Prix du polar romand 2018 – Gagnant

Bonjour à tous,

S’est déroulé hier, samedi 3 novembre au Palace de Lausanne dans le cadre du festival Lausan’noir, la remise du prix du polar romand 2018.

And the winner is:

Nicolas Verdan avec « la Coach »
aux éditions BSN Press

6ème roman de Nicolas Verdan, journaliste indépendant et écrivain, La Coach est son premier polar. Un livre que j’ai pour ma part adoré et fort heureusement, je n’étais pas la seule. Le jury dans sa totalité a relevé les grandes qualités de ce récit autant du point de vue de la plume que de la qualité de la trame.

Stéphanie et moi, nous sommes associées pour vous parler de ce livre qui nous a particulièrement plu à toutes les deux. J’avoue, d’ailleurs, que ce sont plutôt ces mots à elle puisque je n’aurai pas dit mieux !

La Coach est un roman noir comme on les aime. Un de ceux qui, nous prennent par les émotions, nous replacent au cœur de la réalité en nous questionnant sur nos responsabilités. Un de ceux qui racontent une histoire qui nous ressemble, à laquelle nous pouvons clairement nous identifier.

Coraline, coach personnelle dans les hautes sphères des plus grandes entreprises veut la peau d’Esposito. Il est son client, sa cible, sa proie. Il est surtout celui qu’elle tient pour responsable du suicide de son frère suite à une restructuration massive de SwissPost. Incarnation parfaite de sa profession de coach par sa détermination froide et inébranlable, elle traverse la Suisse de train en train mue par un seul objectif. Elle ne vit que pour sa vengeance. La Coach est donc l’histoire d’une femme qui souffre et qui trouve un exutoire dans son sens personnel de la justice. Il est aussi le roman d’un homme qui voit en cette femme un espoir de remède à son supplice.

Quand la parution d’un roman résonne autant avec l’actualité, nous sommes obligés de nous poser des questions. Hasard ou inspiration prémonitoire ? Nicolas Verdan n’est pas plus visionnaire que vous et moi. Mais son double regard de journaliste et romancier lui permet de sonder notre pays de l’intérieur et rendre en mots la rage sourde des acteurs du drame qui s’y joue. Il nous rappelle qu’au-delà des scandales politiques et des désastres économiques, ce sont des tragédies humaines qui forment le canevas d’une nation, que les faillites naissent d’abord dans les tripes d’individus dépassés par un système qui leur est hostile. Que nous sommes tous partie de ce système.

Il n’est pas de drame sociétal sans souffrance individuelle. Les heures difficiles que vit La Poste suisse aujourd’hui ne sont pas les préoccupations des seuls dirigeants, employés et journalistes. La colère de Coraline répond à la violence que de trop nombreuses familles subissent au quotidien, transposable à d’autres entreprises, d’autres pays.

Cette transposition hyper réaliste rend ce récit addictif mais surtout terrifiant. Lorsqu’on s’identifie, que l’on se sent soi-même concerné, que l’on sent que cela pourrait être l’histoire de son voisin, de sa cousine, nous sommes forcément touchés, perturbés.

Nicolas Verdan nous captive avant tout avec un récit de vengeance personnelle, certes, mais il nous offre une réflexion avertie sur un quotidien qu’il sait placer dans des décors si familiers que nous accompagnons Coraline les yeux fermés dans son tourbillon funèbre.

 

 

 

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