Des visages et des morts – M. Koudero – 2017

Extrait:

« Milan sentit une boule dans son ventre. Les mots du légiste apportaient un nouvel éclairage à l’enquête.
Le meurtre était prémédité.
Le capitaine ferma les paupières et dessina le tableau macabre. Le corps allongé, les entailles sur le dos, la tache pourpre léchant le marbre. Les cierges, lueurs frémissantes.
– Tu as d’autres éléments ?
François Brunel laissa traîner un silence.
– Votre homme ne s’est pas contenté de perforer les poumons de la victime. Il lui a aussi coupé la langue. Acte post mortem.
Les deux visages portés par le dégoût se tournèrent dans sa direction. L’assassin avait ponctué sa folie d’un geste outrageux, délirant.
François devina leurs pensées.
– J’ai pratiqué beaucoup trop d’autopsies pour ne pas reconnaître ce genre de type. Vous avez affaire à un véritable prédateur. »

4ème de couverture:

Le froid de novembre.
La neige et l’horreur.
En France, à Lyon, un homme est assassiné dans une église. Son dos a été tailladé, sa langue, coupée. A sept cents kilomètres de distance, sa fiancée est retrouvée pendue à un arbre. Un meurtre maquillé en suicide.
Très vite, le sang se répand jusqu’en Belgique. Dans un asile abandonné, on découvre le cadavre d’une femme entièrement nue, le visage arraché. Une folie sans nom.
Les meurtres s’enchaînent, et tous portent la signature d’un tueur en série libéré un an plus tôt, le Borgne. L’homme aurait-il repris du service ? Difficile à croire vu son âge avancé et son état de santé.
Non, la réalité est bien plus noire.
Laura, Milan et Adami, des policiers venus de tout horizon, vont rapidement le comprendre. « Nous ne sommes pas face à un tueur en série, mais à une série de tueurs. » Et ceux-ci se sont réunis en force, décidés à marquer les mémoires de leurs crimes pour entrer dans la postérité.

Ce que j’en pense…

Comme toujours après une lecture, je me retrouve devant mon écran avec pour mission d’écrire une chronique…
Comme rarement après une lecture, je me retrouve dans cette situation où j’ai une multitude de choses à dire mais qu’aucun mot ne me semble suffisant, que jamais je ne vais réussir à transmettre la force d’un ressenti et vous donner à coup sûr l’envie de vous jeter sur ce livre !

Il est dit que Mickaël Koudero s’aligne sur Grangé par sa manière de travailler les personnages mais moi je dis qu’il s’aligne sur Grangé tout court ! Je n’aime pas les comparaisons parce qu’au final, chacun à son style unique, mais tout de même, en grande fan de Grangé et ce de la toute première heure (ça me rajeunit pas 🙄), croyez-moi ou pas (mais là je pourrai frapper 😜) en me plongeant dans ce livre, j’ai retrouvé la sensation inégalable, ce qui a pu me faire vibrer, depuis plus de 20 ans chez cet auteur mythique qu’est Grangé.
Mythique ? Koudero le deviendra aussi, c’est moi qui vous le dis parce qu’arriver avec un premier livre de cette qualité-là, c’est juste incroyable ! Une telle maîtrise ne laisse présager qu’une longue et belle carrière littéraire ! Notez le nom en très gros 🙂

Si je vous dis le thriller parfait ?

Un style superbe. Des descriptifs géniaux. Ni trop, ni trop peu. Beaucoup de noirceur, une atmosphère terrible. Une intrigue très complexe à plusieurs niveaux mais habilement gérée sans qu’on en perde le fil un seul instant. Extrêmement bien documenté, on apprend, on découvre. Des personnages attachants, fouillés et travaillés avec brio. Aucun répit sans pour autant s’essouffler.

Une enquête qui nous fait voyager entre la France et la Belgique, qui nous emmène dans le passé, 24 ans plus tôt, sur la sordide affaire du tueur en série appelé « le borgne ». Une enquête où les cadavres tombent comme la pluie. Une enquête qui donnera bien du fil à retordre à Laura, Milan et Adami et à vous aussi par la même occasion !

Mais derrière des meurtres se cachent bien souvent des drames et Mickaël a su le rendre de manière très forte. Le drame se touche du bout du doigt et nous fait éprouver une forme de compassion ou en tout cas nous interroger sur les fondements de l’horreur tant l’émotionnel est puissant derrière l’infamie des actes.

Le final est éblouissant, la trame géniale et impeccablement menée. Bref j’ai été totalement bluffée !

Ce qui est encore bien plus flippant ?
Se dire que des enfants d’Erostrate…il y en aura toujours …encore et encore et que l’histoire ne fait que continuer…

Vous l’avez compris, il sort en Europe aujourd’hui, 12 mars. Vous n’aurez donc même pas à vous rendre à la nage jusqu’au Québec pour vous le procurer 😜 Quoi qu’il en soit et quel que soit le moyen, il vous le faut impérativement !!!

Et moi ?
J’arrête de chroniquer si vous me dites que ce n’est pas une véritable pépite…
Et j’irai même jusqu’à dire que j’arrête de lire…rien que ça !!!
Ouais et je ne prends même pas de risques 😜

Des visages et des morts – Mickaël Koudero – Editions de Mortagne – 538 pages

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Pour la petite histoire:

En juillet 356 av. J.-C., Erostrate allume un incendie qui détruit totalement le temple d’Ephèse, une des sept merveilles du monde. Selon Plutarque, l’événement a lieu le jour même de la naissance d’Alexandre le Grand, ce qui inspire à Hégésias de Magnésie, auteur d’une biographie du conquérant, le commentaire suivant : « on comprend que le temple ait brûlé, puisque Artémis était occupée à mettre Alexandre au monde ! »

Mis à la torture, Érostrate avoue les motivations de son geste : il cherche à tout prix la célébrité et n’a pas d’autre moyen d’y parvenir ; les Éphésiens interdisent alors de citer son nom. L’historien Théopompe le mentionne néanmoins dans ses Helléniques ; il est repris sur ce point par Élien, Solinus et Strabon qui font connaître le nom d’Érostrate à la postérité.

Dans sa nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939), Jean-Paul Sartre résume l’histoire en quelques lignes :

— Je le connais votre type, me dit-il. Il s’appelle Érostrate. Il voulait devenir illustre et il n’a rien trouvé de mieux que de brûler le temple d’Éphèse, une des sept merveilles du monde.
— Et comment s’appelait l’architecte de ce temple ?
— Je ne me rappelle plus, confessa-t-il, je crois même qu’on ne sait pas son nom.
— Vraiment ? Et vous vous rappelez le nom d’Érostrate ? Vous voyez qu’il n’avait pas fait un si mauvais calcul.

Aujourd’hui, les « Erostrate » fleurissent à tous les niveaux. Seuls, les temples ont changé.

 

 

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