La maison des brouillards – E. Berg – 2017

Extrait:

« L’assassin monstrueux inventé par les médias et la littérature n’a jamais vraiment existé, et l’image est aujourd’hui largement écornée. Les meurtriers et meurtrières, qu’on voit passer dans le journal du soir, menottes aux poignets et visage masqué de noir, sont d’une normalité effrayante. Ce sont des voisins avec qui on a discuté par-dessus la haie, des collègues de travail qui ont aidé à organiser la fête de l’entreprise, le cousin avec qui, enfant, on jouait au badminton dans le jardin et qui, aujourd’hui encore, envoie une carte postale à Noël et aux anniversaires. Ce pourrait être nous.
Leur différence tient plutôt à la raison profonde de leur acte, au vrai motif du meurtre. Si on met de côté les meurtres vulgaires pour toucher l’héritage, les crimes de pervers sexuels et les crimes passionnels, il reste des hommes qui tuent tout à coup leur femme et parfois leurs enfants, les femmes qui enterrent leur bébé vivant, les frères qui poignardent leur soeur sur l’ordre du père parce qu’elle a osé vivre sa vie, les collégiens qu tirent subitement sur ceux qui les entourent, les jeunes qui assassinent toute leur famille.
Les mots qui reviennent alors pour en parler sont toujours les mêmes: rage, fureur, vide, absence d’espoir, folie, jalousie, vengeance, et nous imaginons les tueurs emplis de ces émotions. Un seul mot n’apparaît que très rarement, hélas, et pourtant, il est pour moi la clé de ces histoires: la peur. »

4ème de couverture:

Après quinze ans, quatre copains d’avant se retrouvent par internet. L’un est devenu architecte et invite les trois autres dans  sa grande maison de verre au bout d’une île. Avis de tempête, le  week-end tourne au cauchemar. Trois assassinats, un coma  profond. Que s’est-il passé dans La Maison des brouillards ? Deux ans plus tard, une journaliste reprend l’enquête.

Ce que j’en pense…

Une bande de copain qui se retrouve. Une bande de copains qui ont fait, 15 ans plus tôt, les 400 coups ensemble. Quelques jours de retrouvailles sur l’île de Hiddensee, dans la maison du brouillard. Des retrouvailles qui auraient du être une vraie fête mais qui ont, pourtant, très vite, tourné au vinaigre. Ils ont vieilli, changé. Ils ne se supportent plus vraiment, se jugent à l’emporte pièce et même se suspectent…

Trois cadavres, un coma et 2 ans plus tard, Doro Kagel, journaliste spécialisée dans les affaires de meurtre est mandatée pour écrire un article sur cette fameuse affaire, dont le présumé meurtrier est dans le coma, n’a jamais été clairement résolue.

Doro va alors découvrir ce qui s’est vraiment passé cette nuit-là…

Un film que l’on rebobine après avoir vu la fin. Un huit clos à la Agatha Christie où tout le monde est un potentiel suspect, où l’on se demande ce qu’il a bien pu se passer et surtout qui et pourquoi ? Chacun y passe, chacun son tour, chacun avec des raisons potentielles.

Un come-back astucieux  au travers de l’enquête de Doro puisque les chapitres naviguent entre le passé et le présent. Plus que naviguer, on se fait clairement mener en bateau…normal me diriez-vous puisque nous sommes sur une île 😁

L’atmosphère de l’île est parfaite. Sombre et glauque à souhait ! Un dénouement fracassant, une intrigue bien menée de bout en bout. Des personnages bien travaillés. Un style fluide. Je déplore juste une lenteur sur le milieu du livre qui détonne avec le début prenant et la fin qui l’est tout autant et n’ai pas compris pourquoi le titre est « la maison des brouillards » alors que tout au long du livre, on parle de « La maison du brouillard ». C’est pas grave mais c’est un truc qui ça m’a turlupinée !

Un plongeon dans le Cambodge sous le régime de Pol Pot. Le plaisir de trouver un auteur de culture différente avec tout ce que cela apporte d’enrichissant. Un petit côté nordique et quelques belles morales.

 » Tout ce qui arrive, du meilleur au pire, résulte toujours d’une multitude d’actions et de choix de toutes sortes de gens. Nous ne pouvons que rarement évaluer les conséquences de ce que nous faisons ou omettons de faire et nous deviendrions fous si nous tentions à chaque pas d’analyser le suivant. »

Et au final, la question est peut-être: Change-t-on avec le temps ? Retrouver de vieux amis (en dehors de la petite tuerie, bien sûr…😜) est-il bien ? Ou certaines choses devraient rester là où elle étaient ?

Un grand merci aux éditions « Slatkine & Compagnie » pour l’envoi de ce manuscrit 🙂

 

Un joli plongeon dans la série germano-suisse qui avait bercé mon enfance « Zora la rousse » tiré du roman de Kurt Held

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