La chorale du diable – M. Michaud – 2011

Extrait:

« la mort mérite d’être vécue.
J’ai entendu cette phrase il y a quelques heures et, je vous prie de me croire, c’est le genre d’affirmation qui vous fige les globes dans les orbites et qui s’incruste dans votre cerveau comme de la crasse sous les ongles d’un sans-abri.
L’homme qui a prononcé cette sentence s’est évanoui dans la nature, à l’heure qu’il est, et c’est tant mieux pour lui ! Parce que si je l’avais sous la main je serai capable du pire: d’abord un coup de crosse sur la bouche pour lui éclater les dents; ensuite, le canon de mon Glock lui chatouillant la luette, j’appuierais froidement sur la détente.
En regardant sa cervelle virevolter dans la pièce et son âme noire se glisser par la fenêtre, je lui dirais d’un ton badin:
– La mort mérite d’être vécue.
Fin de la citation. »

4ème de couverture:

Dans ce qui a tout l’air d’être un drame familial, une femme et ses trois enfants sont sauvagement tués à coups de hache. L’auteur présumé du carnage, le mari, s’est suicidé après s’être tranché la langue. Mais est-ce bien ce qui s’est passé?

Deux jours après, une alerte AMBER est déclenchée à l’échelle de la province de Québec: une jeune fille dévoilant ses charmes sur Internet est kidnappée. Par qui? Pourquoi?

Deux énigmes que vont s’attacher à résoudre en parallèle deux policiers au style rentre-dedans: Victor Lessard qui, sans compter les cadavres laissés derrière lui, en voit d’autres surgir de son passé, enlaidis par le temps; et Jacinthe Taillon, son ancienne coéquipière à la Section des crimes majeurs, qui lui voue une haine infernale.

Naviguant à travers le fanatisme religieux et la perversité de démons ordinaires, ils vont s’engager dans une valse à quatre temps diabolique entre Montréal, Sherbrooke, Val-d’Or et… le Vatican.

Jusqu’à découvrir le secret terrifiant de la chorale du diable.

Ce que j’en pense…

La suite de Il ne faut pas parler dans l’ascenseur qu’il est, selon moi, impératif d’avoir lu avant d’attaquer « la chorale du diable » puisque comme souvent dans ce type de série, le suivi des personnages fait partie intégrante de l’histoire.

On en apprend, d’ailleurs, beaucoup plus sur Victor Lessard, son passé, sa vie, ses démons qui le poursuivent depuis son enfance et les terribles événements qu’il a vécu. Son personnage est magnifiquement bien développé. On vit avec lui, on souffre avec lui…

« Il ne faut pas parler dans l’ascenseur » est très bon. Je n’aime pas la notion de comparaison ou la notion de meilleur. Quoi qu’il en soit, « la chorale du diable » est encore un cran au dessus !
Plus cru que le précédent, plus dur aussi. Le style est encore plus fort, plus percutant. Comme si Martin Michaud montait en puissance dans ses récits mais aussi dans un émotionnel. Les mots s’alignent tous plus terribles et perturbants les uns que les autres. Il percutent, bouleversent… On s’arrête, on s’interroge, on reprend son souffle, on poursuit…

L’intrigue est super bien ficelée, le dénouement parfait. J’avoue, au départ, avoir été un peu perturbée par la construction de la dernière partie, comme une « inversion » des chapitres puisque la fin vient bien avant la fin (euhh ça parait pas clair ce que je dis là !!!). Le dénouement est donné mais le pourquoi du comment se fait ensuite…Original, bien torché. Au final, j’ai trouvé ça génial !

Un parcours musical et cinématographique riche et intéressant.

Des récits touchants dans des vies bousculées, basculées. Des vécus dont personne ne voudrait…
Du coup je vous balance plusieurs extraits, simplement parce qu’ils parlent d’eux-même, bien mieux que je ne le ferai et qu’il est inutile d’en rajouter…en espérant que vous serez conquis…comme je l’ai été !!!

Le stupide journal de Félix….Les mots simples, innocents, durs, forts, bouleversants d’un enfant…

« Je te prie de me croire, cher stupide journal, il est devenu raide comme un mort et ses yeux se sont encore transformés en oignons. Il m’a pris dans ses bras et il m’a serré fort, comme pour m’étrangler d’amour. (…)
C’était quand je passais beaucoup de temps dans les parcs avec les vieux messieurs, ceux qui me donnaient des sous pour que je fume leur pipe. Un soir, le patron a trouvé que je ne fumais pas assez fort, alors il s’est fâché et il a frappé le mur de pierre avec ma tête. »
Moi, j’ai pensé que ma date d’expiration était arrivée. Et quand votre date d’expiration arrive, il n’y a rien à faire. Alors j’étais triste pour le mur que j’abîmais avec mon front. »

Les pensées de Laila…

« Un film sordide joue dans ma tête.
La figure en sang de… danse devant mes rétines, un liquide purulent coule de SES orbites évidées, rivière venimeuse que j’aurais envie d’aspirer jusqu’à la lie pour ensuite la lui recracher en jets au visage.
IL m’a scrutée dans tous les recoins de ma chair, s’est répandu dans tous mes orifices. Je me souviens de chaque outrage perpétré par SES doigts effilés.
IL peut m’emprisonner tant qu’IL le voudra, la haine que je LUI porte restera intacte jusqu’à mon dernier souffle. »

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