Cabossé – B. Philippon – 2016

Extrait:

Guillemette pose ses doigts délicats sur l’avant- bras gonflé de Roy. Au ralenti, Roy lui lance un regard qui dit : « T’en fais pas, on va pas continuer à semer des têtes éclatées derrière nous. » Puis il se retourne ver la daronne et lui sort un de ses plus beaux sourires, avec des yeux qui disent cette fois : « Je suis à deux doigts de t’ouvrir le crâne pour bouffer le peu de cervelle qui y dort mollement, alors ferme le cendrier qui te sert de gueule et passe les clefs. » Il prend ensuite le relais plus courtoisement :

Parce que la petite, là, à ma droite, dans quelques minutes, je vais la hisser dans mes bras, je vais plonger mon nez dans la fraîcheur de ses seins et je vais m’y ressourcer jusqu’à plus soif. Et ce bonheur en perspective, il me fait sourire !

4ème de couverture:

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de «tomate écrasée»… Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…
Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

Ce qu’Isabelle en pense…

Très belle parenthèse de vie que ce Cabossé de Benoît Philippon mais partiellement conquise.. Incursion dans la vie de Roy à la gueule mais aussi à l’âme déformées …

Un colosse au visage informe malmené par la vie qui suite à une rencontre fortuite et heureuse pourra offrir à autrui le meilleur de soi-même, pourra offrir sa sensibilité pourtant malmenée, pourra vivre sa colère tapie au fond de lui suite aux désillusions de sa vie pour la bonne cause, pourra malgré cette vie perpétuellement « cabossée  » toucher au bonheur…

Une version de la Belle et la Bête ou de Bonnie and Clyde que nous signe ici Benoît Philippon avec une plume acérée et aboutie, avec un humour noir certes constant mais avec une très grande sensibilité. Parfaitement dosé. Bravo.
J’ai cependant trouvé passé la moitié du livre des longueurs et des répétitions, des descriptions parfois trop longues. L’auteur, tout en prenant plaisir à jouer avec les mots, tire à chaque chapitre sur notre corde sensible. Le tout au dépens d’une intrigue qui sera réduite pour finir à peu de choses …

Dommage, pour ma part ce sera donc quelques moments d’ennui. Ça n’a donc rien d’un polar mais plutôt une hymne magnifique à l’amour dans un monde gorgé d’horreurs.

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