J’entends le bruit des ailes qui tombent – G. Paladini – 2015

Extrait:

« Al revint à l’endroit où le corps avait été découvert. Le drap pendait toujours du plafond. Les yeux du flic glissèrent le long du linge pour plonger dans la flaque de sang.
Il nagea un temps dans l’écarlate, fouillant le liquide du regard. Le courant parut s’intensifier, l’éloignant du rivage. Al lutta contre les vagues qui le bousculaient, mais bientôt, à bout de forces, il n’eut d’autre choix que de se laisser emporter par leurs tourbillons. 
Autour de lui, les objets changèrent de couleur, embrassant un vermillon agressif qui lui brûla les paupières. Il cligna des yeux, secoua la tête pour reprendre ses esprits, mais le pourpre s’était tatoué dans ses rétines. Pris de panique, son cœur se mit à palpiter. Les vagues gorgées de sang prirent progressivement le forme de bêtes visqueuses qui rampèrent sur le sol, grimpèrent le long des murs et dévorèrent le plafond. Al se gratta nerveusement les avant-bras en priant pour que cette mascarade se termine, mais le sang continuait à affluer, faisant tanguer la pièce comme un bateau à la dérive. »

4ème de couverture:

New York. 1969. Entre les bouleversements sociaux et politiques qui saignent les Etats-Unis en cette fin de décennie, des meurtres ne pèsent pas lourds dans une ville comme New York. Mais lorsque des enfants sont retrouvés chez eux assassinés dans des mises en scène macabres, la terreur s’installe. Al Seriani, un flic rongé par la culpabilité depuis la mort de son collègue, est mis sur l’affaire. Mais l’instabilité de son état émotionnel ne lui rend pas la tâche facile. Révolté par sa vie personnelle chaotique et l’indifférence des suspects, il tente tant bien que mal de contenir la boule vibrante de rage qui grossit en lui. L’enquête le mène sur les traces d’une vieille légende qui le poussera à fouiller dans le passé obscur de l’humanité, un passé semé de cadavres où il se trouvera confronté aux origines de la cruauté des hommes, mais également à ses propres origines, dévoilant l’abominable vérité sur sa naissance.

Ce que j’en pense…

🎵 Noir, c’est noir 🎵 C’est une vieille chanson. Non pas que je l’aime particulièrement mais juste parce que ça décrit bien le livre de Gipsy. Pour du noir, c’est du noir !
Si vous êtes fan, vous allez être servi !

Suite de Sang pour sang , on retrouve l’illustre flic Al Seriani. Un Al marqué, désespéré pour ne pas dire au fond du gouffre. Dans un état peu descriptible qui le rend presque plus vil que la plupart des « méchants » du livre.

Et ce n’est pas le seul. Y a-t- il, non pas un pilote dans l’avion, mais un personnage, un seul, qui soit vraiment bien dans ses baskets dans ce livre ? Je vous laisse le découvrir 🙂

J’entends le bruit des ailes qui tombent, c’est un vrai multi-plongeon !
Dans le mal, dans le dur, le cru, dans la maltraitance, dans la came, le sexe, l’addiction,  mais surtout dans ce New York des années 60 avec cette ambiance toute particulière que Gipsy a su remarquablement retranscrire.
Un travail de documentation fabuleux qui donne, j’ai envie de dire « malheureusement », un réalisme puissant à cette fiction qui n’en semble pour le coup…plus tout à fait une…

Une plume vive, acérée, superbe qui nous emporte et nous transporte au plus loin de l’âme humaine !
Un style très mec où rien n’est édulcoré. Ca râpe, ça torture, ça chauffe, ça claque, ça cogne, ça déménage ! C’est jubilatoire !

L’intrigue est très bonne et très bien menée même si, par moment, la complexité, les tenants et les aboutissants nous filent un peu le tournis.
J’avoue, d’ailleurs, avoir préféré la trame du premier opus « sang pour sang » mais d’un poil !

Quoi qu’il en soit, une question subsiste: L’homme est-il fondamentalement bon ? Vraiment ? En êtes-vous sûr ?

Une auteure dont on n’a pas fini d’entendre parler, y a pas de doute  et moi j’adore !
Son petit dernier « Vices » est à naître dans quelques semaines chez Fleuve et pour ma part, je vais me précipiter !

 

« J’entends le bruit des ailes qui tombent » – Autoédité – 467 pages 

 

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6 commentaires sur « J’entends le bruit des ailes qui tombent – G. Paladini – 2015 »

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