Les bouches – N. Feuz – 2015

Extrait:

Dimanche 12 juillet 2015

Sous un soleil de plomb se reflétant dans les eaux turquoise du détroit, le corps était bercé au rythme des vagues. La faible houle le rapprochait tantôt des rochers, tantôt l’en éloignait.
couché sur le dos, le mort semblait requérir la clémence des cieux. Ses bras écartés en croix laissaient apparaître des premières rigidités au niveau des articulations, de sorte que les avant-bras et les mains ouvertes émergeaient des flots.
Au premier abord, on aurait pu croire qu’il était vivant.
Dernière manifestation de l’âme ?
Enraidissement progressif de la musculature, dû à la transformation biochimiques irréversibles au cours de la phase post mortem précoce ?
Religion et science peinent à se rejoindre sur certains sujets.
Seule la souffrance était avérée.

Lundi 13 septembre 1943

Le soleil levant frappa de ses premiers rayons les murs de béton de la casemate de Spinella Ouest, lorsqu’une gerbe de feu jaillit de son embrasure horizontale. La rafale siffla aux oreilles du petit groupe de résistants et faucha des rochers en contrebas. Des éclats de pierre et de la poussière volèrent dans les airs. Le vacarme de cette salve résonna à des kilomètres alentour.
– Putain de boches ! s’exclama Antoine Spano. C’est pas passé loin.

4ème de couverture:

Les Bouches de Bonifacio. Corse-du-Sud. Détroit maritime international séparant l’Île de Beauté de la Sardaigne.

Septembre 1943. Hitler projette d’y faire remonter ses troupes en direction de Bastia, suite à la capitulation de l’Italie. Pour contrecarrer les plans du Führer, un petit groupe de résistants oeuvre dans l’ombre de l’Opération Vésuve lancée par de Gaulle, visant la libération de l’île.

Juillet 2015. Un cadavre est retrouvé, flottant au pied des falaises de calcaire blanc. A la place de ses yeux, les gendarmes découvrent d’étranges débris de coquillages. Bientôt, d’autres morts similaires surviennent, contraignant l’adjudant-chef Eric Beaussant, fraîchement revenu sur l’île de son enfance, à affronter les fantômes du passé.

Ce qu’Isabelle en pense…

Dernier livre fini en 2016 , Les Bouches de Nicolas Feuz. Roman court, qui pourrait être apparenté à une nouvelle et se lire d’une traite. Nicolas nous embarque pour la Corse pour une intrigue rondement menée qui vous balade avec des allers retours entre le passé et le présent , entre 1943 durant l’occupation allemande avec quatre hommes, quatre maquisards corses et 2015 avec l’adjudant chef Éric Beaussant au passé douloureux de retour sur l’île et confronté à une enquête difficile. De rebondissements en rebondissements les faits se recoupent. Tenu en haleine sur deux fronts, le lecteur voyage entre le présent et les secrets du passé jusqu’au dénouement finement amené et tout à fait surprenant. Roman certes moins abouti niveau style que Horrora Borealis ( un de mes coups de cœur 2016 ) Nicolas percute malgré tout par son intrigue et des faits bien documentés niveau historique. Roman noir captivant, surprise et un tantinet bluffée j’ai passé un bon moment.

Un avis identique d’Isabelle et moi sur ce livre que j’avais chroniqué il y a quelques mois: Les bouches

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