Le baptême des ténèbres – G.Gilberti – 2014

Extrait:

« Puis arrive le 27 février. Après quatre jours de captivité, la situation vire au cauchemar. Il a en main un couteau à pain, sans doute pour lui préparer un sandwich. C’est à cet instant que tout bascule. On ne le saura probablement jamais, mais le déclencheur a pu être un petit rien, une insulte, une phrase dite au mauvais moment, une moquerie. Quoi qu’il en soit, ça le blesse dans ses profondeurs les plus obscures, ça réveille des images, des souvenirs. Ce petit rien soulève une tempête. Alors, il se jette sur elle et lui enfonce les doigts dans les orbites, il glisse, elle lutte et le griffe pour tenter de se défendre, d’où l’ADN sous ses ongles. Il continue à s’acharner sur ses yeux. Ce déclencheur était peut-être lié à son apparence, ou à la façon dont lui-même se perçoit ? Les yeux finissent par éclater. Ensuite, il prend ce qu’il a sous la main, il veut rentrer en elle, de quelque façon que ce soit. »

4ème de couverture:

Cécile Sanchez, commissaire de police spécialisée en criminologie, en analyse comportementale et en interprétation du langage non verbal, dirige une section d’élite de l’OCRVP, l’Office central pour la répression des violences aux personnes. Elle traque les criminels les plus dangereux et déviants de l’Hexagone. Entourée par un médecin-légiste aussi compétent qu’excentrique, un groupe méticuleux de la police scientifique et une section d’assaut structurée en meute, Sanchez devra cette fois percer les arcanes d’un tueur au psychisme atypique. Celui qui est rapidement surnommé « le Ramoneur » au sein des services de police, à cause de son penchant pour pénétrer ses victimes à la lame, signe ses actes en dessinant sur les visages des suppliciées un masque mortuaire à l’esthétique sanglante.

Alors que les enquêteurs luttent pour travailler à couvert, en retardant au maximum la fièvre médiatique, le tueur va accélérer la cadence et modifier son mode opératoire jusqu’à atteindre un niveau de barbarie insoutenable.

Au fil des investigations, la commissaire va plonger au cœur d’un dossier ténébreux. Heureusement, un spécialiste des profondeurs va la rejoindre en chemin et jouer le rôle d’un Virgile des temps modernes.

Ce que j’en pense…

La vache le truc ! Accrochez vos ceintures ! Non… Vos harnais de sécurité, c’est plus prudent !
Enveloppez-vous de papier bulle, mettez les pamires et les lunettes de protection…vous allez être malmenés …très malmenés…

Entrer dans un livre de Ghislain, c’est entrer dans quelque chose dont on ne sait pas si on va pouvoir en ressortir indemne. Pour ma part, ce ne fût pas le cas.

On retrouve toute l’équipe de Cécile Sanchez. Barthélémy, lui, est sur une affaire de poseur de bombe à Marseille et est pour le coup absent de cet opus.

Le baptême des ténèbres, c’est la traque d’un tueur hors norme, un tueur, certes malade, mais qui pour une fois n’a pas de passé particulièrement terrible. Pas d’histoires de sévices ou de maltraitances particulières. « Juste » un véritable psychopathe habité par le mal, pour de vrai et ce, depuis sa plus tendre enfance.
A peine au quart du livre, on connaît son identité. Pas de suspens de ce côté-là mais c’est sans aucune importance puisque l’ampleur de ce livre se situe bien ailleurs.
Le développement, la chasse à l’homme d’envergure ou plutôt la chasse à la bête devient le véritable enjeu.
Happée direct par les mots, par les personnages, je me suis retrouvée emportée dans le fond du mal, dans les perversions, dans la douleur à l’état brut.

Le baptême des ténèbres, c’est un plongeon dans le monde d’en dessous. Dans cette ville sous la ville. De cette vie sous la vie. D’un monde avec ses règles, ses principes, ses habitants et ses territoires. On frise la panique, la crise de claustrophobie. On se retrouve en apnée !

Toujours aussi techniquement au point. Précis, détaillé. Chaque chose est à sa place. Tout concorde, tout est sans faille. Les images s’imposent, s’impriment direct au fond de ma rétine. Tellement réaliste…C’est littéralement percutant et pourtant, le contraste des noms bibliques semblent vouloir conjurer le sort…semblent vouloir se placer au-dessus de l’horreur, au-dessus du mal… Un livre comme un rituel…

Tout en psychologie, c’est absolument génial ! Pour mon plus grand plaisir, la synergologie est toujours omniprésente au travers de Cécile. Son analyse des personnages me fascine à chaque fois. Je relis chaque passage, je revois, je reprends le comment du pourquoi…Et ? Je jubile !
Fidèle à elle-même, elle prend encore plus de corps dans cet opus. Je l’adore, c’est certain !

Un retour sur les faits du » Le festin du serpent  » On suit l’évolution de l’affaire qui nous réserve quelques rebondissements. On ne s’y attendait pas 😜

Le baptême des ténèbres c’est aussi une fin bouleversante qui tirerait presque les larmes…

Ghislain  confirme cet art de nous surprendre, de nous faire voguer sur toutes nos émotions. De nous emmener dans l’horreur mais aussi dans la poésie et la beauté. Un véritable paradoxe.

Pas de chichi, pas de faux semblant. Du vrai, du fort de la vraie vie. Comme ça se passe vraiment, sans véritable « Happy end » parce que les super « Happy end » c’est que dans les livres…

Un véritable orgasme littéraire…Je n’en dirai pas plus !

 

Publicités

7 commentaires sur « Le baptême des ténèbres – G.Gilberti – 2014 »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s