation qu’une série pourrait pointer le bout de son nez et pour ma part, que ce soit une série ou un nouveau livre, je serai là, car Sveistrup, je suis fan et ce livre, j’ai surkiffé 😍

Peut-être que tout fini par se payer un jour, non ?

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Octobre – Soren Sveistrup – Editions Albin Michel – 633 pages – 2019

chestnut manNé en 1968, Søren Sveistrup est le créateur, scénariste et producteur de plusieurs séries, dont la série culte The Killing qui a notamment reçu le BAFTA 2011 de la meilleure série internationale et qui a réuni près de 600 000 téléspectateurs français lors de sa diffusion. Il a plus récemment écrit des scripts pour des longs métrages, par exemple pour l’adaptation de Le Bonhomme de neige de Jo Nesbø.

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What I think about « the chestnut man »…

As an ultimate fan of the series « The Killing », which Soren Sveistrup wrote the original script for, it was impossible for me not to discover his first book and holy cow ! what a novel !

A powerful introduction to a macabre crime scene from the 1980s.
The mother, her two children and a police officer were brutally murdered. The only survivors are two other children: a girl and a boy, twins who were placed in foster care there.
A disturbing element… shelves filled with little chestnut men.

Back to the news: The daughter of the Minister of Social Affairs, Rosa Hartung, has disappeared. Her kidnapper was arrested and he confessed to killing her. His body, after 3 years, was never found.
And there’s this woman, Laura Kjaer, who was found dead in her garden. Tortured, his hand was amputated. At his side, a chestnut man…

Hess, a Europol liaison officer in The Hague, dismissed, is teaming up with Naia Thulin, under the leadership of Commissioner Nylander, to try to solve this dark case.
Good fallen cop, frustrated cops… It’s all there! The panel of characters is very rich.

The Nordiques have this incredible ability to writ wefts and this one is frankly in the line of the most formidable.
Ultra-short chapters. An introduction that immediately puts you in the mood and tells you the colour that turns out to be as bright as the colours of autumn. Rhythmic, exciting, you’ll make it a mouthful.

As in « the Killing » or even « Millénnium », the link with politics clearly brings out the incomparable. It gives this additional dimension and leads to a whole reflection on a system, on a society without really going beyond the scope of the investigation. The problem is approached with an eye that is intended to be sharper and in this case, the focus on social services is not very glorious.

The thriller’s codes are perfectly mastered to make it an incredible page-turner that I devoured in one weekend. That’s a lot to say for a 633 pages book.

Well written, well done, everything holds its own, everything fits together perfectly without any downtime.

Sveistrup takes us to the heart of an investigation with complex ramifications, with a look back at a closed case… botched? that no one wants to see again in the spotlight.

A succession of events, facts, revelations that sometimes go against common sense, that have, it seems, no logic and that will make your neurons crush. It will be difficult for you to try to understand who? Why? How?

You will certainly believe, as I do, that it is a little predictable, but I tell you in advance… you will stick your finger in your eye. 😜

A final that has something overwhelming, touching, where compassion twists and turns to your feeling like a ivy around a tree…a chestnut tree, perhaps ?

In short, a brilliantly successful first novel that shows that he can clearly play in the big league and not only as a screenwriter.

I have, moreover, this feeling that a series could come and for my part, whether it is a series or a new book, I will be there, because Sveistrup, I am a fan and this book, I have adored 😍

Maybe everything ends up paying for itself one day, right?

 

7 commentaires sur « Octobre – Soren Sveistrup – The chestnut man »

    1. Franchement pas trouvé de longueurs.
      En ce qui concerne The Killing, tout à fait d’accord avec toi. D’ailleurs si tu regardes ma chronique j’ai largement préféré la version US (Pour une fois) La saison 1 est quasi identique mais le 2 et 3 sont nettement meilleures que l’original. Tu l’as vue ?

      J'aime

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