Population: 48 – Adam Sternbergh

Extrait:

« Je vais vous faire une confidence, Sidney Dawes. Ces gens »- il fait une geste vers la porte, les bungalows, la ville – « ont accepté de participer à une expérience. Elle est là, la vérité. Vous savez ce qu’on dit: si tu veux vraiment garder un secret, commence par le protéger de toi-même. C’est le principe fondateur de cet endroit. Vous coopérez. Vous parlez. Vos péchés sont effacés. Dans la plupart des cas, vous ne savez même plus qui vous étiez. Pour ces gens, c’est une bénédiction, croyez-moi. 
– Mais ce ne sont pas tous des criminels, si ? Certains sont innocents et sont simplement des victimes qui se cachent des malfrats contre qui elles ont témoigné.
– Bien sûr. C’est la magie de cet endroit. On ne sait pas qui est qui, Et eux non plus. »

4ème de couverture:

Tout le monde est coupable. Personne ne sait de quoi.

Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.
En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

Ce que j’en pense…

Bienvenue à Blind Town – Caesura, la visite guidée va débuter dans quelques secondes. Vous êtes donc priés d’attacher vos ceintures. La compagnie Super 8 est ravie de vous accueillir et vous souhaite bon voyage.
Quelques règles de sécurité sont à connaître avant notre départ:

  1. Aucune visite de l’extérieur possible.
  2. Aucun contact avec l’extérieur une fois dans la ville.
  3. Aucun retour possible en cas de départ.

Vous aurez un nouveau nom tiré d’une liste de nom d’acteurs ainsi qu’un nouveau prénom, tiré d’une liste, cette fois-ci, de vice-présidents américains. Faites votre choix !

Ah et j’oubliais un léger détail: votre mémoire sera partiellement effacée afin que vous puissiez profiter un maximum de cette ville idyllique.

Prêts ?

Mieux que les programmes de protection du FBI, des criminels, des témoins sont placés à Caesura pour repartir à zéro. Une nouvelle vie en laissant leur passé derrière le grillage de 4 mètres qui entoure la ville.
Mais est-ce qu’un tel grillage peut retenir le passé d’hommes ou de femmes qui sont, peut-être, des criminels ? Ou alors des témoins d’actes sordides, toujours recherchés pour leur dénonciation ?

Un début gentil-joli. Tout semble aller pour le mieux dans cette jolie bourgade. Survient alors le suicide d’Errol Colfax suivi d’un meurtre, le premier depuis 8 ans, puis de nouveaux arrivés qui semblent avoir un but et la petite ville « tranquille » voit son petit monde basculer…
Un coup pied dans une fourmilière ou chaque fourmi pourrait bien avoir quelque chose à cacher.

Un récit qui, derrière sa fiction, soulève de nombreux problèmes, de nombreuses questions. Suffit-il d’effacer une partie de la mémoire d’un criminel pour le rendre inoffensif ? Peut-on vivre normalement sans connaitre les événements de sa vie ? Quels actes nous avons pu commettre ? Qu’en est-il de ce vide ? Peut-on faire comme si de rien n’était et mélanger ainsi des criminels et des témoins et se dire que tout ira pour le mieux dans le meilleur des monde ?
Le docteur Holiday qui chapeaute cette expérience, au travers d’un institut, semble vraiment le croire et c’est fort utile d’avoir des gens parqués comme des rats de laboratoire, qu’on peut observer à loisir. 

Une trame ultra originale pour une intrigue fort complexe qui te conduira là où tu n’aurais, peut-être, pas voulu aller. Un final explosif et flamboyant !

Un livre inclassable: roman noir, roman d’anticipation et polar…Un livre qui ravira donc les amateurs de tous les genres.

Nous vous remercions d’avoir choisi la compagnie Super 8 et espérons que cette visite vous a plu. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas grave puisque dès que vous aurez mis un pied en dehors de ce bus,  vous ne vous rappellerez de plus rien !

A lire absolument !

Population: 48 – Adam Sternbergh – Editions Super 8 – 432 pages – 2018

 

 

 

 

 

 

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4 commentaires sur « Population: 48 – Adam Sternbergh »

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