London Docks – C. May – 2017

Extrait:

« Découvrir le regard pétrifié de terreur de la femme diffuse une vague de fluide brûlant dans son bas-ventre. Il n’y a rien de meilleur au monde…
Le rectangle immobile de chatterton qui masque la bouche contraste avec les yeux qui balaient à toute vitesse la pièce presque obscure, dans le vain espoir de comprendre ce qui se passe et de trouver un moyen de fuir. Dilué par la sueur et les larmes, du mascara s’est insinué dans les rides naisssantes au coin de ses yeux, accentuant la terreur du regard.
Chagall se lève et soulève le couvercle de la grande caisse à outils sur laquelle il était assis. Farfouillant un moment dans un bruit de bombes aérosol qui s’entrechoquent, il finit par extraire un couteau et un petit pot à confiture en verre. Puis, passant derrière la femme consciente, il s’agenouille et lui prend la main droite. »

 

4ème de couverture:

Durant les années 1980, les Docks de la ville de Londres sont encore en friche, avant un remodèlement qui en fera une partie intégrante de la cité. Ces bâtiments abandonnés à leur sort sont le repaire idéal de tous ceux qui veulent rester cachés.
Lynn Armitage, inspecteure du district de Tower Hamlets, est amenée à y enquêter lorsque sont découverts des cadavres attachés dans un face- à-face horrifié. Les meurtres se succèdent, avec en marge des graffitis sombres. Quel est ce serial killer artiste ?
La folie, la douleur et la rage contenue de l’auteur des crimes emmènent le lecteur dans les méandres et les odeurs des Docks et de l’hôpital psychiatrique de Warley. Comment percer la psychologie d’un psychopathe au fur et à mesure que l’enquête laisse percevoir des bribes d’un passé douloureux où les tréfonds de l’âme humaine se confondent avec une toile aux reflets bleu sombre? Récemment arrivée à Londres, Lynn Armitage n’aura d’autre choix que de plonger dans ces questionnements pour y résoudre cette tortueuse enquête.

Ce que j’en pense…

Une histoire qui nous conduit des docks de Londres au fin fond d’un asile psychiatrique  à l’atmosphère de « vol au-dessus d’un nid de coucou ». Là où l’on médicalise à outrance plutôt que de tenter de soigner…Même si parfois soigner relève du défi !

Une atmosphère exceptionnelle. Très glauque, chaude, lourde dans tous les sens du terme. Des descriptifs très imagés qui nous en font voir de toutes les couleurs.

Une enquête au côté vintage dont les événements se passent en 1982 et même 10 ans plus tôt. Sans ADN et tout le toutim. Juste une bonne vieille enquête de terrain.
Des personnages bien racés, burinés par le temps et les événements. Un tueur sans pitié auquel pourtant on s’attache.  Peut-être à cause de cette forme d’esthétisme dans ses crimes, de son côté artistique ? Ou peut-être parce qu’on comprend très vite que son âme s’est perdue quelque part. Que Chagall cherche sans doute un sens à ce qui lui ruine la tête.

Techniquement au point. Précis et détaillé. Spontané dans les dialogues et dans le récit. Une fluidité qui fait glisser l’histoire comme une savonnette au fond de la baignoire. On se laisse faire et on apprécie !
Un mini bémol sur la finalité que j’ai trouvé un peu légère par rapport au reste qui, lui, en vaut largement le détour.

Quoi qu’il en soit, un livre que je vous conseille vivement !

Les suisses en force sur la scène du crime. Soyez prêt !

 

London docks – Plaisir de lire

 

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3 commentaires sur « London Docks – C. May – 2017 »

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