Emma dans la nuit – W. Walker – 2018

Extrait:

« Une fois de plus, j’ai fermé les yeux et fait semblant de dormir. Quand on a frappé, ma mère a délicatement retiré son bras de sous ma nuque. Et elle a remonté une couverture sur mes épaules si tendrement que j’ai eu un frisson. C’est pour ça que mon père avait eu autant de mal à l’oublier. En dépit de tout ce qu’elle n’aurait pas dû faire, il y avait en elle quelque chose qui ressemblait à de l’amour et elle nous en faisait profiter de temps en temps. Mais c’était seulement pour qu’on en redemande, pour qu’on ne soit jamais rassasiés. Et on y était tous sensibles, chacun à sa manière.
Parfois Emma enfilait une chemise de nuit sur sa Barbie, Ken, entièrement nu, la pourchassait.
S’il te plait, Barbie…Laisse-moi te mettre ma queue. S’il te plait. Je ferai tout ce que tu voudras !
Sa voix était moqueuse, vibrante de colère. En dépit de notre jeunesse, nous comprenions parfaitement que l’indifférence de notre mère le rendait fou, et que cette folie s’était emparée de son cerveau et de son cœur, ne laissant rien pour nous. »

4ème de couverture:

Deux sœurs disparaissent. Trois ans plus tard, une seule revient. Dit-elle toute la vérité ?

Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition. Après trois ans d’absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d’un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île. Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s’intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique. Que s’est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?

Ce que j’en pense…

« Emma dans la nuit » est clairement LE thriller psychologique par excellence. Ne cherchez pas de sang ou d’hémoglobine, vous serez déçus. Par contre vous entrerez dans l’esprit de Cassandra qui raconte son histoire et plus encore… Vous entrerez par la grande porte dans ce qui est une des pires perversions.

A fil des pages, j’ai découvert, je me suis interrogée et maso comme je suis.. J’en ai redemandé !

Pour une fois, le thème du narcissisme est abordé au féminin et qui plus est au travers d’une mère. C’est excellent, peu commun et terrible. Bien plus courant qu’on le croit, la perversion narcissique n’est pas l’apanage du mâle et quand c’est une mère, le résultat est encore plus dévastateur !

D’ailleurs, cette manière qu’a Cass d’appeler sa mère Madame Martin au lieu de maman tout au long du livre a quelque chose de brutal et est fortement représentatif de l’état d’esprit. Pour moi c’était comme un couteau dans le ventre à chaque fois…

La vision du pervers narcissique avec les yeux d’un enfant est bien pire que n’importe quel récit d’adulte et Wendy Walker a su le rendre de main de maître. L’emprise sur un adulte est malsaine et destructrice mais sur un enfant, elle devient sans mot…aucun…
La description du narcissisme, la justesse des explications est saisissante. C’est un sujet très sensible pour moi et j’avoue avoir été malmenée par cette lecture. Ca m’a clairement remué les tripes et foutu la boule à la gorge. Très… Beaucoup….Trop peut-être !
L’impression de recevoir une leçon. J’ai appris, j’ai compris beaucoup de choses à mes dépens d’ailleurs…

« Emma dans la nuit », c’est une sorte de combat de titan entre la mère et la fille.
C’est un vrai suspens et même si, il y a un peu trop de longueurs et de répétitions à mon goût, la trame est diablement bien menée et nous emporte dans un truc de dingue où l’on ne sait plus très bien où se trouve la vérité. Addictif sans aucun doute !

L’après disparition fait aussi partie intégrante de cette histoire et nous démontre tout ce qu’elle implique… L’explosion des questions, le doute, les recherches, le submergement.
La trame est brillante, le final incroyable et la chute terriblement redoutable !

C’est bizarre les corrélations que l’on peut parfois faire mais Emma est peut-être un prénom prédestiné à marquer, comme je l’ai été par l’Emma de Maud Mayeras dans Hématome.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre: Wendy Walker cultive l’ambiguïté comme on cultive des champignons…dans l’obscurité !

Il ne vous reste plus qu’à le découvrir et je vous le souhaite…Ne pas souffrir autant que moi 😉

 

Emma dans la nuit – Wendy Walker – Editions Sonatine – 312 pages

 

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5 commentaires sur « Emma dans la nuit – W. Walker – 2018 »

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