Horrora Borealis – N. Feuz – 2016

Extrait:

« La nuit sentait la mort, de cette odeur âcre du sang frais au début de sa macération, dans la chaleur persistante d’une splendide journée du mois de juin.
Quelle heure pouvait-il être ?
Vingt-trois heures ?
Minuit ?
Quelle importance ?
Il fallait bien mourir un jour:
Qu’il fût aujourd’hui ou demain, importait peu dans l’esprit torturé de Walker. Bientôt, son sang rejoindrait celui des autres. De tous les autres autour de lui. De ces victimes innocentes qui s’étaient retrouvées, comme lui, au mauvais endroit, au mauvais moment. Toute l’histoire de sa vie.
Son sang se mélangerait au leur et apporterait un peu de fraîcheur, avant de coaguler en une épaisse couche pourpre, légèrement brunâtre. Il formerait des plis obscènes, comme les bourrelets d’un obèse, comme les coulées de lave se superposant les unes aux autres en refroidissant.
Lentement. Très lentement.
Aurait-il la même couleur ?
Probablement.
Et l’odeur…
Aucune odeur n’était si tenace que celle du sang frais, exposé à la chaleur d’une douce soirée d’été. Elle n’était pas désagréable en soi – elle était légèrement ferreuse – mais elle se faufilait partout et s’agrippait à tout. Aux vêtements. Aux cheveux. Aux poils du nez et aux cloisons nasales. A la peau, comme les sangsues. Il était impossible de l’ignorer et difficile à s’en défaire. »

4ème de couverture:

Tout ce sang qui coule aux pieds de Walker…
La question n’est pas de savoir qui est ce cadavre avec une balle dans la tête. Non…La bonne question est: Qu’est ce qui s’est passé en Laponie ?
Les souvenirs sont flous, mais ce qui est sûr, c’est que de longue date, Walker ne croit plus au père Noël. Et vous ? Vous y croyez encore ?

Ce que j’en pense….

Je pourrai partir dans tous les superlatifs, trouver des mots pas possible mais je vais rester simple… les trucs qui sortent droit direct:

Putain la claque ! Purée le bouquin ! La vache le truc !

Deux histoires en parallèle qu’on sait dès le début être directement liées.
C’est en Laponie que tout a débuté et c’est à Neuchâtel que tout semble finir. Walker a perdu la mémoire, son esprit est défaillant et pourtant, ce qui s’est passé en Laponie est clairement la clé de tout. La clé de la présence d’Eric Koskingen et de l’inspecteur Sjöberg en Suisse et de cette prise d’otages à Festi’neuch.
Pourquoi sont-ils là ?
Que s’est-il passé en Laponie ?
Quelles horreurs ?
Des vacances qui devaient juste être de magnifiques vacances en famille, qui tournent au cauchemar.

Une entrée en matière fracassante. Le suspens nous happe dès la première page et ne nous lâche plus jusqu’à la dernière.
Un voyage magnifique au cœur de cette Laponie troublante, fascinante qui se prête à la perfection à l’atmosphère d’un thriller. Une Laponie si merveilleusement décrite que l’on en ressent les odeurs et surtout la …fraîcheur 😰
Pas une minute de répit, un rythme si effréné qu’on en perd le souffle !

Nicolas Feuz a l’art de nous mener en bateau. J’étais déjà fan mais là…c’est de la manipulation à l’état pur. Il nous malmène, nous fait croire que « Ouais facile, c’est ça, c’est lui » et paf la claque…ben non… et bing un crochet du droite !

Nicolas nous montre là tout son talent. Il ose plus sanglant, plus gore. Il s’éloigne du polar pour s’approcher du thriller et c’est jubilatoire ! Pas vraiment d’enquête de police en tant que tel. Un commissaire proche de la retraite, Marc Boileau (qui soit dit en passant a de drôles de fréquentations  👻 ) joue le rôle du négociateur. Une vague trame policière mais qui n’est de loin pas omniprésente. La résolution de l’intrigue découle des faits et est rondement bien menée de bout en bout.

Un livre qui en dehors de son côté terrifiant s’avère aussi touchant, bouleversant. La triste et dure histoire d’une famille. L’horreur, l’amour, la haine, la mort, la tristesse…

Vous n’aurez peut-être pas la chance de le lire, comme moi, sur une plage au soleil pour vous réchauffer dans cette immensité glacée. Prévoyez donc des couvertures, fermez les fenêtres, faites un feu et installez-vous confortablement. Vous ne pourrez plus le lâcher… autant dire qu’il vous faudra aussi des vivres !

Mais attention, soyez prévenus, il est possible que vous ressortiez de cette lecture avec les yeux au beurre noire, la joue rouge et l’arcade pétée… Si ce ring ne vous fait pas peur, c’est bon, foncez !!!

Une fin à faire tomber les chaussettes, comme d’habitude, puisque c’est sa spécialité, mais cette fois-ci, même agrafées, elles ne tiendront pas !

Pour ma part, je crois au père Noël, mais je crois encore plus en Nicolas Feuz 🙂

Ps: Et en plus, il termine sur une allusion à une de mes chansons préférées de Rammstein, que demander de mieux ?

 

Livre sélectionné pour le prix du Polar Romand 2017

 

 

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3 commentaires sur « Horrora Borealis – N. Feuz – 2016 »

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