Une forêt obscure – F. M. Mitchelli -2016

Extrait:

« Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fils des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur. Sa peau reflétait l’horreur qui se déroulait sous ses yeux. La trépidation dense des jeux de lumière se répercutait de l’écran sur son corps, comme une projection diaphane et fantomatique depuis la vidéo que diffusait la bande passante. Les traits de son visage absorbaient les images de sa propre barbarie, son esprit quantifiait les time codes les plus cruels du film dont il était l’auteur. Les séquences de torture lui procuraient la sensation de dominer l’ensemble de l’espèce vivante à la surface du globe. Il était un prédateur cosmopolite au sommet de la chaîne alimentaire, un fauve urbain qui cherchait constamment à rassasier sa faim de gloire, étancher sa soif de célébrité dans un monde édifié par les diktats, un monde qui avait décidé de l’ignorer, de faire de lui un individu quelconque, insipide et sans intérêt. Une pièce parmi les pièces du grand système de l’humanité, un rouage de plus limité à sa propre circonvolution. »

4ème de couverture:

« Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu. En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face. Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là où le mensonge corrode tout, là où les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.

Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.

Ce que j’en pense…

Si tu crains la peur, si toucher du doigt l’horreur te soulève l’estomac, passe ton chemin !

Si tu ne crains rien…même le pire, si tu ne fais jamais de cauchemar après avoir lu un livre…même le plus terrifiant, si tu as assez de linge chez toi pour éponger tes sueurs froides, si l’Alaska dans toute sa splendeur, terre sauvage et inquiétante te fascine, tu peux continuer à lire cette chronique et ensuite te jeter sur ce chef d’œuvre !

La réalité qui se mêle à la fiction ou la fiction à la réalité. Comme ces films ou l’on incluait des personnages de dessins animés. Ça avait quelque chose de nouveau, quelque chose de fascinant bien que là, on soit clairement dans un autre registre. Pas de personnages de dessins animés, pas de Roger Rabbit mais en lieu et place, Luka Rocco Magnotta dit « le dépeceur de Montréal » qui garde son propre rôle et obtient là ce qu’il a toujours désespérément voulu…être sous les projecteurs. Ainsi que Robert Christian Hansen qui devient Daniel Singleton, tueur en série incarcéré en Alaska.

J’avais déjà adoré La compassion du diable mais là… Alors là…Que dire ? Que je suis totalement bluffée ? Que même si sa plume m’avait déjà envoutée, les mots semblent cette fois-ci assemblés comme des notes de musique pour former une mélodie qui te ferait presque oublier l’horreur de ces mots ?

Tout est vrai, tout est juste. Tout est maîtrisé avec une précision très suisse (ben oui fallait bien que je la place celle-là 😜) Chaque détail est savamment calculé, documenté et c’est sans doute ce qui rend ce livre encore plus terrifiant. Un travail monumental de recherche, chapeau bas Fabio !!!

On plonge aussi dans la terrible histoire du naufrage de l’Exxon Valdez en 1989 dont tout le monde connait les conséquences désastreuses.

Les personnages sont géniaux tant le lieutenant Carrie Gallan que l’enquêtrice Louise Beaulieu. Cette touche québécoise avec son accent, que j’adooooore, agisse comme une bouffé d’air frais et c’est jubilatoire 😍

Les tueurs ? On est dans leur tête, on vit en eux et c’est glaçant….

On connait tout de suite les coupables, mais aucune importance. Il se lit d’une traite, d’un seul souffle. Pas de temps mort, aucune longueur, pas le temps de respirer mais prévoyez du temps pour récupérer, reprendre son souffle et digérer.

Je me suis délectée des scènes « d’échange de bon procédé » entre Louise et Singleton. Les amateurs reconnaîtront. Il fallait oser, il l’a fait et très bien fait…c’est jouissif ! Pas de plagia il avoue tout !

Rien à ajouter si ce n’est qu’en résumé, ce fût littéralement un orgasme littéraire ❤️

Pour moi, il faisait déjà partie des grands mais si quelqu’un en doute encore…il sera lynché !!!

Bref, vous avez capté ? Vous avez pigé ? Ou il faut que j’en rajoute une couche ?

P-S: Qu’est-ce que je serai curieuse de découvrir le bar de Montréal, les foufounes électriques… ben oui j’ai contrôlé et bien sûr il existe !

Robert Hansen est mort

 

 

 

 

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