5150 rue des Ormes – Patrick Senécal

 Extrait :

« La première chose que je vois, ce sont les murs de la pièce. Ils sont nus et d’un vert affreux, malade. Et, surtout, il y a des taches de sang. Enfin, je vois des taches rouges et aussitôt je me dis : Mais c’est du sang, ça ! Est-ce à ce moment que j’ai eu peur ? Non, pas vraiment. Tout allait trop vite.
La pièce était totalement vide, sans un meuble, sans un lit, sans rien. Sauf une ampoule allumée au plafond et quelqu’un dans le coin, étendu de tout son long, face contre terre. Chemise bleu pâle, jean délavé. Et encore du sang, sous la personne, sur le plancher, beaucoup trop.
— Mais… mais qu’est-ce que vous avez ?
Je ne pense absolument à rien. Je vois quelqu’un qui râle, étendu dans son sang, et cette question sort toute seule.
La personne lève enfin la tête. C’est un homme, et malgré son visage complètement ensanglanté, je distingue ses yeux suppliants tournés vers moi. Son râle prend forme et je finis par saisir des mots : « Aidez-moi… »
J’ai enfin peur. Et cette peur se résume à un seul cri mental qui hurle silencieusement dans toute mon âme : Sors d’ici tout de suite ! »

4ème de couverture :

Il s’appelle Yannick Bérubé, il a vingt-trois ans, il est séquestré au 5150, rue des Ormes, dans la ville de Montcharles, et c’est pourquoi il a décidé d’écrire son histoire.
Or, si son récit débute par une banale chute à bicyclette, la suite bascule rapidement dans l’horreur, car la famille qui le retient prisonnier est loin d’être normale : Jacques Beaulieu, le père, est un psychopathe qui ne jure que par le jeu d’échecs et qui se prend pour le dernier des Justes.
Michelle, l’adolescente, semble encore plus dangereuse que son père ; Maude, l’épouse et la mère, est obsédée par le Seigneur et elle obéit aveuglément à son mari. Quant à la petite Anne, elle est muette et ses grands yeux immobiles ressemblent à des puits de néant..
Pour Yannick Bérubé, l’enjeu est simple : il doit s’évader à tout prix de cette maison de fous, sinon il va y laisser sa peau ou sa raison !

Ce qu’Elisa en pense…

Il y’a un moment maintenant, j’avais vu le film tiré de ce livre que j’ai d’ailleurs trouvé génial et que je vous recommande. (Bande-annonce ci-dessous).

Dès les premières pages, on plonge dans un monde malsain dont on a envie de s’échapper comme voudrait le faire Yannick Bérubé mais le suspense et la folie nous tient.

Le personnage qui séquestre Yannick Bérubé, Jacques Beaulieu, prétend être un justicier. On se balade entre plusieurs notions de la justice et j’étais presque perdue entre ce qui l’était ou non. Comme le dit si bien, Patrick Sénécal, il y’au une cohérence étonnante dans la folie de Beaulieu, une sorte de logique délirante.

Le livre est composé de différents point de vue, celui de Maude, celui de Yannick et celui de « l’extérieur », ce qui rend l’histoire plus riche car on obtient plus d’informations.

Les passages du « journal de Maude » sont écrits différemment. On sent que l’auteur a tenté, et a réussi d’y mettre plus de féminité en utilisant des mots plus fins et un autre style d’écriture. Je trouve ça incroyable de pouvoir permuter entre différentes plumes et j’ai adoré ce petit détail !

Les personnages de l’histoire sont juste incroyables ! D’habitude, j’ai toujours une petite préférence pour un des personnages mais là, ils sont tous plus dingues les uns que les autres. Donc impossible de choisir.

Un gros gros coup de cœur pour ce livre !

Vous ne pouvez pas vous imaginez à quelle point l’auteur est allé chercher loin, mais très loin !

Je ne pourrais vous l’expliquer alors pour conclure : Foncez !

 

5150 rue des Ormes – Patrick Senécal – Editions Alire – 367 pages – 1994

 

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4 commentaires sur « 5150 rue des Ormes – Patrick Senécal »

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