Disparue – D. Bell – 2017

Extrait:

« Les mois qui ont suivi le décès de Davis et Chris, j’ai pleuré tous les jours, parfois sans discontinuer. Je me souviens avoir pensé, en regardant des inconnus dans la rue, qu’ils souffraient peut-être sans que je le voie, de la même façon qu’ils ne pouvaient déceler le chagrin que j’endurais. S’il existait une version du luminol – le produit qui sert à détecter les traces de sang sur les scènes de crime – qui permette de révéler la présence de la douleur, la moitié des gens qu’on croise scintilleraient comme des arbres de Noël.

Je ne sais plus quand la souffrance permanente a diminué, mais c’est arrivé. J’ai pu passer une journée sans verser de larmes, me lever sans avoir envie de retourner au lit tout de suite. L’oubli est une bénédiction.

Mon mari et mon frère, et maintenant ma meilleure amie, me manquent, de façon si aigüe qu’il m’arrive de gémir tout fort. Je m’entends, et je crois que ce cri déchirant a été poussé par quelqu’un d’autre. Mais je ne suis plus au point où je redoute de ne pouvoir tenir jusqu’au soir. »

4ème de couverture:

Elle est votre meilleure amie. Elle connaît tous vos secrets. C’est ce qui la rend si dangereuse…

Cela commence par un simple petit service – du genre de ceux que se rendent volontiers deux mères de famille.
Tout oppose en apparence Stephanie, une jeune veuve sans emploi qui partage son temps entre son fils Miles et la rédaction de son « blog de maman », et Emily, une femme d’affaires sophistiquée et mariée.
Elles s’entendent pourtant à merveille et ont noué, dans leur petite ville du Connecticut, une amitié aussi forte que celle qui lie leurs deux fils de cinq ans.
Et lorsqu’Emily lui demande de récupérer son fils Nicky à la sortie de l’école, Stephanie accepte tout naturellement. Mais Emily ne revient pas, et les masques tombent, les uns après les autres. Car si ni l’amour, ni l’amitié ne durent toute la vie, la vengeance ne connaît pas de limites. Et la peur non plus.

Ce que j’en pense…

Une histoire en apparence toute simple: Stéphanie en bobonne joue l’épouse et la mère parfaite jusqu’à la mort de son mari et de son frère dans un accident de voiture. Elle continue en veuve et mère parfaite. Sa principale activité est la gestion de son blog destiné à d’autres mères parfaites. Elle y livre toutes ses pensées et ses craintes quant à la disparition de son amie Emily.

Une histoire de folie ou plutôt un drame…difficile à dire mais quoi qu’il en soit, nous nous retrouvons clairement face à des personnes qui dérapent !

Un traité sur la culpabilité, le deuil, le ressenti.
Pas de sang, pas d’hémoglobine, pas de violence en tant que telle, juste une atmosphère pesante et oppressante. Une montée crescendo dans un truc de ouf où les apparences sont plus que trompeuses, où il devient difficile de faire la part des choses entre le bien et le mal.
Insidieux, on se retrouve happé par cette histoire tellement encrée dans une réalité qu’elle en devient plus terrifiante que bien des histoires aux tueurs sanguinaires.

Deux femmes, deux visions, deux destins qui se retrouvent. Chacune devra d’une manière ou d’une autre tirer son épingle du jeu mais attention, dans ce monde d’apparence, de belles familles, de belles maisons…manque juste le chien d’ailleurs 😜 se cachent parfois des personnages surprenants, terrifiants auxquels on ne s’attend pas !

Chaque personnage parle et raconte à la 1ère personne dans un chapitre dédié. Ce qui rend les récits saisissants et nous permet de nous fondre dans leurs pires pensées. L’idée du blog est novatrice est apporte, elle aussi, son impact. De plus, chaque scène ou presque est revue sous un autre angle par un autre personnage et c’est réalisé avec maestria. Juste ce qu’il faut pour que cela ne soit pas répétitif ni barbant mais au contraire fascinant. C’est psychologiquement brillant ! Les personnages le sont aussi, même si Stéphanie est tout de même un peu trop niaise à mon goût.

Un premier livre plus que prometteur où l’on ne sait plus très bien si les personnages sont machiavéliques ou totalement désespérés. Cruels ou réels ?

L’ambiguïté est constante
La douleur omniprésente
La folie bien réelle
L’imagination lumineuse
Le mensonge, la base de tout

Un rêve de folie qui passe à la réalité, un parcours cinématographique plus qu’intéressant, des sensations surprenantes qui nous font alterner entre la compassion, le dégout et une certaine tendresse. « Mensonge » aurait, du reste, été un titre parfaitement adapté puisque tout est faux…puisque chaque parole doit être soupesée.

Tout public, Disparue est un livre incontournable que j’ai vraiment beaucoup aimé !
Il sort aujourd’hui 6 avril presque simultanément que sa version originale américaine et si j’étais vous, je foncerai !!!

Un grand merci aux éditions Hugo Thriller pour l’envoi de ce livre 🙂

 

J.F partagerait appartement, un film qui m’a poursuivie pendant longtemps et qui d’ailleurs, me poursuit encore…

 

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