Interview Marie-Christine Horn / Juin 2016

Marie-Christine Horn m’a fait le plaisir de répondre à quelques questions que je vous propose de découvrir ici. Je la remercie pour sa sincérité et pour son temps 🙂

  • Si tu devais te décrire en 5 mots…

Bosseuse, impatiente, volontaire, franche et loyale.

  • Comment a germé en toi l’idée de « tout ce qui est rouge » ? le rapport entre l’art brut, la psychiatrie et le meurtre ?

C’est une graine qui s’est plantée il y a plusieurs années dans ma tête. J’avais alors à peine 18 ans, et je visitais pour la première fois une exposition d’œuvres d’art brut, en compagnie de mon mec de l’époque qui était infirmier en psychiatrie. J’étais fascinée par les productions présentées, par cet art dénué de normes et libéré de tous les carcans. Le rapport entre la psychiatrie et l’art brut était assez évident. Mon goût profond pour le noir a fait le reste.

  • « Tout ce qui est rouge est édité en France le 2 juin 2016. Quel effet ça te fait de voir ton bébé passer en international ?

En réalité c’est un juste retour aux sources, puisque « Tout ce qui est rouge » est le second tome des aventures de l’inspecteur Rouzier. Le premier, « La Piqûre », avait été publié par une maison d’éditions française et avait eu un très joli succès (il n’est actuellement plus disponible à la vente, mais nous travaillons sur une sortie en poche.) Or donc, je me réjouis que Rouzier retrouve ses premiers lecteurs tout en espérant que les changements de nom de plume et d’éditions ne péjorent pas ces retrouvailles. Ensuite, c’est un peu à double tranchant : comme chacun, j’imagine que j’attends beaucoup de cette sortie française, parce que je trouve que « Tout ce qui est rouge » n’a pas bénéficié suffisamment du soutien qu’il méritait de la part des médias locaux, en grande partie en raison de son volume et aussi sans aucun doute parce que je suis une femme. Parce qu’il me semble que c’est moins un problème en France d’être femme et auteur de polars, j’espère dès lors que sa taille n’effrayera pas les médias français, mais j’ai le sentiment que ce détail de « poids » n’est pas un problème pour les vrais passionnés de polars qui de plus n’ont pas cette gêne à partager leurs impressions de lectures. C’est en ceci que je me réjouis le plus.

  • Est-ce difficile de se faire une place dans le monde francophone en tant qu’auteur suisse ?

C’est difficile d’intéresser les médias, mais indépendamment qu’on soit suisse ou français, parce que les rubriques culturelles deviennent de plus en plus rares et qu’il y a beaucoup d’ouvrages. Il est impossible de parler de chacun, un choix doit être fait qui souvent intervient sur la renommée existante d’un auteur ou de sa maison d’éditions. En cela, c’est un vrai challenge de s’y faire une place, surtout si l’on n’est pas sur place pour « réseauter ». D’un point du vue du public, ou même des autres auteurs, la nationalité n’est pas un problème, loin de là ! Je viens régulièrement en France, et j’y ai toujours été bien accueillie. Je revois toujours avec plaisir des lecteurs de mes débuts avec qui j’ai créé des liens privilégiés, qui me soutiennent et me suivent. Notamment beaucoup de blogueurs, qui sont devenus des amis.

  • Quel(s) livre(s) sur ta table de nuit en ce moment ?

Mon Dieu, j’en ai tout un tas ! L’Ombre du Métis de Sébastien Meier, Le Baron de Daniel Abimi, Ce que révèle la nuit de Sylvie Blondel, Tout ce qu’il reste de moi de Monique Proulx, Ciao Connard de Florian Eglin, Les Bouches de Nicolas Feuz sont ceux que j’ai prévus de lire ces prochains jours, mais je me dis que trois jours à Marrakech, ça va faire un peu court quand même… Ou mon homme va faire méchamment la tronche…

  • Quel est ton livre culte ou ton auteur culte ?

J’en ai plusieurs également. Par définition et parce que je possède les œuvres complètes, je dirais que Stephen King est sans doute l’auteur que je lis depuis toujours et dont j’achète les livres sans même lire la 4ème. Pareil pour Minette Walters et Fred Vargas. Mais mon livre culte reste sans aucun doute les Fleurs du mal de Baudelaire, et L’étranger de Camus. J’ajoute J’irai cracher sur vos tombes de Vian, et Orgueil et Préjugés, et Les hauts de Hurlevent et je vais m’arrêter là sinon on y est encore dans trois jours.

  • Un film qui t’a marqué ces dernières années ?

Mommy, de Xavier Dolan. A voir absolument. Je l’ai vu à plusieurs reprises et je suis bouleversée à chaque fois.

  • Une série TV de prédilection ?

The Walking Dead !!!

  • Un tableau d’artiste chez toi ? Même si ce n’est, bien sûr qu’une copie. Ou si tu pouvais posséder un original, lequel serait-ce ?

J’ai la très grande fierté de posséder un original de Marie-José Imsand ! J’en rêvais depuis des années. Tous les matins et tous les soirs je prends quelques secondes pour l’admirer, et j’en éprouve une joie incommensurable. C’est incroyable l’effet que cette œuvre a sur moi.

  • Quel est le plat qui te fait triper total ?

Les fruits de mer, tu sais, la grande pyramide de fruits de mer sur glace. Le plat que tu ne partages qu’avec quelqu’un que tu aimes tellement que tu peux manger avec les doigts et sentir la crevette sans aucune appréhension.

  • Quel type(s) de musique écoutes-tu ?

Un peu de tout, ça dépend l’état d’humeur.

  • D’ailleurs, écris-tu dans un silence total ? En musique ? Ou ?

Silence total. Même les ronronnements de mes chats m’énervent, et pourtant Dieu que je les adore. J’écris chez moi, quand la maison est vide où que tout le monde dort.

  • As-tu des habitudes précises, des trucs du genre TOC que tu réalises systématiquement lorsque tu commences à écrire ou au moment où tu tapes le mot FIN ?

A part remplir des cendriers à n’en plus finir, j’aime bien me servir un grand verre de Bordeaux quand j’écris. Je ne me souviens pas d’un TOC au moment où je termine un manuscrit cependant. C’est peut-être à cause du vin rouge 😀 !

  • Comment décrirais-tu ton livre en quelques mots ?

Comment veux-tu que je te décrive en quelques mots une histoire que j’ai été incapable de raconter en moins de 400 pages 😀 😀 😀 ! Tu sais, pour un auteur, c’est toujours difficile de résumer son livre, parce que tout semble important, on a tellement travaillé sur chaque détail. Je dirais simplement que c’est un polar que j’ai aimé écrire et qui m’a permis de parler de sujets qui me fascinent, tels que l’art brut, la psychiatrie, les univers carcéraux et les amours contrariées. Tout ça avec mon inspecteur Charles Rouzier en personnage récurrent et auquel je me suis attachée comme à un ami de longue date et que je suis impatiente de retrouver dans le troisième opus qui se prépare gentiment !

Découvrez « Tout ce qui est rouge » au travers de ma chronique: Tout ce qui est rouge

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2 commentaires sur « Interview Marie-Christine Horn / Juin 2016 »

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