Mör – J. Gustawsson – 2017

English version at the Bottom of the article 🙂

Extrait:

« Il pointa du doigt les deux endroits, de part et d’autre de la gorge de la victime, où la trace violacée s’épaississait. Bergström se pencha pour inspecter les marques. Des relents aigres et rances, mélange des émanations de décomposition et de produits détersifs, le forcèrent à reculer.
– Pas de trace de violences sexuelles. Les morceaux de chair ont été découpés post mortem à l’aide d’un couteau de cuisine, lame d’une quinzaine de centimètres, bien aiguisée. Sa cheville gauche présente des lacérations profondes, dont l’empreinte ressemble aux larges maillons d’une chaîne.
– Des marques récentes ? s’enquit le commissaire.
– Oui.
– Datées de combien de temps avant la mort ?
– Soixante-douze heures tout au plus.
– Maintenue en captivité, suggéra Hansen en avalant une autre pastille mentholée.
– Son estomac était pratiquement vide, poursuivit le légiste. J’y ai seulement trouvé des traces de citron, de gingembres et de miel.
– Il lui faisait des tisanes, ou quoi ? grogna le détective.
– Tache de naissance, cicatrice, tatouage ou autre ? questionna Bergström.
– Les trois. Une tache de naissance à la pliure du genou, une cicatrice sous le menton, très vieille, et un trèfle à quatre feuilles tatoué sur la nuque.
Hansen nota les informations sur son portable.
– Autre chose ? demanda le commissaire.
– Oui. J’ai retrouvé une plume noire enfoncée dans chaque conduit auditif. »

4ème de couverture:

On retrouve, en Suède, un cadavre de femme amputé de plusieurs kilos de chair. Au même moment, à Londres, Emily Roy enquête sur une disparition inquiétante : une actrice célèbre a été enlevée, et ses chaussures abandonnées à proximité de son domicile, dans un sac plastique, avec une paire de chaussettes soigneusement pliées dedans.

Ces deux crimes portent la signature du serial killer qui a tué l’ancien compagnon d’Alexis Castells au moment de son arrestation : Richard Hemfield. Hemfield est enfermé à vie à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor, pour le meurtre de six femmes, retrouvées, en l’espace de deux ans, assassinées et amputées de leurs seins, de leurs fesses, de leurs cuisses et de leurs hanches…

Le problème, c’est que Richard Hemfield est en prison depuis dix ans. Comment expliquer que ses crimes recommencent ?

Le nouveau roman de Johana Gustawsson plonge cette fois encore ses racines dans l’histoire : au cœur du Londres du XIXe siècle, dans les ruelles sillonnées par Jack L’Éventreur.

Ce que j’en pense…

Par où commencer ? Comment chroniquer un tel livre en se disant tout au long, faut que je sois à la hauteur, faut que je réussisse à faire comprendre à tout le monde à quel point il est excellent ?

Ok au moins j’ai annoncé la couleur direct…Vous l’avez compris…pépite à bâbord, à tribord et attaque de tous les côtés !!!

Johana nous transporte, comme dans Block 46, dans une histoire à époques multiples et lieux multiples. On voyage c’est certain ! Accrochez-vous, c’est parti !
Nous voilà donc à Falkenberg, Suède en 2015 et à Londres, Royaume- Uni en 1888 et 2015.

Un peu compliqué au début, beaucoup de personnage qui ont des noms à coucher dehors, comme on dit chez moi. Plus difficile à retenir, j’ai dû pas mal me concentrer…enfin là, c’est aussi la faute à mes vieux neurones…
Quoi qu’il en soit, chaque endroit et chaque époque est clairement identifié et en fait une histoire où les histoires se mélangent sans pourtant jamais s’emmêler. Passé, présent, cas prétendument résolu ou non et c’est pourtant loin d’être évident !

Me voilà donc embarquée dans un fabuleux voyage qui m’emporte dans le Londres de l’époque Victorienne où l’on revit la folle histoire de Jack l’éventreur « The Ripper » dans ces moindres détails, où l’on bascule de la belle noblesse anglaise aux rues puantes à la populace grouillante de vermine. Je me retrouve aussi dans le Londres d’aujourd’hui.
On plonge tête la première dans la culture suédoise et on s’en délecte.
J’ai grandement apprécie ce soucis du détail qui n’en est pas pour autant lourd ou pédant,  admiré le travail de documentation et retrouvé dans cet ouvrage sa passion pour l’histoire.

Ca c’est pour la toile de fond, la trame, elle, est bien plus complexe,  plus tordue, plus machiavélique, plus terrifiante, plus horrible et pourtant quelque part émouvante.

Emily et Alexis, après l’affaire Ebner de Block 46,  se retrouvent à nouveau, ensemble, sur une enquête. Une sombre affaire où les cadavres s’amoncellent, où une actrice connue disparaît, où tout ce qui semblait acquit ne l’ai pas forcément puisque le potentiel tueur se trouve actuellement sous les verrous. Une affaire qui semble directement liée à cette folle époque de Jack l’éventreur ou peut-être, d’ailleurs, à lui directement ?

Des chapitres courts, une plume exceptionnelle, des dialogues spontanés et naturels, un rythme soutenu et effréné. Des rebondissements, des retours de situation là où on s’y attend le moins, bien entendu. Un suspens maintenu jusqu’au bout tout en étant ponctué d’indices savamment placé de ci de là nous permettant de se poser des questions et tenter notre chance à la roue de qui est le tueur ! Même si on finit par se faire rouler dans la farine et se dire qu’elle est vraiment très forte !
Des termes crus, de scènes horribles, des mots durs et des perversions décrites avec beaucoup de style.

L’horreur s’entremêle avec la douceur et la différence car Mör c’est aussi un regard sur l’Asperger et le personnage d’Alienor qui m’a beaucoup fait penser à Saga Noren de la série « Broen » et que j’aurai adoré plus présente encore.

Mais Mör c’est surtout des enfants, beaucoup d’enfants. Des familles et des mères, beaucoup de mères.
La relation avec la mère est omniprésente, sous toutes ses formes, dans un large panel. Bonne ou mauvaise, douce ou destructrice, ravageuse ou heureuse, aimante ou haineuse, folle ou normale. Une vision profonde et très touchante avec un émotionnel à fleur de peau. Le titre m’est clairement apparu comme une évidence et j’avoue avoir été émue dans toute cette horreur. Touchée au plus profond. Une drôle de sensation qu’il est, en fait, difficile d’expliquer. Un des ces trucs qui s’insinue en toi et t’embrouille la tête…

Elle nous a clairement bluffée avec Block 46 mais voilà qu’elle remet ça de plus belle ! Je vous l’avais dit, il y a maintenant un an environ…Elle ira loin Johana, très très loin et si je devais, aujourd’hui, miser toute ma fortune, aussi maigre soit-elle, sur elle. Je le ferai les yeux fermés !

Je ne vais rien dire de plus…même si je pourrai encore écrire des pages et des pages et parler même de trucs dingues mais qui spoileraient direct…
C’est tout simplement MAGISTRAL !
Bref, je vous laisse le découvrir…

Un spécial Thank you à toi Johana qui m’a émue aux larmes dans tes remerciements, merci pour ce que tu es ! Ne change jamais !

Joahana remerciements

English version of what I think of it …

Where to start? How can I chronicle such a book by saying to myself all along, I have to be up to the task, I have to succeed in making everyone understand how excellent it is?
Okay at least I announced the direct color… You understood it… nugget to port, starboard and attack from all sides!!!!
Johana transports us, as in Block 46, into a history of multiple times and places. We’re definitely traveling! Hang on, let’s go!
So here we are in Falkenberg, Sweden in 2015 and in London, United Kingdom in 1888 and 2015.
A little complicated at first, a lot of characters who have names to sleep with outside, as they say in my country. More difficult to remember, I had to concentrate a lot… well, it’s also the fault of my old neurons…
In any case, each place and each time is clearly identified and makes it a story where stories blend together without ever becoming entangled. Past, present, case supposedly solved or not and yet it is far from obvious!
So here I am on a fabulous journey that takes me back to Victorian London, where the crazy story of Jack the Ripper is told in every detail, from the beautiful English nobility to the stinking streets to the vermin-filled rabble. I also find myself in today’s London.
We dive head first into Swedish culture and enjoy it.
I greatly appreciated this attention to detail, which is not heavy or pedantic, admired the documentation work and found in this book his passion for history.
That’s for the backdrop, the plot, on the other hand, is much more complex, more twisted, more Machiavellian, more terrifying, more horrible and yet somehow moving.
Emily and Alexis, after the Ebner case of Block 46, meet again, together, on an investigation. A dark affair where corpses pile up, where a known actress disappears, where everything that seemed acquired does not necessarily have it, since the potential killer is currently under lock and key. A case that seems directly related to this crazy time of Jack the Ripper or maybe, for that matter, to him directly?
Short chapters, an exceptional feather, spontaneous and natural dialogues, a sustained and unrestrained rhythm. Developments, returns where we least expect them, of course. A suspense maintained to the end while being punctuated by clues skilfully placed here and there allowing us to ask ourselves questions and try our luck at the wheel of who the killer is! Even if you end up getting rolled in flour and telling yourself it’s really very strong!
Raw terms, horrible scenes, harsh words and perversions described with a lot of style.
Horror is intertwined with sweetness and difference because Mör is also a look at the Asperger’s and Alienor’s character that made me think a lot of Saga Noren from the « Broen » series and that I would have loved even more present.
But Mör is mostly children, many children. Families and mothers, many mothers.
The relationship with the mother is omnipresent, in all its forms, in a wide panel. Good or bad, sweet or destructive, devastating or happy, loving or hateful, crazy or normal. A deep and very touching vision with an emotional touch. The title clearly seemed obvious to me and I must admit that I was moved by all this horror. Touched deep down. A strange feeling that is, in fact, difficult to explain. One of those things that creeps into you and confuses your head…
She clearly bluffed us with Block 46 but now she’s doing it again! I told you, about a year ago now… She will go far away Johana, very far away and if I had to bet all my fortune, however meager it may be, on her today. I’ll do it with my eyes closed!
I’m not going to say anything more… even if I can still write pages and pages and even talk about crazy stuff but that would spoil direct…
It’s simply MAGISTRAL!
Anyway, I’ll let you discover it….
A special Thank you to you Johana who moved me to tears in your thanks, thank you for what you are! Don’t ever change!

 

mor-astrid

 

 

 

11 commentaires sur « Mör – J. Gustawsson – 2017 »

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