Mörk – Ragnar Jónasson

Extrait:

« De ma fenêtre, je vois que je suis au premier étage. Je me rappelle mon trajet jusqu’ici: un couloir long, douloureusement long. Les murs étaient aussi râpeux que la lave brute; non, ils étaient tranchants, j’en suis sûr. Dangereux si on se jetait dessus. J’ai l’air de délirer mais je vous assure que c’était ça. Je me souviens d’avoir pensé sur le moment: si je veux vraiment, sincèrement me faire du mal, il suffit que je fonce dans ces putains de murs. Je ne l’ai jamais fait. Peut-être que j’étais trop fatigué. Trop apathique. Trop peureux. Quelques coupures un peu profondes sur l’avant-bras, une tentative de suicide sans conviction: il n’en fallait pas plus pour que Papa se mette à paniquer et que Maman pique une crise de nerfs.
Même si je n’ai aucune envie d’être ici, je suis déterminé à le supporter. Qui sait ? Tout ça peut me faire du bien. Comme dit Papa: compte tenu des circonstances, je ne peux rien espérer de mieux. C’est peut-être vrai, mais au fond de moi, j’ai peur que ce soit le contraire. »

4ème de couverture:

À Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale…
Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets… Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d’un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l’énigme.

Ce que j’en pense…

On retrouve avec plaisir Ari Thór dans de nouvelles aventures. Quelques années ont passé depuis le premier livre. Il est toujours en poste à Siglufjördur, cette petite ville si tranquille qui ne l’est définitivement pas tant que ça !
La vie d’Ari Thór se découle, se développe. On en apprend plus sur lui au fil du temps et sa vie de couple, tient d’ailleurs une grande place dans ce récit…Un peu trop peut-être.

L’histoire est sordide, le final surprenant mais j’avoue que, pour ma part, l’atmosphère s’est avérée beaucoup moins prenante que dans le premier volet.

Le récit est ponctué d’extraits du journal d’un jeune homme interné en psychiatrie et c’est un (le seul ?) élément conducteur qui donne à cette intrigue un petit goût piquant.

Une grande place est donnée à la violence domestique, et pour le coup, je me demande si c’est véritablement un problème en Islande plus qu’ailleurs…Est ce que ces contrées reculées donneraient plus de place à l’alcool et à la violence ? J’avoue que cette omniprésence m’a beaucoup interpellée avec l’impression que l’auteur voulait dénoncer ce fait-là et pas seulement dans la fiction.

Bref ! Une lecture sympa. Une intrigue, certes, bien menée mais pas éblouissante non plus. A voir ce que la suite des aventures de Ari Thór nous réserve dans « Nátt » et tout bientôt « Sótt », le 20 septembre !

 

Mörk – Ragnar Jonasson – Editions De La Martinière – Editions Points – 336 pages – 2017

 

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