Le cube – C. Magarotto – 2016

Extrait:

« Je le sens trop près de moi. Je saisis le carnet, le stylo. Je griffonne des yeux par dizaines. Ils me jugent, ils me jaugent. Il retire sa main de mon sexe quand je tremble. Une feuille si fragile se déchire dans l’indifférence des jours trop courts. Ma peur, il l’appelle désir et je le crois. Il est bien plus grand, bien plus fort, bien plus sage que moi. Le cinquième homme m’arrache des mains le calepin. L’hymen se déchire une énième fois. Je me suis défendue. Mais trop tard. Il a secoué le pantin dans une chiotte de train. Mon crâne cognait contre la porte, mon cul contre l’inconnu. J’ai perdu la mémoire. Mon cerveau s’est éteint. La fille de tout ce noir cependant se souvient du choc sans égard et de la démence de ses reins.
Elle hurle, mais comme dans un rêve reste muette. Il rebondit avec la force de trois hommes, l’autre se réveille enfin. Elle le repousse. Plus surpris, que libérateur, il la finirait bien. La vermine gicle cependant entre ses cuisses, glisse sur le carnet où l’analyse sordide de celle qui n’a pas enduré se répand: un faut divers.
A quai, il l’a posée sur un banc. Elle s’est relevée, elle a marché jusqu’au grand cube noir. Soudain, l’une et l’autre s’y confondent, comme la nuit, le jour, et les saisons. Une feuille tombe, une autre repousse. »

4ème de couverture:

Une femme. Sans passé, ni futur. L’explosion. La bombe. Un trou béant. Le sang. Les morts. Les corps. Les chiens. Les services spéciaux. Sa capture. Puis la question, la torture, l’inquisition, l’humiliation, la sentence. Des hommes sans visage qui l’enferment dans un cube, prison implacable tout droit sortie des enfers. Elle encaisse les coups, tombe, sombre. On la réanime pour mieux la brutaliser encore. Elle se relève, droite et digne. Elle assume l’attentat, l’arbitraire, le sang des autres comme le sien. Elle a voulu changer l’histoire. Elle en connaît le prix. Le cube sera sa tombe, le monde son ennemi. Voyage dans la tête d’une femme acculée au terrorisme.

Ce que j’en pense…

Un livre qui je dois l’avouer, n’est pas facile à lire….du tout… L’histoire semble décousue, ce qui rend sa lecture complexe, très complexe…. On alterne interrogatoires et tranches de vie de cette femme, enfermée dans ce cube. On découvre au fil des pages son chemin, son parcours jusqu’au terrorisme.

Cette femme nous raconte, froidement, crûment, ce qu’elle subit, ce qu’elle a subit.

Il s’agit là, pour moi, plus d’un exercice de style que d’un roman à proprement dit. La force de cet ouvrage réside dans les mots. Leur violence, leur force, leur cruauté… mais aussi leur beauté car il faut le dire, le crier haut et fort, Christelle les manie à la perfection. Chaque mot est à sa place, chaque phrase.
Tels des notes de musique, les mots se mettent en place pour former une mélodie. Il en ressort d’ailleurs une forme de poésie.

C’est dur, c’est cru, c’est violent mais c’est beau 🙂

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