Interview Marc Voltenauer – Septembre 2016

• Si tu devais te décrire en 5 mots…

Passionné. Aventureux. Bienveillant. Optimiste. Déterminé.

• Comment en es-tu arrivé à l’écriture ?

C’est au retour d’un voyage autour du monde que tout s’est déclenché. J’ai toujours beaucoup lu de romans policier et juste avant Noël, en 2012, je me suis réveillé au milieu de la nuit. Je suis allé me faire un café et j’ai commencé à mettre sur papier les grandes lignes de l’intrigue du Dragon du Muveran. Et l’aventure de l’écriture a commencé…

Et comment a germé en toi l’idée du « Dragon du Muveran » ?

Je suis un accro aux polars du nord et en particulier aux auteurs suédois. Ce que j’aime dans un polar, c’est l’intrigue bien entendu, mais c’est aussi l’ambiance et le cadre dans lequel le récit s’incarne.

La petite ville d’Ystad au bord de la mer baltique avec son passé hanséatique, ses maisons à colombages et ses paysages vallonnés (Henning Mankell). Le village de pêcheurs de Fjällbacka et son archipel composé de nombreuses petites îles (Camilla Läckberg). Gotland, la perle de la Baltique, avec ses plages de sable ou de galets, avec ses « raukars » — sculptures calcaires – formées par la mer et les vents (Mari Jungstedt). À Kiruna où le soleil brille toute la nuit durant la période estivale et les tempêtes de neige qui font rage l’hiver (Åsa Larrson). Le roman policier, souvent associé au monde urbain, s’exporte à la campagne. Les coups de feu deviennent rares. Parfois même les inspecteurs ne portent pas d’arme. L’action effrénée des policiers américains laisse la place à une certaine lenteur. Une apparente absence de rythme, qui laisse au lecteur le temps de s’imaginer le décor, d’apprendre à connaître les personnages. Mais c’est bien une apparence, car les intrigues nous entrainent dans un suspense psychologique intense renforcé par l’ambiance du décor.

Après notre retour du voyage autour du monde, mon ami et moi sommes restés quelques mois à Gryon. L’idée s’est tout naturellement imposée à moi. Gryon était le parfait décor d’un polar : l’atmosphère singulière d’un petit village.

Gryon, un petit village de montagne sans histoires avec un peu plus de mille habitants. Une ambiance de huis clos où l’inspecteur a tout le monde sous la main. Ou presque… Le village est isolé, mais pas non plus hermétique. Ce qui laisse le jeu ouvert et offre des possibilités d’amener des éléments extérieurs.

Gryon est un lieu où se raconte de nombreuses histoires et où de vieilles légendes font partie du conscient collectif. Et une de ces légendes s’appelle « Le Dragon du Muveran ».

• Étant donné que tu as fait des études de théologie, était-ce une évidence d’écrire un thriller avec un aspect religieux ? Le résultat est saisissant, mais pas facile de mélanger les deux, non ?

C’était une évidence pour le premier tome des aventures d’Andreas Auer et j’ai construit l’intrigue autour d’un meurtrier qui se sent être l’instrument de la vengeance de Dieu. C’est ainsi qu’il tente de justifier ses actes. La dimension spirituelle et humaine est présente chez chacun des personnages clés. Cela m’a permis d’évoquer des thématiques tels la vengeance, la culpabilité ou le pardon. Au-delà des faits, j’aime explorer la dimension psychologique des personnages et l’ancrage théologique me donne cette possibilité. L’aspect théologique sera toujours présent dans le 2e tome, mais pas au cœur de l’intrigue comme dans le Dragon.

• As-tu des habitudes précises, des trucs du genre TOC que tu réalises systématiquement lorsque tu commences à écrire ou au moment où tu tapes le mot FIN ?

La seule habitude qui me vienne à l’esprit, c’est qu’avant d’écrire je me fais un café. Surtout que j’écris souvent le matin en me levant.

• Est-ce qu’au moment de commencer à écrire, tu as déjà la fin en tête ou ton histoire prend forme au fil des pages ?

Avant de commencer à écrire, je mets par écrit les grandes lignes de l’intrigue. Un squelette qui au fur et à mesure de l’écriture prend forme. L’écriture amène aussi des chemins imprévus. C’est la beauté de l’écriture.

Andreas, ton personnage principal, te ressemble pas mal, me semble-t-il. Est-ce que tu t’identifies au travers de ce personnage ?

Andreas est un personnage à part entière. Toute ressemblance… (rire). Il y a bien sûr des ressemblances. Je dirais même qu’il y a un peu de moi dans chaque personnage. Au final, je m’en amuse plutôt. Même des amis proches se trompent en estimant que tel ou tel point, c’est moi.

• « Le dragon du Muveran » est édité en France, en Belgique et au Canada le 25 août 2016. Quel effet ça te fait de voir ton bébé passer en international ?

Après la première édition de 900 exemplaires en octobre 2015, le Dragon du Muveran a connu une aventure incroyable. Je suis très touché des feed-back des lecteurs et qu’il puisse franchir les frontières est un cadeau fantastique. Je me réjouis de ce qui reste à venir.

• Est-ce difficile de se faire une place dans le monde francophone en tant qu’auteur suisse ?

Il y a de nombreux auteurs et de nombreux livres publiés chaque année. Ce n’est donc pas évident. En France, à la rentrée d’août, le Dragon paraît en même temps que 600 autres ouvrages… J’ai eu la chance en Suisse que le Dragon reste pendant de nombreuses semaines dans les meilleures ventes et c’est ainsi qu’un éditeur français s’est montré intéressé à la rééditer plus largement.

• Quel est ton livre culte ou ton auteur culte ?

Mon livre culte : la Bible. Et mon auteur culte : Henning Mankell avec sa série autour de l’inspecteur Kurt Wallander.

• Un film qui t’a marqué ces dernières années ?

Le festin de Babette, un film danois de Gabriel Axel qui est une magnifique parabole invitant à célébrer et savourer la vie. Le film se termine par cette phrase : « j’ai compris ce soir que tout était possible ».

• Un tableau d’artiste chez toi ? Même si ce n’est, bien sûr qu’une copie. Ou si tu pouvais posséder un original, lequel serait-ce ?

J’aimerais bien avoir le tableau de Ferdinand Hodler qui représente le Grand Muveran…(rire).

• Quel est le plat qui te fait triper total ?

Le Tartare de bœuf coupé au couteau et bien épicé ou la Fondue au fromage.

• Quel type(s) de musique écoutes-tu ?

Je suis très éclectique au niveau musique : classique, rock, années 80, suédoise, française, blues.. Mon dernier coup de cœur est l’album « Mechanical » de Speedrax. Une pure merveille !

D’ailleurs, écris-tu dans un silence total ? En musique ? Ou ?

Ça dépend de mon humeur. Parfois en musique si je suis chez moi. Et alors je choisis la musique en fonction de ce que j’écris. Mais j’aime aussi écrire dehors à Gryon et juste profiter du paysage.

• Si tu pouvais voyager dans le temps, dans quelle époque irais-tu ?

Le Moyen Âge. J’aimerais me retrouver dans l’ambiance du monastère de Umberto Eco dans « Le Nom de la Rose ».

• Et la question la plus importante… À quand le deuxième volet ?

Le deuxième volet est presque terminé, mais il reste plusieurs mois de relecture et de corrections avant qu’il soit prêt à la publication.

Merci à Marc pour s’être prêté au jeu aussi sincèrement et avoir accepté de répondre à ces questions 😍😍😍

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