La piqûre – M-C. Horn – 2017

Extrait:

« Le sachet lui échappa des mains et tomba sur le sol en un bruit mou. Sur le parquet blanc, à l’entrée de la salle d’eau, le sang coagulé par endroits s’étalait en une mare. Malgré elle, l’image des tags sur les murs de l’immeuble lui traversa l’esprit. Un oppressant brouillard lui voila les yeux alors qu’un grésillement sourd envahissait son cerveau. Une myriade de fourmis se propagea aux extrémités de ses membres, décuplant le poids de ses jambes. Elle resta plantée là, tétanisée d’effroi, durant des secondes qui lui parurent une éternité. Puis tout son corps se mit en branle, comme si l’on avait appuyé sur la touche « accélération » d’un caméscope. Elle courut jusqu’à la porte semi-ouverte qu’elle poussa d’un coup de coude, s’interdisant de regarder le plancher.
Emporté par son élan, son pied glissa dans la flaque rouge foncé qui recouvrait le carrelage et elle s’étala de tout son long, goûtant le sang qui l’avait éclaboussée. »

4ème de couverture:

Lorsque Lou découvre le cadavre de son amant brésilien dans la baignoire, son monde s’écroule. Refusant l’hypothèse du suicide, envers et contre tous, elle choisit d’explorer le passé de Carlos. Une vie bousculée, fragile et insoupçonnée se dévoile, l’obligeant a combattre ses propres démons. Le roman s’ouvre sur une anodine piqûre de moustique, mais à l’image de l’intrigue, la lésion enfle, suppure et ronge sa victime. L’efficacité narrative de cette affaire, délicieusement ambigüe et épidermique, procure une lecture compulsive et inquiétante.

Ce que j’en pense…

Tel le venin du moustique qui a piqué Lou Pascal, le doute, la douleur, la tristesse, la rage s’instillent en elle. Insidieusement, durement mais attention… ils vont s’instiller en vous de la même manière…

Un livre où les apparences sont trompeuses.
Les apparences sont d’ailleurs presque « le personnage » principal. Les apparences n’étant peut-être qu’apparence.
L’ambigüité tient le second rôle.
Même l’amour y est ambigu…entre passion et emprise, difficile de trouver la limite !
Un livre où chacun a, semble-t-il, quelque chose à cacher, où chacun peut révéler une face bien différente.

De Lausanne aux Favelas de Rio, cette œuvre nous emporte dans un tourbillon d’émotions, à fleur de peau, écorchée comme l’est la piqûre de Lou.
On touche du doigt chacune de ces émotions, chacun de ces personnages.

Un questionnement sur le suicide, sur la culpabilité. Un livre qui touche, qui bouleverse. D’ailleurs, la scène où Lou découvre Carlos « suicidé » dans sa baignoire est à la limite du soutenable…

On s’interroge, on se questionne, on se demande où toute cette histoire, rondement menée, va bien pouvoir nous mener.

Le style est fluide, la plume vive, acérée est juste excellente, comme toujours.
Mais ce livre a surtout ce quelque chose de spécial qui ne s’explique pas. Ca se sent, ça se perçoit…et je remercie Marie-Christine de nous offrir cette émotion que l’on sait venue des tripes et ça c’est magique !

Un livre court qui se lit d’une traite et si j’ajoute qu’il a presque un petit côté « Basic instinct » c’est encore plus tentant hein ?

On fonce sous peine de vraiment rater quelque chose !!!

 

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4 commentaires sur « La piqûre – M-C. Horn – 2017 »

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