La faim et la soif – Mickaël Koudero

Extrait:

« Sans se l’avouer, il cherchait un détail. Une raison capable de rentrer en résonance avec ce suicide.
Autre tiroir. Toujours des papiers. Ces témoignages d’une vie courte et fragile finirent dans un sac-poubelle.
Là, il se figea dans un froncement de sourcils.
Un paquet de feuilles froissées l’attendait.
Il hésita avant de saisir l’une d’entre elles. Il l’examina et vit une séquence de lettres bilieuses, déchaînées. Des lettres qui formaient le même mot, répété sur toute la page, recto et verso. Une deuxième feuille: pareil. Une autre encore ? Les pleins et déliés irréguliers revenaient sans cesse, dans tous les sens. Débordaient des marges, mordaient les lignes.
Une écriture, folle, fiévreuse, bien souvent illisible. Un cauchemar figé à l’encre noire, des milliers de fois: Nosferatu.
Raphaël laissa son regard errer à travers la pièce avant d’accrocher le mur du fond où une différence de couleur révélait l’emplacement des cadres.
Son organisme s’arrêta une microseconde.
Et son idée se précisa.
Ce mot était un cri de douleur, un désespoir hurlant.
La réponse à une hantise.
Quand se sens se remirent en branle, quelque chose avait changé. Chaleur âcre et tête bouillonnante.
Ces neuf lettres lui étaient familières. »

4ème de couverture:

Le mal ne connaît pas de frontières.

Roumanie, décembre 1989. Le peuple prend les armes, décidé à se soustraire de la dictature de Ceaușescu. Tandis que Bucarest se voile de rouge, la Securitate – sa garde rapprochée – abdique devant ce désir de liberté.
Paris, juin 2015. Dans un appartement aux allures de chapelle, une femme s’est tailladé les veines. Avant de commettre l’irréparable, elle a cherché à s’arracher les yeux. Plus étrange encore, elle a laissé un paquet de feuilles froissées sur lesquelles est griffonné le même nom : Nosferatu. Un mot roumain qui renvoie aux non-morts, aux vampires et au Diable.
Quelques mois plus tôt, c’est un jeune Roumain sans papiers qui a été découvert dans un parking en construction. Vidé de son sang. Les organes volés, son corps à moitié dévoré. Deux affaires en apparence distinctes. Et pourtant… Pour Raphaël Bertignac, ancien journaliste d’investigation, un lien existe.
Cannibale, Diable, organes… des mots aux sonorités animales qui poussent Raphaël à mener l’enquête à Paris, à Prague, et jusqu’au tréfonds de la Roumanie. Dans ces territoires interdits où plus rien ne répond à la raison. Il comprendra que sous les cendres de la révolution de 1989 et la chute de Ceaușescu est née une menace.
Intime. Cannibale. Sauvage. La faim et la soif.

Ce que j’en pense…

Mickaël Koudero, c’est une de ces belles rencontres. De ces auteurs qui marquent ton cœur et y laissent une trace indélébile. Que ce soit lui-même, par sa personne, ou par son énorme talent.
Son premier livre m’avait littéralement percutée. Tu peux, d’ailleurs, revoir ma chronique, par ici –> Des visages et des morts (qui avait été auto édité sous le nom: « Les enfants d’Erostrate »).

Ce fut alors le début de quelque chose de très spécial et je ne peux que, pour cette chronique, m’adresser à lui directement en te laissant voir par le trou de la serrure 😜

Cher Mickaël,

Ton deuxième livre je l’attendais au tournant. Comme aux 24 heures du Mans, il ne suffit pas de réussir à faire un tour de piste, mais de véritablement tenir les tours suivants. J’étais donc très impatiente de lire ce petit dernier et voir si tu étais capable d’endurance.
Tu m’as fait confiance et donné la chance de pouvoir lire « La faim et la soif » il y a plusieurs mois déjà et j’ai clairement compris, à ce moment-là, que tu étais non seulement capable de tenir les tours, de garder l’endurance, mais, aussi, que tu pouvais sortir grand vainqueur !

Pas facile de parler de la Faim et la soif tant c’est un livre complexe. Il m’a fallu, je te l’avoue, m’accrocher un peu comme dans tous les livres super bien torchés, d’ailleurs. J’ai presque dû prévoir un  peu de glace ou de neige à mes côtés pour éviter la surchauffe 😁

Ton Raphaël Bertignac, grand reporter qui travaille désormais pour une entreprise de nettoyage de scène de crime, je l’ai adoré de suite.
Un début qui m’a happée direct avec cette scène de crime d’une jeune femme qui s’est suicidée et où Raphaël fait une bien étrange découverte qui changera clairement le cours de sa vie et l’emportera dans les abysses du mal, mais ça il ne le sait pas encore…

Tu m’as emmenée de la France à la Roumanie en passant par Prague la magnifique, que j’adore et j’ai clairement apprécié le voyage. Tu m’as fait suivre Raphaël pas à pas dans son enquête. J’ai tenté avec lui de comprendre et j’ai, moi aussi, rencontré l’histoire d’un pays, la folie d’une nation.

Ton récit est riche et complexe. Il a fait mouliner mon cerveau et frissonner mon échine, dans le bon sens du terme. En lectrice exigeante, j’y ai trouvé la substance.
Tu m’as surprise avec cette histoire beaucoup plus axée sur les personnages, sur le héros en lui-même et j’ai trouvé ça bien.
Tu as su créer des personnages fabuleux, taillés sur mesure avec une précision d’horloger suisse. Profonds, riches, ils se sont imprimés sur ma rétine comme s’il étaient assis à mes côtés. Peu d’auteurs sont capables de créer des personnages avec autant de charisme, mais tu sais le faire.
Ton récit m’a emportée dans un émotionnel puissant et ravageur. Il est rondement mené et sans aucune anicroche.
Tu m’as encore une fois épatée avec ce très gros travail de documentation. Tout sonne tellement juste. Tu as réussi à incorporer toute la notion historique réelle avec une grande habileté. Le lien à la Securitate est, d’ailleurs, saisissant.
Je n’ai plus très bien su si j’étais dans la fiction ou dans la réalité et ça a été forcément très flippant. Et puis, j’ai appris, découvert et ça, c’est clairement un plus.
Ton excellente plume doublée d’un style vif et percutant m’a emportée dès la première page. Sans temps mort, sans répit à 200 kilomètres/heure.
Les images, les odeurs sont venues titiller mes yeux et mes narines tant elles étaient puissantes et réalistes. J’ai adoré cette ambiance noire de noire presque étouffante, mais plus encore cette fin comme je les adore. Juste parfaite.

Je sais, parce que tu es humble, que tu ne me crois qu’à demi-mot quand je te dis être le digne successeur de Grangé, mais tu m’as prouvé avec ce deuxième livre que c’était vrai et juste. Je sais que tu iras très loin.

Ton œuvre est, pour moi, EXCELLENTISSIME et j’espère de tout mon cœur que les autres lecteurs le verront sous ce même œil.

Merci pour ta confiance, Mickaël. Merci pour tout et bon vent à « La faim et la soif » 💓

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La faim et la soif, sort demain, 7 février 2019. Enfile ta doudoune, enfourche ta fraiseuse si tu te trouves dans des mètres de neige ou alors chausse tes skis, mais quelle que soit la manière, fonce chez ton libraire pour te le procurer illico ! Ouais c’est presque un ordre 😁 mais c’est satisfait ou remboursé et je sais que je ne prends aucun risque parce  je sais que j’ai raison (comme toujours 😜)
T’es pas encore convaincu ? Alors, lis et tu verras !

La faim et la soif – Mickaël Koudero – Editions Hugo Thriller – 540 pages –  2019

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9 commentaires sur « La faim et la soif – Mickaël Koudero »

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