Syndrome de Stockholm – Philémon Le Bellégard

Extrait:

« J’ai peint comme un forcené; on me l’a dit…Enstenov me l’a dit…Il venait souvent me voir peindre. Il m’a raconté que je…je pensais à voix haute, et qu’alors même que j’entamais une toile, alors même que je commençais à étaler la matière sur la toile pour donner vie à mon idée, pour donner vie à une icône, à une vision, déjà je mûrissais mon prochain chef-d’oeuvre…Je n’en ai aucun souvenir…Hélas ou tant mieux…Tout est allé trop vite…Je n’ai pas pris le temps de m’arrêter, de regarder le chemin parcouru…de me retourner pour contempler les œuvres que j’ai produites. Quand…quand je me suis…quand mon rythme de production s’est ralenti, je me suis rendu compte que…c’est prétentieux ce que je vais dire, mais…que tout était parfaitement maîtrisé. Je n’ai rien retouché, rien ! Toutes mes œuvres…toutes mes toiles de ces dix dernières années passées, sont là, derrière ces portes. Toutes ! Toutes sont mon reflet…elles correspondent à ce que j’ai été à un instant… »

4ème de couverture:

De Stockholm à Los Angeles, Stendriëk Börgen, artiste suédois génial et mystérieux, entretient une relation occulte avec Enstenov Khalinek, puissant homme d’affaires aux méthodes discutables.
A l’apogée de sa carrière, Börgen dévoile son grand œuvre, un ensemble monumental de plus de 3 000 toiles occupant la gigantesque Gallery of the Immortality du Titanium Palace de Los Angeles.  Börgen et Khalinek jubilent, mais aussitôt surviennent de nombreuses questions : quels liens unissent vraiment les deux hommes ? Comment une telle entente, aussi inattendue que suspecte, est-elle possible ? Quelle est cette étrange matière dont les œuvres sont faites… ? Anna James, journaliste et critique d’art de haute renommée, se retrouve malgré elle au centre d’une histoire qui dépasse le monde de l’art. Elle va en effet découvrir que, derrière la création et le travail de Stendriëk Börgen, se cachent de sombres vérités…

Ce premier roman a obtenu le Prix du Meilleur Roman indépendant toutes catégories confondues et le Prix du Meilleur Thriller indépendant aux Indés Awards 2018.

Ce que j’en pense…

Il y a quelque chose que j’aime beaucoup faire: suivre les conseils d’auteurs dont j’adore les livres et je peux te dire que ça fonctionne méga archi bien !
Ben oui normal… si tu aimes ce qu’ils font, il est fort possible que tu aimes ce qu’ils estiment être, des livres excellents. Bref, tout ça pour dire que, cette fois-ci, j’ai suivi le conseil de Loana Hoarau, et j’ai rudement bien fait !

Eustenov Khalinek est à la tête d’un empire aux activités multiples et internationales. Amateur d’art, il a pris Stendrick Börgen, un artiste peintre suédois, sous son aile.
Philanthrope, il a consacré des milliards à l’édification du Titanium Palace, un complexe gigantesque dédié à l’art sous toutes ses formes.
Six mille personnes sont invitées à venir découvrir en primeur le labeur de ces 10 années. Plus de 3000 toiles exposées à leurs yeux, plus de 3000 toiles de celui dont le nom est, désormais, dans toutes les bouches.
Une exposition qui fera couler beaucoup d’encre et suscitera des questionnements inhabituels. Tu te doutes bien qu’un secret inavouable réside dans la technique peu commune de ce génie…

Le syndrome de Stockholm, j’imagine que tu connais mais, je te préviens, tu auras du mal à définir qui se situe où tant la psychologie de ce récit est tordue. Tu en arriveras certainement, comme moi, à la conclusion qu’ils dépendent tous des uns et des autres d’une manière ou d’une autre.

« Syndrome de Stockholm », c’est un plongeon dans l’art, la création sous sa forme la plus primitive. C’est original, audacieux, innovant. C’est une immersion totale dans la folie.
Tu ne distingueras plus vraiment ce qui est le plus fou ou qui est le plus taré.
Tes sens seront mis en exergue. Tu ressentiras, tu sentiras, tu verras et tu entendras …

Des faits qui se révèlent subtilement au travers d’interviews, de passage d’un livre écrit par une journaliste. Tout se tient, tout fait sens et c’est bien le pire.

Un récit qui soulève un questionnement vaste et complexe.
J’ai été profondément dérangée par cette histoire, par ce que je ressentais…
J’ai éprouvé de l’empathie et je ne savais plus très bien où me positionner. C’est clairement voulu et chapeau à l’auteur d’avoir su me manipuler de la sorte.
Parce que oui, j’ai été piégée et j’ai fini par éprouver moi-même le syndrome de Stockholm…
J’ai presque compris… et c’est mal…
Mais quoi qu’il en soit c’est brillant !

La créativité doit-elle être au-dessus de tout ?

Quelle est la valeur d’une vie ?

Sur quoi doit-on se baser pour juger ? De quel côté se mettre ?

Totalement bluffée par cette histoire, je ne peux que te recommander de la lire au plus vite !  Un premier bébé qui, je l’espère, sera l’aîné d’une longue fratrie.

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Syndrome de Stockholm – Philémon Le Bellégard – Editions Librinova – 240 pages – 2016 

 

5 commentaires sur « Syndrome de Stockholm – Philémon Le Bellégard »

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