Est-ce ainsi que les hommes jugent ? -Mathieu Menegaux

Extrait:

« Une vie normale » ? Sophie se retient d’exploser. Une vie « normale », avec deux flics armés dans la chambre de ses enfants, une maison retournée de fond en comble et le voisinage en émoi – un assassin dans le quartier, grands dieux, commérages et médisances vont aller bon train. Une vie « normale », avec son mari menotté, interrogé, cuisiné, molesté sûrement fouillé, mis à nu, placé en cellule avec des ivrognes, des proxénètes et des petites frappes ? Une vie « normale », mais je vais la gifler cette écervelée, comme ça on pourra m’enfermer, moi aussi, tant qu’à foutre notre vie en l’air. »

4ème de couverture:

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.
Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.
Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.
Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Ce que j’en pense…

Une petite famille bien sous tous rapport. Un père, un mari, un homme directeur financier dans une grande entreprise à l’apogée de sa carrière, vivant pour son travail voit sa vie basculer en l’espace de quelques minutes.

Imagine le tableau, t’es au lit, c’est 6h du mat. Ta seule préoccupation, c’est ta réunion devant les big boss que tu attends depuis perpète et qui te conduira à une promotion. Toi, ta femme et tes enfants dormez comme des loires quand quelqu’un tambourine à la porte. Tu ouvres et tu te trouves nez à nez avec une armada de flics qui sont là pour t’arrêter.
Ils se mettent à fouiller ta maison et t’accusant d’homicide volontaire. Tu n’y comprends rien, Ils te parlent de ta voiture et toi, tout ce que tu vois, c’est ta vie et celle de ta famille qui part en cacahuètes !

Une alternance de chapitres entre Gustavo, l’homme, le mari arrêté et Sophie, la femme, l’épouse prête à tout pour le sauver.
Chaque pensée est mise noir sur blanc. Chaque étape, pas à pas, de l’intérieur comme de l’extérieur. J’ai eu cette sensation, tout au long, d’un réalisme percutant. J’ai eu l’impression de vivre ces événements avec eux et c’était pas très chouette comme expérience, tu t’en doutes. Mathieu Menegaux a cette capacité de te faire entrer dans la peau des personnages comme peu sont capables. Le résultat est forcément saisissant !

Au travers de ce récit, Mathieu met le doigt là où ça fait mal. Le jugement gratuit. Cette propension d’avoir besoin de trouver un coupable coûte que coûte, pour se rassurer, même si ce n’est pas le bon. Cette terrible habitude qui devient de plus en plus commune de juger à l’emporte-pièce sans connaître, surtout lorsqu’on est caché derrière un écran.
La police, ce n’est déjà pas très folichon mais lorsque que les médias s’en mêlent, prennent position, pas besoin de te dire…C’est la débâcle.
Les réseaux sociaux crépitent et c’est la mort sociale de toute une famille.

Des réseaux sociaux décrits avec grande justesse. Des réseaux qui seront, à mon avis, notre perte. Des réseaux sociaux qui font penser à ces places publiques du Moyen-âge, où toute la populace se réunissait autour d’un gibet en tuttant des « pendez-le » à tout va, sans même savoir de quoi cette personne était accusée, sans même savoir s’il était vraiment coupable.

Au travers de Gustavo, cet homme bien sous tous rapport, cet homme avec sa jolie famille, son super job et sa chouette maison, Mathieu nous montre, nous prouve que quand la populace s’acharne à vouloir un coupable, la justice n’a plus lieu. Que l’on peut être accusé sans être jugé ou pire encore: que le jugement peut tout simplement suivre la volonté d’une populace… Je te laisse méditer là-dessus …

Un livre percutant sur un vrai phénomène de société qui donne bien à réfléchir !

A lire absolument !

 

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? – Mathieu Menegaux – Editions Grasset – 234 pages – 2018

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13 commentaires sur « Est-ce ainsi que les hommes jugent ? -Mathieu Menegaux »

      1. Je vois les réseaux sociaux comme un outil à bien utiliser. Ils m’on apporté énormément, en me permettent de rencontrer de belles personnes. Mais ils sont le mal aussi, oui, surtout pour les jeunes générations

        Aimé par 1 personne

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