Celle qui s’enfuyait – P. Lafitte – 2018

Extrait:

« Il était couché contre une souche, corps beige dans l’humus noir, le flanc déchiqueté de viande rouge, mâchoire encore haletante. Elle ne regarda pas ses yeux quand elle le souleva avec difficulté, refusant de les croiser pour rester concentrée – pour ne pas s’effondrer aux côtés de Douze -, le serrant dans ses bras tout en rejoignant la combe. Un corps lourd, relâché et chaud.
Elle avançait à grandes enjambées, arc-boutée sur ses forces, coupa à travers la lande pour réduire la distance, tentant de courir mais le poids mort asphyxiait ses cuisses, l’effort continu tétanisait ses muscles. Elle passa au large de la ferme voisine – elle crut percevoir un voilage qui frémissait – , portant Douze sur l’épaule, changeant de position de plus en plus souvent. Les mains, les bras, le dos couverts d’une matière visqueuse qu’elle ne voulait pas nommer. »

4ème de couverture:

A l’aube, dans un paysage désert et envoûtant, une femme court. Elle vient d’échapper de justesse à un coup de fusil.
Isolée volontaire dans une des régions les plus reculées de France, Phyllis Marie Mervil, afro-américaine, est l’auteur de polars à succès. Solitaire jusqu’à la sauvagerie, prête à tout pour préserver son anonymat, elle a quitté l’Amérique en 1975, emportant avec elle un mystère qui, depuis, n’a cessé de la hanter. Phyllis sait qu’elle est poursuivie et, murée dans son secret, elle ne peut compter que sur elle-même.
Qui est cet homme invisible qui la traque comme une ombre, se rapprochant de jour en jour ? Quel drame commun ont-ils vécu dans les années 70, époque terrible où l’Amérique se déchirait sur la question des droits civiques? Acculée, Phyllis saura-t-elle se retourner et faire face ou choisira-t-elle, une fois encore, de fuir ?

Thriller psychologique, Celle qui s’enfuyait est aussi un roman d’atmosphère sur fond de vérité historique. Sous la tension d’une menace permanente,  on y découvre des êtres au passé trouble, qui se cherchent et se croisent, s’aiment et se perdent. Se dessine un paradoxal éloge de la fuite, quand le désir éperdu de liberté peut devenir un enfermement, et la culpabilité un refrain impossible à oublier. La vraie menace viendrait-elle de l’intérieur ?

Ce que j’en pense…

Un auteur que je ne connaissais pas du tout et que j’ai découvert au travers de « Celle qui s’enfuyait ». Clairement une belle découverte !

Phyllis est afro-américaine, auteure à succès et vit recluse dans sa maison de campagne avec son chien Douze. Elle vit dans sa routine jusqu’au jour où Douze est tué d’une balle lors d’une balade en forêt. Elle sait alors qu’ils l’ont retrouvée…et que son passé de militante va lui exploser à la figure comme une grenade !

« Celle qui s’enfuyait », je l’avoue n’est pas tout à fait assez soutenu pour moi, horrible psychopathe que je suis mais je dois le reconnaître, je me suis laissée emportée dans ce récit malgré tout.

Les descriptifs sont excellents, très imagés, très cinématographiques. On en aurait presque les odeurs. Les retours dans le passé subtilement incorporé au récit du présent. La trame est bien menée. Le plongeon dans l’Amérique des années 70 est fascinant mais surtout et il faut le souligner trois fois: la plume est sensationnelle. Maîtrisée, les mots s’enchaînent et forment un tout qui t’emporte dans un tourbillon. C’est jubilatoire !

Un très beau livre que je vous recommande 🙂

 

Celle qui s’enfuyait – Philippe Lafitte – Editions Grasset – 213 pages

 

 

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