Je m’appelle Birdy – F. Mannara – 2017

Extrait:

« Ils sont arrivés les uns après les autres, seuls ou en couple, accueillis à la porte par le maître de maison. J’étais déjà là, dos au mur, portant un cendrier dans chaque main. Statue de chair. De leurs yeux vides, ils m’ont chacun leur tour explorée, détaillée, disséquée, me transformant d’un regard en un quartier de viande avariée. Quelques-uns me reconnaissent, la plupart s’en moquent. Ils passent lentement, déposent leurs manteaux et le reste de leurs vêtements au vestiaire puis se dirigent nus vers le salon. Je vide mon cendrier pour la cinquième fois. Certains, maladroitement, font riper leur cigare ou leur cigarette sur mes avant-bras, puis s’excusent en souriant. Les traces de cendre me remontent jusqu’aux coudes, j’ai de petites cloques sur le poignet droit. Je reste impassible, me mordant les joues. J’ai du sang d.ans la bouche, pâteux, épais.
On a fermé la porte d’entrée. On boit, on fume, on touche, on engloutit tout ce qui se trouve sur les tables. Les voix se font plus fortes, les rires plus dangereux. L’élégance affichée en début de soirée par la clique éparpillée dans la pièce a laissé place à des corps flous, des haleines lourdes et une odeur âcre de foutre et de merde. »

4ème de couverture:

Paolo, guitariste underground, fait de la filature pour un détective privé. Sa mission : suivre Birdy, jeune femme en péril qui a fui son milieu huppé pour vivre avec des squatteurs.

Au même moment, une crise sanitaire éclate. Des douzaines de jeunes meurent après avoir consommé une nouvelle pilule bleue, sorte de « roulette russe chimique » qui fait fureur dans la nuit parisienne. L’inspecteur Ibanez est chargé de l’enquête.

Birdy est-elle liée à cette dérive macabre ? Comment stopper cette drogue qui cible les moins de trente ans ? Des bas-fonds de Paris aux salles de répèt, Je m’appelle Birdy est un polar toxique. Un voyage choc dans les ténèbres de la nuit, un scénario aussi haletant qu’effrayant.

Ce que j’en pense…

Le titre en premier abord m’a clairement fait penser au film « Birdy » d’Alan Parker mais rien à voir, je vous le dis tout de suite !

« Je m’appelle Birdy » c’est un plongeon dans le Paris underground ou chaque personnage est une image en soi et c’est surtout une descente dans toutes les perversions. Là où l’argent peut tout s’offrir, là où on avilit, on utilise, on se sert sans se préoccuper de quoi que ce soit.
Un monde sans foi ni loi. Sans respect. Ce monde ou tu peux devenir un simple morceau de bidoche ou une pompe à fric.

Un livre très imagé, très graphique. Un livre plus comme un récit où on y ressent un vécu certain.
Un univers de bécane mais surtout de musique, beaucoup de musique. Même le flic, Alfonso Ibanez,  porte le nom d’une marque d’instrument, c’est pas peu dire 🙃
« Je m’appelle Birdy » c’est un rythme effréné comme une chanson qui masse avec cette touche indéniable de « Eyes Wide Shut » de Kubrick. Un film qui m’a toujours fascinée et que j’ai vu un nombre incalculable de fois.

L’histoire d’une pilule bleue qui tue, terrorise, fascine. Une pilule qui, au final, ne fait que mettre en lumière une société qui, à moi, me fait peur.
Une société où on est prêt à tout, même à jouer avec sa vie pour faire le buzz sur les réseaux sociaux. Une société où l’on est prêt à avaler n’importe quoi, même la mort, pour rechercher des sensations toujours plus fortes…
Une drogue qui sévit telle une épidémie et qui pourtant suscite un incroyable engouement. Cette histoire quelque part représente l’image même de la bêtise humaine et ça j’ai adoré !

je m'appelle birdy image

Je déplore cependant beaucoup de longueurs ainsi qu’une sensation de montagne russe… Un manque de constance net. Des passages franchement remarquables où tu t’accroches et te dis wow c’est bon alors que d’autres sont longs, trop descriptifs et vraiment bof… Quelques points pas trop crédibles surtout dans ce contexte ultra-réaliste. Un premier livre c’est certain et, sans doute, avec un peu plus de maturité on toucherait au très bon.

A préciser tout de même que certaines scènes sont franchement dures, crues et brutales!

Une chose est sûre, l’écriture par moment résonne comme une chanson, comme des paroles presque poétiques…noires mais poétiques…noires mais belles 🙂

 

Playlist « Je m’appelle Birdy »- deezer

 

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