Interview Nicolas Feuz – Novembre 2016

Si tu devais te décrire en 5 mots…

Epoux, père, procureur, écrivain, basketteur.

Comment en es-tu arrivé à l’écriture ?

Un peu par hasard… Après avoir lu « Le vol des cigognes » de Jean-Christophe Grangé, je me suis retrouvé à court de lecture lors d’un voyage au Kenya. Du coup, j’ai volé un bloc-notes et un stylo dans la chambre de l’hôtel…

Etant donné ton métier de procureur, était-ce une évidence pour toi d’écrire des polars ou as-tu toujours eu une affection particulière pour ce genre littéraire ?

Je me demande en fait si ce n’est pas mon amour du polar (romans et films) qui m’a poussé à devenir procureur…

T’es-tu déjà inspiré d’affaires traitées, que tu as adaptées, dans tes livres ?

Très partiellement, car je demeure tenu par le secret de fonction et le secret de l’instruction, même après le jugement d’une affaire. Je peux éventuellement utiliser la partie publique (médiatique) d’une affaire, mais je suis plus à l’aise de le faire avec l’affaire d’un collègue, si possible étranger à mon canton. Il ne faut jamais oublier que derrière chaque affaire, il y a des victimes et des familles de victimes. Et puis, il y a les apparences : même si je n’ai pas eu accès à un dossier judiciaire et que je n’ai écrit que sur la base d’articles de presse, on risque de ne pas me croire en raison de ma position privilégiée !

As-tu des habitudes précises, des trucs du genre TOC que tu réalises systématiquement lorsque tu commences à écrire ou au moment où tu tapes le mot FIN ?

Pas spécialement… De toute façon, mes lectrices et mes lecteurs considèrent déjà que je suis complètement « toqué » avec mes scénarios…

Est-ce qu’au moment de commencer à écrire, tu as déjà ta fin à faire tomber les chaussettes en tête ou ton histoire prend forme au fil des pages ?

La fin m’est connue dès le début. Elle est même souvent l’idée première de mon scénario. Je sais où je vais, mais pas forcément par quel chemin. Il arrive à mon GPS de recalculer l’itinéraire en cours d’écriture…

Tu n’es pas encore édité dans d’autres pays francophones. As-tu des projets dans ce sens ? Est-ce difficile de s’y faire une place en tant qu’auteur suisse ?

Oui, c’est difficile de se faire connaître dans le reste de la Francophonie lorsqu’on est un « P’tit Suisse ». Même avec un éditeur suisse. Dès lors, je ne peux que me montrer très reconnaissant envers un Monstre parisien de l’édition, qui m’a récemment contacté en vue de l’écriture d’un nouveau polar (projet en cours).

Quel est ton livre culte ou ton auteur culte ?

« Le vol des cigognes » de Jean-Christophe Grangé restera à jamais ma référence, puisque ce livre et cet auteur sont à la source de cette belle aventure.

Un film qui t’a marqué ces dernières années ?

Incontestablement « Usual suspects » de Bryan Singer !

Un tableau d’artiste chez toi ? Même si ce n’est, bien sûr qu’une copie. Ou si tu pouvais posséder un original, lequel serait-ce ?

Un triptyque original de Jean-Luc Corpataux, qui est un ancien coéquipier de basket, mais avant tout un artiste suisse hors pair. J’ai aussi flashé sur un tableau de Sacha Després, mais hélas, il ne plaît pas à mon épouse…

Quel est le plat qui te fait triper total ?

Les tripes ? Non, plus sérieusement, les sushis & sashimis. Et les huîtres en entrée.

Quel type(s) de musique écoutes-tu ?

Un peu de tout. Selon mes humeurs, je peux facilement errer entre Mozart et Ramstein, en passant par Mylène Farmer, Charles Aznavour, David Guetta et des rappeurs suisses comme Michigang ou Murmures Barbares.

D’ailleurs, écris-tu dans un silence total ?  En musique ?  Ou ?

J’écris toujours avec des BO de films dans les oreilles (sans paroles, sinon ça me déconcentre). Parmi mes compositeurs favoris, Hans Zimmer et Trevor Jones sortent clairement du lot. Je sais que Maxime Chattam écrit de la même manière, mais je ne l’ai pas copié. Je ne l’ai appris qu’après mon quatrième polar…

Si tu pouvais voyager dans le temps, dans quel époque irais-tu ?

A priori, le futur m’intéresserait plus que le passé. Un futur proche, genre 2050, par simple curiosité de voir les développements rapides de la science et des technologies. Les époques intéressantes du passé, selon mes critères, sont hélas remplies de violence (la Grèce antique, l’Empire romain ou, plus récemment, la Seconde Guerre Mondiale).

Horrora borealis vient de sortir: Qu’est-ce que tu ressens au moment où ton bébé quitte le nid ? Ce moment ou ton livre passe de tes mains aux mains des lecteurs ?

Un mélange d’appréhension ( va-t-il plaire ? ) et d’excitation ( il va plaire ! ).

Tu t’approches plus du thriller avec Horrora Borealis. Est-ce une volonté ou un pur hasard ? Vas-tu nous en donner encore de ce genre ?

C’était un forme de hasard. Je voulais surtout aborder les thèmes de la négociation et du groupe d’intervention dans le cadre d’une prise d’otages.

J’écris au gré de mes envies, que ce soit plutôt du polar ou plutôt du thriller. L’avenir nous dira ce que seront les prochains. Quoique le prochain s’annonce comme une suite directe d’Emorata, donc plutôt enquête (mais sombre évidemment)

Tu décris dans « Horrora Borealis » la Laponie avec tant de détails qu’on croirait y être. Est-ce une région que tu as visitée ?

Oui je suis allé à Kittilä et Akäslompolo, pour des belles vacances… 🙂

– Tu vas très loin dans la manipulation ? N’as-tu pas pitié de nous, pauvres lecteurs ?

– En aucun cas ! Plus le lecteur prend de baffes, plus je prends mon pied !

Un grand merci à Nicolas pour s’être prêté au jeu et avoir répondu à cet interview 🙂 🙂 🙂

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2 commentaires sur « Interview Nicolas Feuz – Novembre 2016 »

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