Le sang du monstre – A. Land – 2016

Extrait:

« Et puis il y aura aussi un intérêt professionnel autour de toi, des gens qui voudront t’interviewer, faire des scanners de ton cerveau pour essayer de te comprendre. Les tueuses qui opèrent seules (je sais, j’étais là, moi aussi, mais n’empêche) sont rares. Et puis il y aura tous les autres, ceux qui rodent dans l’ombre, qui observent, comme ceux que tu as invités à mon anniversaire. Les admirateurs. A mon avis, tu recevras un sacré nombre de lettres. Une ou deux demandes en mariage. La reine d’un monde trop noir pour qu’on accepte de reconnaître son existence. Le monde des gens ordinaires habités par un mal extraordinaire. Le cerveau des psychopathes est particulier – j’ai fait mes calculs: quatre-vingts pour cent la génétique, vingt pour cent l’environnement.

Et donc moi.
Cent pour cent foutue. »

4ème de couverture:

J’ai raconté l’histoire, encore. Et encore. Je leur ai tout raconté. Enfin. Presque tout.

Après avoir dénoncé sa mère, une tueuse en série, Annie, quinze ans, a été placée dans une famille d’accueil aisée, les Thomas-Blythe. Elle vit aujourd’hui sous le nom de Milly Barnes et a envie, plus que tout, de mener une existence normale et d’être quelqu’un de bien. Elle a néanmoins beaucoup de difficultés à communiquer avec les ados de son âge et préfère les enfants plus jeunes, plus particulièrement une petite fille vulnérable du voisinage. Sous son nouveau toit, elle est la proie des brimades de Phoebe, la fille des Thomas-Blythe, qui ignore tout de sa véritable identité. À l’ouverture du procès de la mère de Milly, qui fait déjà la une de tous les médias, la tension monte d’un cran pour la jeune fille dont le comportement va bientôt se faire de plus en plus inquiétant.

Le Sang du monstre est un thriller obsédant : la voix de Milly se fait hypnotique, dérangeante, addictive. Elle est, dans tous les cas, suffisamment singulière pour tenir le lecteur en haleine constamment, et soulever des interrogations aussi terribles que passionnantes. Un enfant peut-il surmonter des événements traumatiques ? Qu’est-ce qui construit vraiment notre identité ? Et à quel moment notre personnalité peut-elle basculer du bien vers le mal ? Un premier roman et un coup de maître qu’on ne peut décemment pas refermer avant le point final.

Ce que j’en pense…

Etre issue de l’utérus d’une tueuse d’enfant, avoir subi des sévices indescriptibles, devoir se cacher, changer d’identité, dénoncer sa propre mère à la police, témoigner face à elle au tribunal, se retrouver dans une famille d’accueil…Il y a incontestablement mieux pour une fille de 16 ans…

La monoamine Oxydase A, enzyme encodée dans le gène MAOA serait désigné comme le gène de la violence. Pourrait-il vraiment y avoir un rapport entre la génétique et l’aptitude à la violence et au côté antisocial ?
Annie devenue Milly pourrait-elle avoir en elle ce qui ferait l’essence même des grands tueurs en série ?
Serait-t-elle capable de vivre ou plutôt de survivre avec ce bagage, ce boulet qu’elle tire péniblement derrière elle ?
De mener une ville normale à l’école, dans une famille ?
Pourrait-t-elle outrepasser cette amour-haine ressentie pour sa génitrice qui sans cesse lui parle dans sa tête ?
Pourrait-t-elle se sentir un jour autrement, que différente ?
Pourquoi subit-elle la haine de Phoebe, la fille du psy qui la recueillie dans leur famille ?
Pourrait-t-elle s’en sortir,  être enfin aimée ?

Et vous ? Qu’auriez-vous fait ?

Happée dès la 1ère page, lu d’une traite, terminé au milieu de la nuit. Ce livre m’a tout simplement percutée, giflée, bouleversée. Il m’a  clairement prise aux tripes et m’a laissé pantelante, abasourdie, comme si j’avais été percuté de plein fouet par un bus à deux étages ! (j’ai pas essayé mais ça doit faire cet effet-là 😁)

Des phrases courtes, un récit à la 1ère personne.
Un regard sur les gens, leur relation, leur vie, leur secret, le regard des autres. Mais aussi un regard sur le harcèlement, la méchanceté gratuite…

De l’émotionnel en vrac, pur, dur, horrible. Percutant. Dérangeant.
Un livre qui n’est que douleur.

Chaque mot, chaque phrase a résonné au plus profond de moi…Chaque mot m’a fait mal, très mal…Chaque mot se marque sur toi comme un tatouage indélébile.
Une interrogation, une ambiguïté. Une confusion. Un véritable questionnement…

Se retrouver, pour une fois, non pas dans la tête d’une tueuse en série (et non pas d’un tueur) mais dans celle de sa fille. Original. Différent !

Un style excellent et j’ai, d’ailleurs, été très surprise de découvrir qu’il s’agissait là d’un premier roman d’une auteur anglaise infirmière en psychiatrie. Juste époustouflant ! Un livre que je ne suis clairement pas prête d’oublier !

Vous l’avez compris, un énorme coup de cœur, un des meilleur livre que j’aie lu et c’est pas peu dire !!!
On court, on rampe, on se précipite…si ce n’est pas déjà fait…
Ne pas lire ce ptit chef d’œuvre serait un crime et je suis prête à vous dénoncer !!!

 

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3 commentaires sur « Le sang du monstre – A. Land – 2016 »

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