Le poids du monde – David Joy

Extrait:

« La mère d’Aiden se tourna vers lui, roula une paire de chaussettes sans un mot, et il leva son arme, appuya sur la détente et lui fit exploser le haut du crâne. Il y eut un éclair de lumière et de sang, un bref relent de bourbon avant qu’une puanteur de poudre brûlée semblable à des pétards Black Cat envahisse la pièce.
Son père le regarda comme s’il le jugeait seul et unique responsable du fait que sa vie avait tourné au vinaigre. Aiden avait les doigts enfoncés dans les oreilles, même s’il était trop tard pour se protéger de la déflagration. Un bourdonnement résonnait dans son crâne. Il vit son père prononcer « je t’aime », puis se coller le revolver au fond de la gorge, le métal claquant contre ses dents lorsqu’il fit feu pour la seconde fois. »

4ème de couverture:

Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?

Ce que j’en pense…

Pas encore découvert « Là où les lumières se perdent » mais après avoir lu celui-là, j’avoue que c’est très tentant !

Le poids du monde, tu le sentiras clairement sur tes épaules à la lecture de ce récit. Un roman noir foncé, très sombre et profond. Des vies sur lesquelles le destin s’est acharné à grand coups de pioche au point que tu te demandes si c’est possible. Et pourtant des vies comme ça, y en a des milliers dans cette Amérique profonde.

Aiden McCall a 12 ans quand son père tue sa mère sous ses propres yeux avant de se donner la mort. Il retrouve son meilleur ami, Thad, tout juste revenu du combat. Ils s’installent tous les deux dans la caravane en bordure de la maison de la mère de Thad. Deux mecs, encore mouillés derrière les oreilles, qui vont devoir survivre tant bien que mal.

Little Canada est la définition même du bled, du trou paumé dans ce nord-américain où pas grand-chose n’est là pour pouvoir s’en sortir et pourtant il faut bien boire et fumer … Le business du cuivre rapporte la moindre mais ça casse pas des briques. Se retrouver devant un pactole inespéré est peut-être une providence…ou pas ?

Une plume fabuleuse qui colle à la noirceur de ce récit à la perfection. Une atmosphère glauque à te couper le souffle. La misère qui suinte, qui dégouline…
Un truc où t’as presque envie de te mater le film « Mama mia » après, histoire de ne pas sombrer dans une dépression profonde !

Tu l’auras compris, c’est à lire !

 

Le poids du monde – David Joy – Editions Sonatine – 320 pages – 2018

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s