Vices – G. Paladini – 2017

Extrait:

« Un grognement se déverse dans mes oreilles. Son venin se répand une nouvelle fois en moi. Je sens son regard furieux. Des gouttes de sueur dégoulinent sur mon visage. Il plante ses doigts dans mon crâne et me soulève par les cheveux.
– Putain, qu’est-ce que t’es bonne toi.
Sa bouche épaisse s’écrase sur la mienne.
Il ne me relâchera pas. Il me l’a dit. « Mais si tu collabores, je ne t’abîmerai pas. »
Pourvu qu’il tienne parole…afin que la dernière image qu’on ait de moi lorsqu’on me retrouvera soit le corps d’une jeune fille qui paraît endormie, un corps dont la mort n’a pas réussi à aspirer la grâce. Une nymphe des poètes mélancoliques, l’héroïne martyre des arts.
Je m’accroche à l’espoir que si je n’ai pas laissé aucune empreinte vivante, je tracerai des vallées dans mon trépas. »

4ème de couverture:

 » Fais tout de même attention. C’est quand on baisse la garde que les chiens attaquent. « 

Le temps où Marie se rêvait en justicière insoumise appartient au passé. Arrachée à sa campagne natale, condamnée aux artères viciées de la ville qui accueille la Brigade des jeunes victimes, où elle officie en tant que lieutenant, la jeune provinciale avale des couleuvres. Car sur le terrain, la justice est un concept. Suicides, harcèlements, disparitions, viols… Et comme si la cruauté du monde ne suffisait pas, Marie doit au plus vite se faire une place au sein d’une équipe de flics à vif.
Qui est l’homme dont Zolan crie le nom chaque nuit ? D’où vient cette fureur qui dévore Sophie ? Pourquoi, chaque premier jeudi du mois, le commandant reçoit-il toujours la même carte postale ? Voilà autant de secrets dissous dans les ténèbres urbaines au fond desquelles Marie espère enterrer le sien…

Si le monde selon Gipsy Paladini se donne sous ses atours les plus noirs, ne vous fiez pas aux apparences : sa voix est lumineuse et perce avec rage l’obscurité.

Ce que j’en pense…

Un livre qui se décline en deux parties. Deux histoires pour la même brigade. La BJV, Brigade des jeunes victimes. Une équipe avec ses histoires, ses alliés et ses presque ennemis. Ceux dont il faut se méfier.
Un petit air de « Polisse » de Maïwenn. Un grand air de Paladini !

J’avais déjà été happée par les précédents écrits de Gipsy: Sang pour sang et J’entends le bruit des ailes qui tombent mais alors là…Putain le truc ! (Me voilà à nouveau dans les gros mots mais parfois ça ne peut pas se dire autrement !)

Vices c’est deux histoires aussi terrible, aussi dramatique l’une que l’autre: Trois petits singes et Zabulu.

Vices c’est des personnages fabuleusement travaillés. Attachants et excellents:  Marie, petite jeunette qui débarque de sa campagne, fan d’Eastwood. Zolan le ténébreux au grand cœur. Bia, fan de pop culture asiatique, experte en informatique. Amir, pour qui tout est bon à faire la fête. Marcus et Sophie la jalouse maladive.
Chaque personnage poursuit ses propres démons et tente d’évoluer et de les chasser. Ils cheminent chacun à leur manière sur les voies de la vérité.

Une première histoire, une première affaire pour Marie: la pendaison d’Amélie. Une histoire qui pourrait être celle de n’importe qui. La vôtre…
La cruauté à l’état brut cachée sous une pseudo jeunesse qui n’est pas supposée comprendre. Une jeunesse déchue par les réseaux sociaux.
J’ai trouvé là plus de haine, plus de violence dans ce récit presque quotidien, devenu presque banal que dans certains récits de tueur en série… Certaines scènes m’ont bouleversée et m’ont clairement foutu les frissons.

Laissée pantelante comme après une grosse soirée, un matin d’hier après cette première histoire. Ce n’était pourtant que le début…
On part pour une deuxième affaire: Djibril, 16 ans a disparu, une femme africaine est brûlée vive après avoir été rouée de coups.

On plonge cette fois-ci dans les cités avec tout ce qu’elles peuvent apporter. La misère au quotidien dans toute sa splendeur ne générant pas grand choses d’autres que le vice sous toutes ses formes. Un univers à part, un autre monde…quoique…vos voisins, les gens juste là-bas…Le tout baigné par les croyances africaines, leurs rituels et leurs habitudes.

Aucun temps mort. Magistral de bout en bout. Des émotions, des sentiments à la pelle…non au tractopelle. Un livre d’une réalité crue et sans faux semblant.
La violence, Gipsy la décrit avec un réalisme puissant qui vous laissera sur le carreau !

Et sa plume ? Que vous dire de sa plume ?
Une poétesse du noir. Le noir foncé, le noir obscure…pas le noir clair !
Acérée, piquante, à vous transpercer les mirettes…

Allez je vous avoue mais chut ne le dites pas plus loin…C’est la deuxième fois après celui de Norek que j’ai lu un livre avec la boule dans la gorge et les larmes au bord des yeux. Faut que ça cesse !

Bon, c’est pas tout ! Alors ? A quand la suite de la brigade des jeunes victimes ?

Sortie le 9 novembre mais chronique publiée en avance avec l’accord de Gipsy et de son éditeur en exclusivité mondiale puisque Gipsy nous fait le plaisir et l’honneur d’être présente ce week-end au festival Lausan’noir.
Les ptits suisses auront pour une fois la primeur 😜 Ne ratez pas cette super occasion !
Ce sera pour moi, une première rencontre que j’attends depuis des lustres et pas besoin de vous dire que je me réjouis à fond les manettes !!!!

Vices – 408 pages – Edition Fleuvenoir

 

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6 commentaires sur « Vices – G. Paladini – 2017 »

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