Les chiens de Détroit – J. Loubry – 2017

Extrait:

« Nous sommes tous hantés, prononça faiblement celle-ci. Vous comme moi. Nous sommes ces maisons aux volets violentés par le vent que les habitants de cette ville fuient. Nous sommes les couloirs silencieux et leur peinture écaillée qui chute sur les parquets défoncés. Nous sommes ces cheminées désertées de toute chaleur. Nous sommes ces pièces vides hantées par les voix du passé. Vous le devenez lorsque vous parlez de votre fils. Je le vois à votre regard qui semble s’éteindre. Je le deviens à mon tour lorsque je parle de cet enfant que je n’aurai jamais. Les fantômes de nos espérances, de nos projets essoufflés, de nos sourires effacés, tous nous hantent. Certains plus fortement que d’autres. Voilà de quoi j’ai peur. »

4ème de couverture:

Une plongée suffocante dans les entrailles pourrissantes de Détroit, devenue cimetière de buildings

Novembre 1998. Le corps du petit Peter est découvert dans un buisson de Palmer Park. Il a été enlevé, étranglé puis déposé là par un homme dont la taille, d’après les rares indices récoltés, dépasse de loin celle du commun des mortels. L’enquête est confiée à l’inspecteur Stan Mitchell, alias «  le Molosse  », un flic violent banni de Washington et exilé à Détroit, cette cité géante autrefois gloire de l’industrie automobile devenue capitale du crime et qui, chaque jour, sombre un peu plus dans la décrépitude.
Bientôt, les enlèvements se multiplient et la presse commence à parler du «  Géant de brume  », croquemitaine terrifiant dévoreur d’enfants décrit par un témoin anonyme. Et tandis que la police patine, que Détroit se vide de ses habitants, Mitchell s’enfonce toujours un peu plus dans l’alcool et la solitude… L’affaire lui est retirée puis, avec le temps, à l’image des maisons de Détroit, abandonnée et oubliée.
Quinze ans plus tard, les disparitions recommencent. Mitchell qui a réussi à arrêter la spirale de sa déchéance est à nouveau sur le coup, épaulé par une jeune inspectrice récemment arrivée en ville, Sarah Berkhamp. Grâce à eux, le tueur, un géant placide nommé Simon Duggan, est enfin arrêté. Deux enfants n’ont toujours pas été retrouvés et sont peut-être encore en vie. Mais Duggan refuse de coopérer. Il ne veut parler qu’à Sarah. Pour sauver les enfants, la jeune femme va devoir écouter les fantômes du passé…

Ce que j’en pense…

Un chassé-croisé étonnant entre le passé et le présent voir presque le futur de cette affaire qui défraye la chronique depuis 15 ans. Une structure peu commune qui déstabilise au début mais qui peu à peu s’imprime, s’impose et nous apporte un sentiment tout à fait spécial, une dimension toute particulière.

Deux équipiers, Sarah et Stan. Deux âmes perdues au service d’une même cause, d’une même obsession. Deux personnages fabuleusement construits ou plutôt fabuleusement fracassés.

Une course poursuite non pas après un homme puisque Simon Duggan, dit le Géant de Brume est arrêté depuis le début mais après une histoire, une vérité, une terrible vérité qui les ébranlera tous. Une affaire qui quelque part éveille en chacun ses propres peurs d’enfants.

Une atmosphère fabuleuse et c’est clairement ce que j’ai le plus adoré dans ce livre.
Une ville en perdition harassée par les subprimes en toile de fond. Une désolation que l’on pourrait presque toucher du doigt. Une noirceur épaisse, glauque, fantomatique. C’est juste brillant ! (ça doit être pour détonner avec la noirceur 😜)

Le nom du coupable est connu depuis le début et pourtant le suspense est à son comble tout au long. On cherche à savoir, à comprendre le pourquoi du comment. On sent qu’il y a bien plus derrière cette légende que de « simples » meurtres. C’est fortiche ça non ?

La trame est originale alors que le sujet a été maintes et maintes fois utilisé et travaillé. Elle est rondement menée. Difficile, d’ailleurs, de croire qu’il s’agit là d’un premier roman. La plume est affirmée, obscurément poétique. Le style est excellent. Bref j’ai adoré ! 

La douleur s’insinue, se glisse. La peur stagne. L’espoir, la lumière tente tant bien que mal de se faire une place. Les sentiments, les émotions…Tout s’entremêle  pour vous conduire à ce final. Le final. THE final comme je les aime. Fabuleux, réaliste, génial !

Clairement à lire et un auteur à suivre de très très près !

Les chiens de Détroit – Calmann-lévy – 300 pages

 

 

 

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2 commentaires sur « Les chiens de Détroit – J. Loubry – 2017 »

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