L’essence du mal – L. D’Andrea – 2017

Extrait:

« – Nous étions à bout de forces. J’avais mal à une cheville et nous avions faim. Nous nous sommes reposés environ une heure. On ne voyait pas à deux mètres. Une horreur. Nous étions morts de peur, même si nous ne l’aurions jamais admis. Nous n’avions jamais vu pareil orage. On aurait dit que la Nature s’en prenait à nous. Tu vois, Jeremiah, en général la montagne est…La montagne se fiche de toi. Elle n’est ni bonne ni méchante. Elle est au-delà de ces stupides histoires de mortels. Elle est là depuis des millions d’années et elle y restera qui sait combien de temps. Pour elle, on n’est rien. Mais ce jour-là, nous avons tous eu la même sensation. Le Bletterbach en avait après nous. Il voulait nous tuer, dit Werner en poussant la carte et en se laissant aller dans son fauteuil. Et maintenant, je crois que j’ai besoin d’une pause, savant de continuer. »

4ème de couverture:

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’œuvre d’un humain ou d’un animal.
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération.

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.             

Ce que j’en pense…

Paru sous le titre original « la sostanza del male ». Premier roman de Luca D’Andrea traduit dans plus de 30 pays et croyez-moi, c’est pas volé !
Très difficile de croire qu’il s’agit là d’un premier bébé. Abouti, subtil, fort, doux et puissant. Une plume véritablement remarquable ! Bref un sacré bijou et un gigantesque coup de cœur !

Un livre bien difficile à chroniquer tant la psychologie est forte et l’émotion intense. Avalé, dévoré en deux jours, je suis, d’ailleurs, encore dedans et ai bien du mal à en sortir. Pourtant, il m’est difficile de dire pourquoi ? De vous expliquer cette sensation incroyable ressentie au fil du récit.
Récit qui pourtant est assez « simpliste » mais qui sous la plume de Luca devient un très grand récit, une fresque. Un truc de dingue !
Peut-être cette sensation d’oppression face à la bête. Omniprésente, puissante, prête à tout pour vous briser ?
Ou cet espèce de huit clos en pleine nature, au sein d’un petit village où tout se sait, où tout le monde se connaît, où tout se voit, où tout se dit ?

Emportée par l’histoire. Littéralement happée par les mots. Peu importe l’intrigue ou la destination. C’est le trajet qui y conduit qui est remarquable.
Plongée en apnée. Le peu d’oxygène du haut des montagnes m’a sans doute fait tourner la tête.

« L’essence du mal », c’est une quête pour la vie. Celle de Jeremiah Salinger.
C’est une peur. Viscérale, profonde.
C’est une tragédie.
C’est un mécanisme habilement mis en place par l’auteur.
C’est une famille malmenée par des évènements.
C’est une vieille histoire qui remonte. Un cold case qui doit se résoudre. Même 30 ans plus tard.
C’est un combat pour la vérité, pour le salut de chacun.
C’est des personnages incroyablement forgés. Subtilement décrit. D’une psychologie redoutable.
C’est des images. Beaucoup d’images qui s’impriment au fond de ta rétine. Un style très visuel. Très percutant.
C’est une atmosphère fabuleuse. Une atmosphère qui devient un personnage à part entière.
C’est la montagne. Magnifique. Destructrice. Envoutante. Fascinante.
C’est, il faut le dire, admirablement bien traduit !
C’est superbe ! Vraiment superbe !

Un livre qui m’a quelque part fait penser à « La neige en deuil » d’Henri Troyat que j’avais lu dans mes jeunes années et qui m’avait beaucoup marquée. Sans doute à cause de la montagne, du combat, du secourisme, du drame.

Une histoire qui plaira autant aux amateurs de polars qu’aux non-amateurs mais qui, quoi qu’il en soit, est à lire ABSOLUMENT !

Un nouvel auteur sur la scène mais croyez-moi, ce n’est qu’un début ! Avec cette plume là, ce style-là, cette puissance dans son écrit, une telle force dans la trame…on a pas fini d’entendre parler de lui. Moi ? je signe et vais le talonner de très très près !

EXCELLENT ! 9 lettres

PARFAIT ! 7 lettres

A préciser…ben oui faut toujours que j’aille fouiner…que le parc de Bletterbach existe pour de vrai et qu’il fait partie du patrimoine de l’UNESCO et les descriptifs m’ont clairement donné envie de le découvrir.

L’essence du mal – Denoël – 464 pages

 

 

 

 

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14 commentaires sur « L’essence du mal – L. D’Andrea – 2017 »

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