Enflammés – J. Jenzer – 2017

Extrait:

« Des sirènes se firent entendre, d’abord faiblement, puis leurs chants monotones s’amplifièrent peu à peu et quatre ambulances suivies de deux immenses camions rouges arborant les armoiries de la ville de Montervan finirent par déboucher au sommet de la route en lacets. En moins de cinq minutes, les hommes venus en appui déployèrent leur dispositif avec précision et discipline avant d’attaquer le brasier géant avec de l’eau projetée par deux gigantesques lances. Ensuite quand l’incendie eut baissé d’intensité, une dizaine de pompiers vêtus de combinaisons ininflammables – qui leur donnaient des airs de cosmonautes – et armés d’extincteurs se précipitèrent dans les restes incandescents de la bâtisse. Pendant que l’on tentait de dompter les dernières flammes, deux autres véhicules de sapeurs-pompiers arrivèrent sur place, ainsi que six ou sept ambulances supplémentaires, deux bus de gendarmerie et deux hélicoptères de la police. Verner, condamné à observer la scène de loin et sans pouvoir prendre de photos, mesura alors un peu mieux la gravité des événements: l’affaire s’avérait plus sérieuse qu’on n’aurait pu le croire avant l’arrivée des renforts, du moins le pensait-il, eu égard à l’ampleur des moyens de secours mis en œuvre, moyens dignes d’une véritable catastrophe. Tout en griffonnant des notes sur son calepin, il se rapprochait à petits pas du lieu sinistré et tendait l’oreille dans l’espoir de surprendre quelques bribes de conversation entre policiers et secouristes qui lui permettraient d’étoffer son article. D’abord, à l’écoute d’un pompier qui s’adressait à l’un de ses supérieurs, il crut comprendre qu’on avait de sérieuses raisons de penser que l’incendie ne s’était pas déclenché d’une manière accidentelle. Peu après il entendit un infirmier et un homme en civil portant un brassard de police parler de cadavres alignés sur le sol du rez-de-chaussée du grand chalet.

4ème de couverture:

Ce jour anodin d’octobre 1974, Marc Verner, journaliste à L’Ouverture, ne s’attend pas à découvrir l’horreur, alors qu’il se rend à une interview de routine dans une petite station de montagne.

Des cadavres carbonisés dans un chalet sinistre, un mystérieux homme d’affaires pas très net, un policier sombre et désabusé, une femme trop belle pour être honnête vont le lancer sur un jeu de piste où une mort brutale peut se dissimuler derrière chaque visage.

Qui a orchestré ce « suicide collectif » qui ressemble plutôt à un massacre bien prémédité?

Un polar vintage, une enquête passionnante qui mène droit dans les flammes de l’enfer, une montagne à l’atmosphère suffocante!

Ce que j’en pense…

Si le feu vous fait peur, si les flammes vous inquiètent, vous aurez du mal à vous laisser emporter par l’ambiance largement plus qu’enflammées de ce livre !
Ou attendez peut-être l’hiver, histoire de ne pas rôtir à chaque page …
Le feu est réellement un personnage à part entière. Une présence jamais très loin, toujours prêt quelque part…

Un plongeon, non pas dans l’eau, mais dans les abysses des sectes.  Un récit clairement inspiré du massacre de l’ordre du Temple Solaire de 1994, qui hante encore largement nos esprits.
La base de l’histoire est sensiblement la même (Je m’étais beaucoup documentée à l’époque sur cette affaire fascinante, si je peux me permettre de le dire ainsi. Je vous conseille d’ailleurs, au passage, le livre de Thierry Huguenin, « le 54ème » qui n’est autre que le récit d’un survivant…édifiant ! )
Mais bon, là, je m’égare…revenons-en donc à nos moutons !

Enflammés, c’est un polar qui ne se passe pas en Valais mais pourtant toutes les images qui me sont venues à l’esprit étaient bel et bien plus que largement valaisannes. Donc pas valaisan mais presque !

Enflammés, c’est un personnage : Verner, que j’ai trouvé franchement génial. Journaliste, gauche, un peu paumé, pas très efficace, un peu à côté de la plaque, qui ne peut pas s’empêcher de reluquer le moindre bout de dentelle et surtout genre à ne pas avoir de pellicule dans son appareil photo.
Je me suis attachée de suite à lui et ai trouvé sympa et original que l’enquête soit menée par lui, journaliste, en lieu et place du sempiternel flic.
Les flics sont tout de même présents avec, entre autre, l’inspecteur Doret (Un peu caricaturé, il faut le dire) mais leurs rôles sont franchement secondaires.

Enflammés c’est aussi et surtout une autre époque, une autre façon de faire et ce côté vintage, sans technologie, sans ADN et tout le toutim m’a beaucoup plu. Retrouver les bonnes vieilles enquêtes au flair, c’est top ! Et sans pour autant tomber dans le vieux polar à la Maigret. Bien au contraire !

Happée, je l’avoue, dès la première page et lu d’une traite.  La plume est fluide, le style très bon. Des sous chapitres courts qui maintiennent habilement le suspense. L’intrigue est bien menée, tient largement la route et le final est rondement goupillé, excellent. Juste comme je les aime mais je ne vous en dirai rien de plus 😜

Un premier livre plus que prometteur que je vous recommande vivement.
Et un auteur à suivre de très très près !!!

 

Livre sélectionné pour le prix du Polar Romand 2017

 

 

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3 commentaires sur « Enflammés – J. Jenzer – 2017 »

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